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KISS - Kiss Meets The Phantom Of The Park (1978)
Par TOMTOM le 30 Juin 2014          Consultée 2824 fois

Quiconque aime se poser des questions sur le rock'n'roll sait qu’il existe dans l’histoire de toutes les grandes formations un moment clé : la rencontre du succès. Et la question, fondamentale, qui va avec : comment un groupe gère-t-il ce succès, et à tout ce qui va avec (célébrité, sexe, fric, drogue et alcool) ?

A partir de 1975, la manière dont Kiss a géré son succès est fascinante. C’est simple, le groupe l’a tout bonnement couplé à un merchandising à outrance (qu’il a quasiment inventé). En 1978, que fait l’ado du Midwest en attendant que Kiss revienne foutre le feu dans la salle de concert de sa ville ? Plusieurs réponses possibles : il lit des comics Kiss, joue avec ses poupées Kiss, s’excite sur un flipper Kiss, joue à un jeu de société Kiss, écoute sa radio Kiss, etc.

1978, Kiss est PARTOUT, l’hystérie est TOTALE.

Seulement voilà : pour Kiss (enfin, pour Gene SIMMONS et Paul STANLEY), ce n’est pas encore assez. Qu’importe si Ace et Peter digèrent, eux, beaucoup moins bien le succès, qu’importe si l’inspiration musicale commence à faiblir sensiblement, il faut battre la baraque à frites quand elle est chaude. Le succès chez Kiss n’est valable que si on va toujours plus loin (et pour SIMMONS, n’est valable que si on peut ramasser encore plus d’argent). Et après toutes les conneries citées plus haut, la nouvelle connerie qui est censé permettre à Kiss d’aller encore plus loin, c’est de tourner un film.

Du propre aveu de Paul STANLEY, Kiss Meets the Phantoms of the Park (KMPP) se voulait une rencontre entre le Hard Day’s Night des Beatles et Star Wars (…). En vrai, cela ressemblera plus à une rencontre entre Benny Hill et un sale film coréen de super-héros.

Le pitch : ce soir c’est le grand soir. Kiss, le plus grand groupe du monde, joue au parc d’attractions du coin (oui, comme dans… Spinal Tap). L’idée vient du gérant dudit établissement, bien décidé à renflouer les caisses de son parc tout pourri. Seulement, Abner Devereaux, ne l’entend pas de cette oreille. Lui, c’est un artiste voyez-vous. Il a inventé les attractions de la bicoque et se plaint qu’on ne lui donne pas assez d’argent pour perfectionner sa nouvelle génération d’automates. Abner pas content, il décide de tout foutre en l’air. Son plan : réaliser des robots-doubles des membres de Kiss pour ensuite délivrer sur scène un message de haine et de destruction aux gamins glandus du coin.

Ce qui est drôle, c’est que le pitch me plaît bien. Qui plus est, les trente premières minutes du film sont pas mal amenées (Abner qui capture les délinquants juvéniles foutant le bordel dans son parc), exception faite du jeu de la pseudo-héroïne, aussi expressive qu’une vache ruminante.

En fait, le moment où tout dérape, c’est quand Kiss arrive. Je sais pas qui a eu cette idée, mais ici, chacun des membres du groupe a des super pouvoirs, comme dans la série de comics lancée en 1977. Gene SIMMONS crache du feu et parle avec de la réverb dans sa voix. Paul STANLEY lance des lasers avec son œil et peut entendre des conversations de vachement loin. Ace FREHLEY peut se téléporter en faisant une chorégraphie à la Dragon Ball Z. Peter CRISS est un peu le naze du groupe, il est censé être vachement agile (le chat, et ouai) mais en fait tout le monde fait plus ou moins du karaté.

Avec leurs super-pouvoirs à la con, les Kiss vont se frotter aux cyborgs tout moches d’Abner-le-dingue et ainsi réaliser les performances les plus honteuses de leur carrière. C’est drôle comment ces quatre mecs, plutôt expressifs sur scène, sont ici archi-nuls. C’est simple, on rit à chaque fois qu’un des membres de Kiss ouvre la bouche… Plusieurs situations sont particulièrement cocasses, dont celle où les quatre prennent le soleil au bord d’une piscine perchés sur des chaises d’arbitre de tennis.

Mais les vrais grands moments de rigolade, ce sont les scènes de baston. A la décharge du groupe, le staff du film est aussi pour beaucoup dans ce massacre : on voit les fils, les doublures (celles d’Ace et de Paul particulièrement), le rythme est léthargique… La scène d’anthologie, c’est quand le double-robot de Gene SIMMONS déglingue une escouade de flic à lui tout seul, Schwarzenegger-style, avant de foutre en l’air une baraque à sodas en bois, sans aucune autre raison que le fait qu’elle se trouvait sur son chemin. Le tout, au son de la meilleure chanson de son album solo (« Radioactive »).

En parlant chansons, sachez que l’intérêt musical de ce film est proche de zéro. Pour une raison incompréhensible, la bande-son est composée de titres tirés des albums solos des quatre membres de Kiss sortis peu de temps avant. Tout au plus avons-nous ici un live bordélique de « I Stole Your Love » et une version alternative de « Hotter Than Hell » rebaptisée « Rip and Destroy » pour les besoins du film.
Il y a aussi une version de « Beth » à la guitare acoustique, chantée par un Peter CRISS en roue-libre totale, littéralement exténué. Ah oui : Kiss tire ses pouvoirs de talismans moches (qu’Abner-le-déglingo va bien sûr essayer de piquer) que si on tire dedans, les Kiss ils perdent leurs pouvoirs et ne savent plus jouer de musique. Je dis ça ici parce que STANLEY fait un pain pendant « Beth » parce qu’on tire sur son gris-gris. Comme si il avait besoin de ça…

Au final, ce film vaut-il la peine d’être vu ? Bien sûr, ne serait-ce que pour comprendre l’entreprise mégalo qu’était devenu Kiss en 1978 (la première réplique de Paul STANLEY : « Elle est à la recherche de quelqu’un… Et ce n’est pas Kiss ! »). En réalité, tout le film est construit pour polir encore un peu plus la gloire et le statut hors-norme du groupe. Mais le tout a été tellement mal branlé que s’est l’effet inverse qui se produit : le fan de Kiss, en 1h30, venait de se rendre compte que ses idoles n’étaient au final que des humains comme les autres, avec leurs goûts de chiotte et leurs problèmes de management.

Pour moi, Kiss Meets the Phantoms of the Park est à rapprocher du Dynasty qui sort l’année suivante : culte pour son mauvais goût, symbole d’un groupe usé, rattrapé par son merchandising et sa quête effrénée et suicidaire du succès. Comme Dynasty, c’est subjectivement super marrant mais objectivement nul à chier. Cette ambiguïté est entretenue par le groupe lui-même. A plusieurs reprises, SIMMONS et STNALEY ont fait part de leur consternation, mais ont pourtant laissé ce truc passer à la télé et l’ont inclus dans le coffret Kissology Volume 2, en vente dans toutes les grandes surfaces.

Note : 0 ou 5.

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   TOMTOM

 
  N/A



- Paul Stanley (gérard du jeu le moins expressif)
- Gene Simmons (gérard de la voix avec le plus de réverb)
- Ace Frehley (gérard des blagues les plus nuls)
- Peter Criss (gérard du karaté le plus mou)


1. Radioactive (gene Simmons)
2. Almost Human
3. Mr. Make Believe (gene Simmons)
4. Man Of 1,000 Faces (gene Simmons)
5. Rip And Destroy / Hotter Than Hell
6. Rock 'n' Roll All Nite
7. Shout It Out Loud
8. Easy Thing (peter Criss
9. That's The Kind Of Sugar Papa Likes (peter Criss)
10. Beth
11. Love In Chains (paul Stanley)
12. I Stole Your Love
13. Hold Me, Touch Me (paul Stanley)
14. Fractured Mirror (ace Frehley)
15. New York Groove (ace Frehley)
16. Hooked On Rock 'n' Roll (peter Criss)
17. Classical Guitar Segue (gene Simmons)



             



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