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KISS - Animalize (1984)
Par TOMTOM le 21 Janvier 2014          Consultée 1571 fois

Le Larousse est très clair sur ce point : « animaliser » c’est « abaisser quelqu’un à l’état d’animal ». Magnifique langue que le Français qui permet au chroniqueur en manque d’attaque de justifier la sale note qu’il vient d’infliger au douzième album studio de Kiss. Car bizarrement, cette notion d’« abaisser » n’existe pas dans l’utilisation anglaise du verbe « animalize ». C’est pourtant bien de ça dont il s’agit : abaisser les compositions au rang de bouillie heavy, trivialiser le propos jusque dans les titres des chansons (« Burn Bitch Burn », d’une rare finesse), balancer une pochette digne de rien du tout (le tigre passe encore, mais pourquoi cette peau de zèbre ?), etc.

Et pourtant, quand Kiss a trouvé le nom du successeur de Lick It Up, je suis sûr qu’ils avaient une toute autre idée en tête. Pour vous en persuader, jetez donc un œil au concert « Kiss: Animalize Live Uncensored » filmé au Cobo Hall de Detroit un soir de décembre 1984 (disponible sur Youtube, la plus grande salle de concert de la planète) : appuyés par des guitares et une batterie sous testostérone, Gene SIMMONS est d’une arrogance folle et Paul STANLEY est déchaîné dans son pantalon à jabot rose. Au début de « Lick It Up », le chanteur-guitariste a fait tomber la chemise, mâchouille un soutif et déclare dans un délire glam-metal-porno-gnangnan : « This is a song about putting everything you can into your mouth ».

Les bêtes féroces sont lâchées, le show est absolument ahurissant, irrésistible. Sans blague. Animalize aurait pu ressembler à ça s’il n’avait pas été aussi mal fagoté. Le problème à beaucoup de chose, en fait. La production, d’abord, claire comme celle de Lick It Up, jamais aussi lourde et bien pensée que celle de Creatures Of The Night. Conséquence : la batterie d'Eric CARR, trop mise en avant, tape très vite sur le système. Autre raté : le guitariste. Car le petit nouveau Mark ST. JOHN a beau être d’une technique foudroyante (rien à redire là-dessus), ses démonstrations sont un peu vaines, trop techniques, trop froides, et virent à l’insupportable quand il remonte ses gammes (le début d’« Under The Gun ») ou quand il balance ses sons bizarres sortis de nulle part. En clair : on est loin d’un Ace FREHLEY ou d’un Vinnie VINCENT.

Denier point faible : les compositions. VINCENT n’étant plus là pour apporter sa griffe, la paire SIMMONS/STANLEY se foire presque irrémédiablement sur les trois quart des titres. Dur dur de se mesurer aux jeunes fous furieux du heavy eighties quand on a pas l'inspiration pour... « I’ve Had Enough (Into The Fire) » est un bon hard au riff potable mais n’est pas plus inspiré que ça. « Under The Gun » est joué trop pied au plancher pour convaincre alors que « While City Sleeps » est trop alambiqué pour qu’on puisse l’écouter jusqu’au bout sans souffrir atrocement. Paul STANLEY chante trop n’importe comment sur « Get All You Can Take » (zéro structure, soit dit en passant) et « Burn Bitch Burn » est un truc sans odeur et sans saveur. Malgré tout, je voudrais remercier Kiss pour cette bonne tranche de rigolade qu’est « Thrills Of The Night », un gros glam qui tache, infâme de bout en bout (ce solo boueux, damned), à tel point que mon coloc me fait justement remarquer qu’on dirait Survivor.

En fait, tous les titres précédemment cités pâtissent du « syndrome Kiss », déjà initié sur Lick It Up mais qui ne devient évident qu’à partir d’ici : les riffs sont bons, énergiques, capables de sustenter le fana de hard. Mais les choses se gâtent au détour d’un break mal-branlé ou d’un refrain capable de décrédibiliser une chanson complète. En gros, on commence un titre en se disant « Wah, la baffe ! » et on déchante une minute plus tard : « Wah, quelle chiotte !».

Deux petites exceptions cependant : « Murder In High-Heels » et son riff tuant, doucement funky, pile dans le style de Gene SIMMONS. Solo (assuré par le futur Kiss Bruce KULICK) réussi, batterie qui sait frapper là où ça fait mal, rien à déclarer. Et puis il y a cet excellent « Heaven’s On Fire », morceau épique une fois transposé en live, un titre dans la droite ligne de « Lick It Up », c'est-à-dire sans fioritures, trois minutes vingt de pur rock ‘n roll festif. Un Kiss classique quoi, net et sans bavure. C’était pourtant pas si compliqué.

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   TOMTOM

 
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- Paul Stanley (guitare rythmique, chant)
- Gene Simmons (basse guitar, chant)
- Mark St. John (guitare solo)
- Eric Carr (batterie)


1. I've Had Enough (into The Fire)
2. Heaven's On Fire
3. Burn Bitch Burn
4. Get All You Can Take
5. Lonely Is The Hunter
6. Under The Gun
7. Thrills In The Night
8. While The City Sleeps
9. Murder In High-heels



             



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