Recherche avancée       Liste groupes



      
HEAVY METAL  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Venom
- Membre : Hawkwind, Thin Lizzy, Lemmy, Slim Jim & Danny B.
- Style + Membre : Saxon
 

 Site Officiel (259)

MOTÖRHEAD - Aftershock (2013)
Par RED ONE le 4 Novembre 2013          Consultée 2736 fois

En août 2013, votre serviteur Red One était en mission spéciale pour Forces Parallèles au Wacken Open Air Festival, dans le nord de l'Allemagne. En tête d'affiche de ce haut lieu du heavy metal international : RAMMSTEIN, DEEP PURPLE, ALICE COOPER, NIGHTWISH, et... MOTÖRHEAD, bien évidemment, comme à peu près tous les deux/trois ans à Wacken depuis plus d'une décennie.
Peu m'importait d'avoir déjà vu MOTÖRHEAD en novembre 2012 au Zénith de Paris (avec ANTHRAX en première partie, souvenir mythique)... Un concert de MOTÖRHEAD, quand on est un honnête amateur de bon heavy metal old school, ça ne se refuse pas. Lemmy sortait par ailleurs d'une crise cardiaque, et la majeure partie des dates de la tournée 2013 avaient été annulées... à l'exception de la date de Wacken. En refusant d'annuler ce concert malgré sa santé fragile, Saint Lemmy nous traitait comme des privilégiés, et refuser un tel cadeau, ça frise limite l'insulte... Le concert commence donc.
Sans surprise, sans faux pas : un line-up à l'expérience éprouvée depuis des années, trois titres extraits d'Overkill (1978) enchaînés en à peine quelques minutes. La voix de Lemmy n'était certes pas au top, mais ça le faisait quand même, parce que Lemmy reste Lemmy...
Jusqu'au moment où ce qui risquait de se produire ne finisse par se produire en direct : Lemmy n'a pas tenu le coup. Après un "Over The Top" laborieux, Lemmy s'absente un peu trop longtemps en coulisses, une absence imprévue durant laquelle le pauvre Phil Campbell tenta bien d'occuper le public en improvisant sur sa guitare. Puis Lemmy revint finalement sur scène. Le groupe joua alors "The Chase Is Better Than The Catch"... puis s'éclipsa définitivement. Un officiel allemand annonça alors que Lemmy n'était plus apte à poursuivre le concert. Et déjà, les roadies remballaient la scène devant un public médusé et sidéré... Je n'en croyais pas mes yeux.

Il va de soi que pendant les semaines qui ont suivi, la question de la santé de Lemmy s'est faite de plus en plus préoccupante. Votre serviteur, dans la panique médiatique, a même cru un instant qu'il venait d'assister au dernier concert de MOTÖRHEAD de l'histoire ! Heureusement, le père Lemmy demeure quand même l'un de ces titans du rock inoxydables qu'il est impossible de faire chuter aussi facilement. Et c'est donc ainsi que la promotion annonçant le nouvel album de MOTÖRHEAD, Aftershock, continua comme si de rien n'était sur Internet pendant que Lemmy se rétablissait.
Après de tels évènements, Aftershock pourrait donc apparaître comme une sorte d'album de la "survie". Son titre d'ailleurs, "Aftershock" ("contrecoup"), semble d'ailleurs avoir été volontairement choisi en référence à la crise cardiaque du père Kilmister.
La pochette, où nous pouvons contempler Snaggletooth surgissant d'une mare de boue où sont englués divers engins de la Seconde Guerre Mondiale, résume bien l'état actuel des choses : MOTÖRHEAD a survécu à cette crise, et en ressort plus fort que jamais.

À ce stade de sa carrière, MOTÖRHEAD n'est toutefois pas de ces groupes qui vont survivre au déclin en pondant un nouvel album-référence. MOTÖRHEAD est plutôt du genre à rester la tête hors de l'eau en continuant tout simplement de faire ce qu'il sait faire de mieux, à savoir du bon gros rock'n'roll gras, blindé, burné, poilu et dégoûtant. La même chose depuis 1975, en somme ? Presque. Ainsi Aftershock, comme la quasi-totalité de ses prédécesseurs sortis depuis le début des années 1990, ne changera pas la donne : MOTÖRHEAD nous y délivre 14 titres d'un heavy metal bluesy et surpuissant, gonflé aux amphétamines et évoquant toujours les mêmes thèmes. Au programme donc, pour la 666e fois : femmes, sexe, guerre, rock'n'roll, drogues, sexe, femmes, guerre, rock'n'roll... et femmes.
Le single "Heartbreaker", premier de la tracklist, en est d'ailleurs désespérant : c'est speed, ça fait du bruit, ça secoue l'estomac, la basse arrache les tympans, la batterie nous explose l'intestin... On se dit logiquement que c'est toujours la même chose. Oui, mais que voulez vous... C'est toujours aussi génial. Et on en redemande.

Plutôt que de partir directement dans une pléthore d'éloges inutiles pour un groupe mythique tel que la Tête de Moteur anglaise, commençons par ce qui peut éventuellement fâcher (sérieusement... ?)
Les défauts de cet album ? Comme toujours les mêmes avec MOTÖRHEAD depuis des années, ai-je envie de dire : un style sans fioritures et réglé comme du papier à musique, peu de prises de risques (voir quasiment aucune), une batterie qui tabasse sans réelle finesse, une basse beaucoup trop forte, des riffs gras parfois un peu répétitifs (Phil Campbell semble même s'auto-plagier à certains endroits, comme sur "Coup de Grâce" par exemple), et une production inchangée.
Ajoutons par ailleurs que cet album est plutôt long (14 titres quand même), ce qui peut être un peu rebutant si vous n'aimez que les albums courts qui vont à l'essentiel. Car bien sûr, cela occasionne d'inévitables moments de remplissage ("End Of Time", "Do You Believe", "Going To Mexico", "Keep Your Powder Dry", "Paralyzed"). Des moments dont on se passerait bien, car ils nous empêchent honnêtement d'attribuer ses 4 étoiles réglementaires à cet album du bassiste à moustache.
Ceci dit, je suis quand même un peu un gros connard : car même les morceaux "de remplissage", eh bien il faut avouer qu'ils sont quand même sacrément cools, même si un peu en dessous du reste car trop convenus.
Mais qui aime bien châtie bien, c'est bien connu.

Du reste, pas de chichis les gars : MOTÖRHEAD nous donne toujours notre bonne grosse raclée habituelle, avec force dose de riffs qui tuent : on citera ainsi "Death Machine", "Silence When You Speak To Me", "Knife", et surtout "Queen Of The Damned", monument de punk rock incendiaire qui fait mouche instantanément...
L'un des autres points forts de cet album, ce sont surtout ces deux ballades blues fort réussies ("Lost Woman Blues", "Dust And Glass") auxquelles on ne peut s'empêcher de revenir avec bonheur à chaque écoute. On trouve même du piano à la Jerry Lee Lewis sur "Crying Shame". Là encore, du bonheur rock'n'roll en barre, il n'en faut pas plus. Les mêmes vieilles recettes depuis l'album "1916" (1987), c'en est vraiment affolant tellement ça n'est pas original...
Vous trouviez le temps atrocement long depuis la sortie de The Wörld Is Yours en 2010 ? Voici enfin ce que vous attendiez bande de sales toxicos, à savoir votre dose olympique de speed rock'n'roll gras et huileux, aussi raffinée qu'un moteur de Messerschmitt encrassé et aussi orgasmique qu'une explosion thermo-nucléaire.

Aftershock, au final, c'est donc, oui, encore et toujours la même chose qu'en 2010, qu'en 2008, qu'en 2006, qu'en 2004, qu'en 2002, etc...
ET ALORS ?!!!
On s'en fiche quand même pas mal ! Car pour paraphraser Dave Grohl, qui s'exprimait ainsi dans le documentaire "Lemmy : The Movie" (2011), pendant que les principales vieilles gloires des années 1970 et 1980 préfèrent se vautrer dans la facilité en enchaînant des tournées best of interminables, MOTÖRHEAD nous livre encore tous les deux ans un nouvel album original d'un niveau largement plus qu'acceptable. Quel vieux groupe de rock culte peut encore, dans les années 2010, prétendre réussir un tel exploit avec autant de régularité ? Pas des masses... à part SAXON peut être.

Mais pour combien de temps encore ? Lemmy, par pitié, on est en 2013, plus en 1978, alors prends un peu de temps pour te reposer et fais en sorte qu'Aftershock ne soit pas ton dernier album...

Titres marquants : "Heartbreaker", "Lost Woman Blues", "Death Machine", "Dust And Glass", "Silence When You Speak To Me", "Queen Of The Damned"...

Note réelle : 3,5/5

A lire aussi en HARD ROCK par RED ONE :


BLACK SABBATH
Seventh Star (1986)
Ceci (n')est (pas) un album de Black Sabbath

(+ 2 kros-express)



BLACK SABBATH
Black Box : The Complete Black Sabbath 1970-1978 (2004)
Ca coute cher, c'est inutile, mais c'est classe


Marquez et partagez





 
   RED ONE

 
   GEGERS

 
   (2 chroniques)



- Lemmy Kilmister (chant, basse)
- Phil Campbell (guitare)
- Mikkey Dee (batterie)


1. Heartbreaker
2. Coup De Grace
3. Lost Woman Blues
4. End Of Time
5. Do You Believe
6. Death Machine
7. Dust And Glass
8. Going To Mexico
9. Silence When You Speak To Me
10. Crying Shame
11. Queen Of The Damned
12. Knife
13. Keep Your Powder Dry
14. Paralyzed



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod