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- Style : Venom, Vulcain
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MOTÖRHEAD - The Wörld Is Yours (2010)
Par RED ONE le 1er Mars 2015          Consultée 1710 fois

MOTÖRHEAD est un cas assez unique dans l'industrie du disque : des albums nombreux, pondus à un rythme très régulier (à quelques exceptions, selon les périodes), assez peu de vrai déchet dans sa discographie, et une fidélité à toute épreuve à un style qu'il a lui-même créé.
À ce titre, The Wörld Is Yours, sorti en 2010, ne déroge en rien à cette règle qui semble immuable. Si la pochette de cet opus est toutefois loin d'être la plus réussie des Anglais (elle semble d'ailleurs un peu torchée à la va vite), force est cependant d'admettre que ce premier L.P sorti par MOTÖRHEAD durant la seconde décennie du XXIème siècle est quand même d'une qualité exemplaire.

L'opus est introduit par la surpuissante "Born To Lose", qui n'a cependant rien à voir avec "Iron Horse/Born To Lose", titre emblématique des deux premiers opus de la période 1975-1977. Ce "Born To Lose" de 2010 a cependant tout du titre motörheadien calibré pour faire mouche au premier instant : une batterie thermonucléaire, des riffs colossaux, un chant burné et fédérateur, et une basse velue à souhait. La recette poisseuse des Britanniques est appliquée à la lettre, sans fioritures, et ça marche.
"I Know How To Die" est du même tonneau. Un son digne des plus beaux barrages d'artillerie soviétiques, une ambiance post-apocalyptique impitoyable, du rock'n'roll groovy comme s'il en pleuvait, parfait pour écouter en attendant le Jugement Dernier. Ca tabasse à tout va, on en prend plein la gueule et on en redemande, comme d'habitude !
Les hostilités commencent donc assez bien et la Tête de Moteür ne relâche pratiquement jamais la pression sur tout l'album : en témoigne un "Devils In My Head" intransigeant, gorgé de testostérone et dopé à l'essence de fusée lunaire. Certes, les refrains sonnent comme beaucoup de choses déjà entendues chez MOTÖRHEAD depuis une quinzaine d'années, mais ça passe, l’énergie est indéniablement là, et elle fait sacrément du bien.

Notons quand même une baisse d'inspiration assez flagrante sur "Get Back In Line" et "Rock'n'Roll Music", deux titres assez linéaires sans réelle inspiration, où Phil Campbell se contente de balancer de vieux gimmicks rock'n'roll d'inspiration 1950's. C'est plaisant, mais pas très original. Les paroles du refrain de "Rock'n'Roll Music" sont par ailleurs assez ridicules. "I Know What You Need", avant-dernière piste de l'opus, est un peu du même genre, se contentant de recycler de vieilles idées déjà entendues ailleurs, sans réellement susciter la surprise.
Heureusement, MOTÖRHEAD se rattrape sans problème sur le reste de la deuxième partie de l'album avec un "Waiting For The Snake" métallique à souhait, qui n'hésite pas à proposer des changements de tempi intéressants. "Brotherhood of Man" poursuit dans le déluge de gras sonore et se pose en digne successeur d'un "Orgasmatron" de la grande époque. Un titre qui rassure, Lemmy nous démontrant encore une fois qu'à son âge désormais sénatorial, il sait toujours proposer des morceaux dark et flirtant presque avec le doom. Ca sonne gras, très gras. Et c'est fabuleux.
"Outlaw", malgré des refrains un peu téléphonés, envoie la pâtée comme il se doit, à grands coups de riffs en acier trempés. Et le morceau de fin se veut réellement grandiose : "Bye Bye Bitch Bye Bye" est en effet de ces titres furieusement coup de poing, que je vous recommande d'ailleurs chaudement si jamais votre ex vient de vous plaquer définitivement avec pertes et fracas. Eh oui, je parle ici d'expérience, vous l'aurez deviné.
MOTÖRHEAD, le médicament parfait pour traiter les ruptures sentimentales ? Franchement oui. Merci Lemmy.

Malgré ce déluge de bons titres et un bilan somme toute presque parfait pour cet album de 2010, soyons quand même réalistes et clairvoyants : The Wörld Is Yours n'est évidemment pas le meilleur album pondu par Lemmy et ses petits copains. Si la formule avait été un poil moins évidente, avec quelques légères prises de risques, The Wörld Is Yours aurait pu sans problèmes se hisser à hauteur d'Inferno (2004). Comme son prédécesseur Motörizer (2008), il frôle donc encore une fois le quasi-sans fautes, mais ne parvient finalement qu'à nous offrir un 'très bon album de plus'.
On aurait toutefois largement tort de jeter davantage la pierre à MOTÖRHEAD. The Wörld Is Yours, c'est d'abord et avant tout un album exemplaire, honnête et très bien écrit. Un album de MOTÖRHEAD comme les fans, habitués au rythme de production stakhanoviste de Lemmy, aiment à en découvrir un nouveau environ tous les deux ans depuis 1996.

Un bon album de heavy metal, gorgé d'amour sale et de sincérité couillue. Que demander de plus ? Merde, qu'est-ce que vous faites encore là ? Vous devriez déjà courir acheter cet album.

Dans les mois qui suivent la sortie puis la tournée promotionnelle de cet album, la santé de Lemmy se dégrade malheureusement de façon assez inquiétante. Ces gros soucis de santé retardent sensiblement l'enregistrement du successeur de The Wörld Is Yours, le plutôt réussi Aftershock, qui ne voit du coup pas le jour avant l'année 2013.

Note réelle : 3,999995/5.

Meilleurs titres : "I Know How To Die", "Waiting For The Snake", "Brotherhood Of Man", "Bye Bye Bitch Bye Bye".

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   RED ONE

 
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- Lemmy Kilmister (chant, basse)
- Phil Campbell (guitares)
- Mikkey Dee (batterie)


1. Born To Lose
2. I Know How To Die
3. Get Back In Line
4. Devils In My Head
5. Rock'n'roll Music
6. Waiting For The Snake
7. Brotherhood Of Man
8. Outlaw
9. I Know What You Need
10. Bye Bye Bitch Bye Bye



             



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