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VANGELIS - See You Later (1980)
Par ARP2600 le 30 Décembre 2011          Consultée 2043 fois

Chers lecteurs, je dois vous prévenir que vous ne verrez sans doute nulle part ailleurs une note aussi élogieuse pour cet album. D'ailleurs, en fait, vous n'en entendrez parler à peu près nulle part... Ce disque est systématiquement ignoré ou dénigré, ce qui ne laisse pas de m'attrister. C'est toujours comme ça, l'opinion publique attribue à un auteur quelques caractéristiques bien précises et dès qu'il s'en écarte, patatras, l’œuvre est vouée aux Gémonies. Dans le cas présent, cela relève de la plus profonde injustice, étant donné que nous sommes bel et bien en face d'un chef-d’œuvre.

Allons, reconnaissons que See You Later est assez spécial bien que peu étonnant quand on connaît VANGELIS. Il s'agit d'un ensemble satirique, présentant des paroles sous diverses formes. Il s'agit de musique électronique, où le Yamaha CS80 est juste renforcé par du piano, l’une ou l'autre guitare et des percussions discrètes. Mais contrairement aux différents albums qui l'ont précédé, il n'y a pas de thème précis et donc une certaine diversité de style. Il y a tout au plus un fil conducteur, consistant en une dénonciation de certaines dérives de notre civilisation au moyen tantôt d'humour, tantôt de gravité, tantôt d’un mélange subtil des deux.

« I Can't Take It Anymore » est une chanson lente plutôt blues, belle et angoissante, passant du plus délicat au majestueux. Le texte se limite au titre et aux mots « Too loud », ce que j'interprète comme un personnage surmené et sensible au moindre bruit. La deuxième, « Multi-Track Suggestion », est un peu plus difficile à comprendre, les paroles évoquant différents termes techniques de la musique électronique. C'est sans doute de l’autodérision, peut-être aussi une référence à KRAFTWERK, dont on emprunte plus ou moins la rythmique régulière et le thème de l'homme-machine.

Le passage le plus connu est « Memories of Green ». Même sans paroles, on comprend qu'on se trouve dans un futur nostalgique de l'époque où la nature existait... situation qui est celle de Bladerunner, il est donc tout sauf étonnant qu'il ait servi dans l'extraordinaire film de Ridley Scott. Néanmoins, je n'ai jamais été un fanatique de ce morceau, même si je reconnais volontiers qu'il correspond bien à son programme.

La première face s'achève par l'humoristique « Not a Bit – All of It ». Le genre de trucs qu'on trouve soit ridicule soit tordant... Il s'y moque de certains aspects de la vie moderne, surtout la société de consommation. Ce qui m'épate, c'est l'aisance avec laquelle VANGELIS a écrit quelque chose de volontairement rétro et kitsch, avec violons et tout. Notons qu'il a reproduit la performance dans Bladerunner avec «One More Kiss, Dear».

Sur la deuxième face se trouvent deux morceaux d'environ dix minutes. Le premier est « Suffocation », qui parle sans ambiguïté de la catastrophe de Seveso. La première moitié est très dynamique, et par moments pompeuse. Le passage où on entend des annonces en italien au sujet de l'évacuation est d'une dérision incroyable. Notons ensuite un petit chant de Jon Anderson qui introduit la partie lente et triste. Celle-ci est ce que j'aime le moins sur l'album, notamment à cause du dialogue en italien qui me paraît superflu.

Et enfin, il y a le morceau-titre, une des pièces maîtresses oubliées de la carrière de VANGELIS. Tout son foisonnement musical se retrouve ici. Le début improvisé et délicat pourrait faire penser à celui de « Rêve », mais on part ensuite dans une toute autre direction, c'est-à-dire un véritable délire pendant cinq bonnes minutes. Ce qui peut déconcerter, ce sont bien sûr ces paroles apparemment sans suite. Je ne comprends pas vraiment de quoi il est question d'ailleurs, bien qu'une partie soit en français... c'est juste délirant, avec sans doute un peu de questionnement existentiel, par exemple dans le chant de Jon paraphrasant Hamlet (« Living or not living, a question I can ask you »). La fin est lente mais majestueuse, avec un certain nombre de répétitions des mots « See you later ». Quand ça se termine, on peut se demander ce qu'on a entendu, c'est peut-être ça le génie. La seule chose à laquelle je compare ce morceau est tout simplement « The Gates of Delirium» de YES, ce qui me fait penser que le fait que VANGELIS ait été pressenti pour Relayer de YES, avant que Patrick Moraz ne soit choisi, n'était sans doute pas incongru.

S'il est légitime de commencer l'écoute de VANGELIS par des albums plus conventionnels, je ne vois décidément aucune raison valable de laisser celui-ci de côté. Il faut juste admettre que le compositeur est ici plus déjanté qu'à son habitude, mais il est indéniable qu'il a maîtrisé son sujet. Je recommande chaudement See You Later à tous les amateurs de VANGELIS qui l'auraient raté pour une raison ou une autre. Si tout le monde n'aimera pas cette musique, sa découverte permettra d'avoir une perception plus précise de son œuvre.

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1. I Can't Take It Anymore
2. Multi-track Suggestion
3. Memories Of Green
4. Not A Bit - All Of It
5. Suffocation
6. See You Later



             



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