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MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  B.O FILM

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- Membre : Jon & Vangelis, Aphrodite's Child, Irène Papas & Vangelis

VANGELIS - Chariots Of Fire (1981)
Par ARP2600 le 24 Avril 2012          Consultée 2139 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Bon, d'accord, j'avoue, mon sport favori est de casser les mythes. La bande originale de Chariots of Fire est le disque le plus célèbre de Vangelis et c'est clairement un de ses moins bons. Ceux qui n'ont entendu que ça ne peuvent d'ailleurs aucunement prétendre connaître le compositeur grec, ce machin bâclé n'est absolument pas représentatif de son œuvre, par dessus le marché.

Oui, c'est ça, c'est bâclé. Il est fréquent qu'une B.O. soit plus pauvre qu'un album studio, pour cause de manque de matériel qui incite à ressasser les thèmes, mais là c'est le bouquet. On se paye la tête du monde, vraiment... J'ai rarement vu autant de remplissage. Expliquons la chose plus en détail : La première face est constituée de six plages. Les quatre premières sont des morceaux originaux mélodiques, déjà pas forcément tous du meilleur goût, ce sera détaillé ci-dessous. Ensuite, un petit morceau d'ambiance peu intéressant débouche sur le chant traditionnel «Jerusalem». Les Anglais le ressortent à toutes les sauces, quel est donc l'intérêt de le trouver ici ? Eh bien, il faut préciser que le titre du film est une parole de cette chanson, belle excuse pour meubler... Quant à la deuxième face, il s'agit d'une longue suite peu inspirée, bricolée à partir des thèmes du film, à moins qu'il ne s'agisse d'un travail préliminaire, en tout cas c'est loin d'être passionnant, du remplissage je vous dis.

Le «Titles» est le morceau le plus connu de Vangelis et très certainement le plus commercial. C'était même mon morceau préféré, toutes catégories musicales confondues... quand j'avais dix ans. Mes goûts ont quelque peu évolué depuis, mais il faut bien admettre qu'il en jette pas mal. Il rappelle à la fois le thème de Cosmos, dans Heaven and Hell, et l'«Hymne» d'Opéra Sauvage, en plus grandiloquent. Notons que le piano verbeux est presque devenu une marque de fabrique alors que Vangelis en utilise finalement assez peu dans ses nombreuses créations, voilà entre autres en quoi cette maudite B.O. trompe sur la marchandise.

«Five Circles» n'est pas une adaptation de l'hymne olympique, mais elle pourrait bien tenir ce rôle, avec son côté hiératique. Pas très vangelien non plus, mais c'est pas mal. A côté de la mélodie, il faut écouter les jolies notes cristallines d'arrière-plan. Et puis, voici déjà le dernier moment vraiment intéressant de l'album : le sublime «Abraham's theme»... ah, si tout était comme ça... hélas, il ne dure que trois minutes et ne suffit évidemment pas à sauver l'ensemble. Il est d'un niveau proche du «Rêve», c'est dire qu'il est bon, ce petit-là. Par contre, «Eric's Theme» est navrant : pas de rythme, des mélodies recyclées – dont la Marseillaise, particulièrement ridicule –, une harmonie à l'unisson, et des sons bouffons, bref il est nul. Enfin, «100 metres» sert d'ambiance à la préparation d'une course. C'est adapté au film mais trop vide pour un album : encore un problème des bandes originales.

Est-il bien nécessaire de s’appesantir sur la grande suite-titre ? La première fois que je l'ai entendue, elle m'a semblé être de la pure bouillie. Enfin bon, après quelques écoutes on peut se radoucir quelque peu. Disons que c'est joli, mais inutile. Les quelques premières minutes sont bien construites et l'ensemble est très supportable voire agréable, ce n'est pas la grosse catastrophe. Mais qui pourra prétendre qu'il s'agit de son morceau préféré de Vangelis ? Les différents thèmes du début de la première face sont paraphrasés pendant vingt minutes, ce n'est quand même pas très original. Quant aux sons un peu plus proches de See You Later qu'on trouve vers la fin, ils ne me donnent qu'une envie : réécouter ce chef-d’œuvre-là. Bref...

Chariots of Fire est donc un disque très surfait. Je ne remet aucunement en cause le travail qui a été fourni pour le film mais publier à la va-vite une B.O. aussi creuse relève plus de la manœuvre commerciale que de l'art. Et pourtant, bien entendu, le public a marché là-dedans plutôt que dans de la musique sophistiquée. Concluons en détournant une phrase ironique de l'auteur de BD Jacques Tardi, à la fin d'un tome d'Adèle Blanc-Sec : «l'œuvre étant si médiocre, il va de soi qu'elle obtint un vif succès».

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   AIGLE BLANC

 
   (2 chroniques)



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1. Titles
2. Five Circles
3. Abraham's Theme
4. Eric's Theme
5. 100 Metres
6. Jerusalem
7. Chariots Of Fire



             



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