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KISS - Destroyer (1976)
Par TOMTOM le 9 Novembre 2012          Consultée 2277 fois

La nouvelle tombe, au début de l’année 1976 : Alive ! s’est vendu à 500 000 exemplaires. Bientôt, les chiffres flirtent avec la barre du million. Paul Stanley exulte: « I feel so good, I’m so alive / I hear my song playin’ on the radio » chante-t-il dans « Detroit Rock City ». Après s’être fait ravager les tympans au Cobo Hall et autres arenas des USA, des milliers de gosses redécouvrent les trois premiers albums de leurs nouveaux maîtres, leur chef d’œuvre live jamais très loin de la platine vinyle. Autant dire que l’attente est énorme : définitivement sorti de l’underground, Kiss allait désormais devoir confirmer le tir et imposer son nouveau statut. Bien consciente de l’enjeu, Casablanca amène un nouveau producteur, censé conférer au groupe un son à la hauteur de l’énergie alors déployée sur scène. Son nom : Bob EZRIN, le monsieur manettes fétiche d’Alice COOPER (depuis Love It To Death) et de Lou REED au temps de la bérézina Berlin.

Ceux qui suivent auront déjà relevé le drame qui sous-tend l’arrivée d’EZRIN aux commandes. Car si les talents (indéniables) du producteur collent parfaitement aux orchestrations macabres d’Alice Cooper (dont le « Halo Of Flies » est, vous en conviendrez, autrement plus orchestral et mélodique que « She ») ou de Lou Reed période Rock n’ Roll Animal, on peut craindre le pire en ce qui concerne Kiss, légèrement plus direct et sans fioritures que ses confrères de l’époque. Cousu de fil blanc, Destroyer aux mains d’EZRIN va constituer la première crise d’identité de Kiss.

Pour la première fois, d’autres noms que STANLEY, SIMMONS, FREHLEY et CRISS figurent dans les crédits : EZRIN est présent sur sept chansons sur neuf, le vétéran proto-punk Kim FOWLEY compose « Do You Love Me » et probablement une grande partie de « King Of The Night Time World ». Ace FREHLEY, passablement agacé par cet envahissant producteur qui (sacrilège !) lui coupe ses solos, commence à picoler sec (sic) et claque la porte du studio trois fois par jour. Résultat : le guitariste prodige est sous-représenté durant les 35 minutes que dure Destroyer et c’est Dick WAGNER (le guitariste ninja d’Alice COOPER et de Lou REED, membre honorable de la clique de Bob EZRIN) qui joue les monstrueux solos de « Sweet Pain ». Au final, Destroyer se révèle très peu un album de Kiss. Ne prenons que « Great Expectations » dont l’orchestre en guimauve est symptomatique de ce qui se passait alors au sein du Record Plant de New York. « Flaming Youth », « Sweet Pain », « King Of The Night Time World » ou « Do You Love Me » ne sont pas mieux. Même « Shout it Out Loud », pourtant classique immortel du groupe, se révèle véritablement idiote après plusieurs écoutes.

En bref, ceux qui attendaient un vrai album de hard rock successeur d’ Alive ! se sont fait enfler. Destroyer est un album de glam rock, plus proche de Mott The Hoople que des trois premiers albums de Kiss. La preuve, l’album essuiera un mini bide à sa sortie. Seul le lancement de « Detroit Rock City » en troisième single fera décoller les ventes, pas forcément pour la bonne raison. Car c’est bien la mielleuse « Beth » qui retiendra l’attention des radios, le public féminin étant tout particulièrement attiré par les miaulements de Peter CRISS qui assume ici son plus grand succès au sein du groupe… au détriment de son jeu de batterie, basique sur l’intégralité de la galette.

Malgré tout, Destroyer reste un album pas méchant à écouter et dopé par un son d’enfer. De plus, Paul STANLEY ne signe-t-il pas ici deux des nombreux sommets qui émailleront sa carrière ? Car « Detroit Rock City » est bien un titre immortel, du hard carré et impitoyable. De même, le tonitruant « God Of Thunder » (que le Starchild offre gracieusement à Gene SIMMONS) est la première incursion de Kiss dans la cour du heavy, féroce à souhait du fait d’un SIMMONS au plus haut de son art vocal. Même les claviers, pas forcément opportuns sur le reste du disque, apportent une touche symphonique et forcément apocalyptique au titre. Moi-même j’en bave du sang.

Pour nombre de fans, Destroyer inaugure l’âge d’or de Kiss en offrant au groupe son premier « classique ». Mais bien que luxuriant et varié, toujours agréable à écouter en faisant autre chose, l’album ne mérite probablement pas ce titre. Desservi par de trop nombreuses chansons mollassonnes (« Beth »…), on lui préféra le caractère impitoyable de ses successeurs. Et puis si jamais vous l’achetez sans l’écouter, Destroyer possède ce genre de pochette aisément transmutable en toile de maître.

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   TOMTOM

 
   LONG JOHN SILVER
   MARCO STIVELL

 
   (3 chroniques)



- Paul Stanley (guitare rythmique, chant)
- Gene Simmons (basse, chant)
- Peter Criss (batterie, chant)
- Ace Frehley (guitare solo)


1. Detroit Rock City
2. King Of The Night Time World
3. God Of Thunder
4. Great Expectations
5. Flaming Youth
6. Sweet Pain
7. Shout It Out Loud
8. Beth
9. Do You Love Me ?



             



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