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- Membre : Jon & Vangelis, Aphrodite's Child, Irène Papas & Vangelis

VANGELIS - 1492: Conquest Of Paradise (1992)
Par ARP2600 le 23 Mars 2013          Consultée 2482 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Remettons-nous dans le contexte de 1992, une année grandiose ponctuée par deux sessions de Jeux Olympiques (à Albertville et Barcelone) et une exposition universelle (à Séville). On le voit, l'Espagne a été particulièrement à l'honneur et ce n'est pas un hasard étant donné que l'on célébrait également cette année-là les cinq cents ans de l'expédition de Christophe Colomb à Hispaniola, première étape de la conquête d'un nouveau monde, les Amériques, par l'Europe. Bien entendu, le cinéma s'est emparé de cet anniversaire et plusieurs films ont vu le jour sur le sujet. Le plus connu est sans doute celui de Ridley Scott, 1492: Conquest of Paradise, avec notamment Gérard Depardieu et Sigourney Weaver dans les rôles de Colomb et de la reine Isabelle la catholique.

Si ce film bénéficie du sens de la photographie de Scott, il n'est en général pas considéré comme une de ses œuvres majeures, les critiques le considérant même comme médiocre. Il est vrai qu'il est peut-être un peu trop basé sur l'idée d'un Christophe Colomb visionnaire mais naïf, un peu dépassé par la tournure des évènements. On peut également dire que le film a été un flop au box-office. Pourtant, il y a au moins une chose qui fait qu'on s'en souvient, et c'est bien évidemment l'exceptionnelle bande originale de Vangelis qui a connu, mais curieusement seulement trois ans plus tard, un succès très important à travers l'Europe entière, le thème principal «Conquest of Paradise» étant un des morceaux les plus célèbres du compositeur.

Il faut dire que celui-ci en jette pas mal. Il est impressionnant, il est grandiloquent... à la fois d'un goût critiquable et d'une efficacité irrésistible, à plus forte raison encore que les autres tubes de Vangelis. Si on est en droit d'être agacé par une telle scie qu'on a peut-être un peu trop entendu, ce morceau ne peut être objectivement dénigré. Il est simplement dommage qu'on ait tendance à s'y arrêter alors que la suite de l'album propose, avec la même qualité d'arrangement sonore, un ensemble de morceaux plus beaux et plus subtils les uns que les autres. A noter aussi une grande qualité de cette B.O. par rapport à certaines des précédentes : on ne retrouve une évocation de ce thème que dans un seul autre morceau, «Twenty eighth parallel», les autres compositions étant bien distinctes et variées bien que dans un contexte général médiéval-Renaissance/ethnique.

Ce qui nous amène au style de ce disque. On aura forcément tendance à classer ceci en new age, éventuellement en «néo-classique». La comparaison avec Dead can dance est par exemple possible bien que vague, mais on peut également penser à des projets comme Enigma ou Era vu l'intégration de chant sacré ancien à une musique électronique. Il ne faut cependant pas perdre de vue que cette musique est censée dépeindre l'époque de Christophe Colomb et n'est donc qu'une option passagère pour Vangelis, aucunement en rapport avec une quelconque idée philosophique. D'autre part, les points communs avec Mask, sa grande œuvre vocale de 1985, sont nombreux, ce qui est logique vu que celui-ci semblait déjà s'attaquer au choc des civilisations au 16e siècle. 1492 est toutefois un peu plus abordable car conçu pour le cinéma, la musique étant plus ambiante et moins progressive, plus basée sur les sonorités que sur le rythme et l'harmonie.

Quelques mots sur la structure de l'album, qui suit la trame du film. Les huit premiers morceaux sont assez courts et dépeignent la partie espagnole puis le voyage. Parmi ceux-ci, signalons le sublime «Monastery of La Rabida», exemple parmi d'autres de l'aboutissement de la tendance initiée avec Direct et illustrée par The City, ou encore le chœur très baroque - ce qui est à vrai dire anachronique - «Light and Shadow». Les quatre derniers morceaux, plus longs, durent en fait plus de la moitié du disque. «Hispanola» et «Moxica and the Horse» se rapportent bien sûr au contact avec l'île et sa population et sont les plus ethniques du lot. «Hispanola» est tout simplement un des meilleurs morceaux de Vangelis, ce qui n'est pas peu dire. Le final, «Pinta, Nina, Santa Maria», semble être un générique de treize minutes, ce qui pourrait être un peu excessif, mais l'ambiance délicate et mélancolique, semblable à celle de «Procession» sur The City, suffit à justifier cette durée.

Il faut se rendre à l'évidence, le succès commercial est parfois mérité. «1492: Conquest of Paradise» est un des travaux les plus séduisants de Vangelis et il est bon de savoir que plusieurs millions d'européens connaissent cet exemple pur de grâce musicale. Cet album est également son dernier chef-d’œuvre. Si la bande originale de Bladerunner parue en 94 est encore une étape essentielle de sa discographie, ses dernières publications ont proposé une new age de plus en plus poussive, conventionnelle et peu inspirée qu'il est difficile de totalement prendre au sérieux.

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- Vangelis (instruments électroniques, production)
- Bruno Manjarres (guitare espagnole, chant)
- Pepe Martinez (guitare espagnole, chant)
- Francis Darizcuren (mandoline, violon)
- Didier Malherbe (flûtes)
- Guy Protheroe (chant, direction de l'english chamber choir)


1. Opening
2. Conquest Of Paradise
3. Monastery Of La Rabida
4. City Of Isabel
5. Light And Shadow
6. Deliverance
7. West Across The Ocean Sea
8. Eternity
9. Hispanola
10. Moxica And The Horse
11. Twenty Eighth Parallel
12. Pinta, Nina, Santa Maria (into Eternity)



             



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