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LAIBACH - Laibachkunstderfuge (2008)
Par JOVIAL le 28 Octobre 2013          Consultée 1073 fois

LAIBACH est mort. Une nouvelle ère s'ouvre. Encore une, oui.

Dejan Knec, principal compositeur du groupe, était déjà parti en 2003, mais l'on s'était rassuré avec l'audacieux mais très réussi Volk quelques trois années plus tard. Reprises d'hymnes nationaux, esthétique épurée, presque trop, et passage à une musique électronique essentiellement… électronique, Volk écartait ainsi les dernières références à l'indus des débuts que WAT pouvait encore contenir. Seuls subsistaient le chant rauque de Milan Fras, reconnaissable entre mille, et un goût toujours immodéré pour la provoc' politique de haut niveau. Ce virage est définitivement achevé avec Laibachkunstderfuge, pure œuvre de musique électronique, qui voit pour la première fois depuis vingt-trois ans un LAIBACH sans Milan Fras. Sans Milan Fras… QUOI ?

Non, on se rassure, le moustachu n'a pas jeté l'éponge, mais ne participe tout simplement pas à ce projet essentiellement instrumental. D'ailleurs aucun autre musicien de la formation slovène n'y « participe » réellement non plus puisque Laibachkunstderfuge a uniquement été (re)composé par ordinateur. Première déception. Pourtant dans l'idée, reprendre l'Art de la Fugue (« Die Kunst der Fuge ») d'un certain Johann Sebastian Bach, compositeur allemand du XVIIIème siècle que sans aucun doute personne ne connaît dans la salle, ça avait quand même une sacrée gueule. Le projet fut d'ailleurs présenté lors de la Bachfest de Leipzig en 2006, accompagné d'une représentation visuelle des plus abstraites mais aussi de quelques musiciens, complétant l'ordinateur, maître absolu ici. Le parallèle que LAIBACH a voulu faire saute aux yeux : de l'écriture contrapuntique, d'une musique mathématique, développée par Bach, on passe à une écriture informatique, à une musique algorythmique, automatique, électronique, prouvant par là que Bach et LAIBACH ont plus qu'une simple syllabe en commun. Hein, ça a de la gueule ?

Oui mais en fait Laibachkunstderfuge, en plus d'être dur à lire, est chiant à mourir. C'est loooooooooooong bordel, mais looooooooooooooooooooong. Tiens je rajouterais même encore une bonne centaine de « o » pour que vous me compreniez bien, mais évidemment ça ne ferait pas sérieux. D'accord, une œuvre de Bach, voire de classique en général, descend rarement en dessous de la demi-heure, mais celle-ci aurait été juste parfaite pour cette réorchestration. Et puis l'Art de la Fugue, la vraie, n'a pas été jouée par un ordinateur, mais par des instruments en bois, en cuivre, en cordes, avec des musiciens au bout, en chair, en os, en souffle. Cette musique, aussi triste ou froide qu'elle puisse être ou ressentie comme tel, est organique, elle vit, elle transporte. C'est tout sauf le cas avec ce quatorzième album de LAIBACH : c'est sans âme, mou, vide, sans émotion, ni joie, ni terreur, ni dégoût, ni volonté de s'y laisser aller, on ne voyage pas, on a envie que ça se finisse, la quasi-totalité du disque s'écoute comme une musique d'ambiance de luxe. Seuls « Contrapunctus 1 » et « Contrapunctus 2 » méritent que l'on s'y attarde car dès la troisième piste, on bascule dans le néant le plus total. Laibachkunstderfuge a été créé par un robot, pour des robots.

Certes, LAIBACH utilise depuis longtemps de nombreuses techniques de collage, de mixage ou autres séquenceurs, art dans lequel il excelle d'ailleurs, mais en aucun cas n'a délégué tout le boulot à un simple programme. « Il est aisé de jouer d'un instrument : tout ce que vous avez à faire c'est de toucher la bonne « clé » au bon moment et l'instrument le jouera tout seul » disait Bach. « Il est aisé de jouer Bach : tout ce que vous avez à faire est d'ouvrir le bon programme sur le bon ordinateur et Bach jouera tout seul »  renchérit aujourd'hui LAIBACH. On apprécie la blague, mais on s'en serait passé.

Et puis quoi : plus de Milan Fras, plus de chant, plus de violence, bonjour les petites flûtes électro, vous déconnez les gars ? Où sont les « Die Liebe », « Leben-Tod » ? Les « Hymn to the Black Sun », « Anti-semitism » ? Ma remarque est sans doute purement personnelle, je n'ai rien contre la musique assistée par ordinateur, j'en ingurgite goulûment toutes les semaines lorsque c'est bien fait, mais là... c'est LAIBACH bon sang !

Nouveau naufrage, rien à sauver.

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1. Contrapunctus 1
2. Contrapunctus 2
3. Contrapunctus 3
4. Contrapunctus 4
5. Contrapunctus 5
6. Contrapunctus 6
7. Contrapunctus 7
8. Contrapunctus 8
9. Contrapunctus 9
10. Contrapunctus 10
11. Contrapunctus 11
12. Contrapunctus 12
13. Contrapunctus 13
14. Contrapunctus 15



             



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