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Klaus SCHULZE - Mirage (1977)
Par ARP2600 le 13 Octobre 2012          Consultée 2779 fois

Partons une fois de plus en voyage avec notre ami Klaus Schulze, maître des longues plages ambiantes et répétitives aux sons fabuleux. Avec Mirage, en 1977, le musicien allemand atteint certainement son optimum. Sous-titré «Un paysage d'hiver électronique» et dédié à son frère décédé très peu auparavant, cet album très uni nous propose en effet deux morceaux de près d'une demi-heure chacun remplis de nappes veloutées et de sons cristallins se répétant à l'infini en des mélodies mystérieuses et glacées.

Les noms des plages sont tout aussi adaptés que le sous-titre de l'album : «Velvet Voyage» et «Crystal Lake», le programme est des plus clairs. Notons que les deux morceaux sont constitués de six parties aux titres plus étranges. Cependant, il n'y a aucune séparation physique, ni sur vinyle ni sur cd, il est d'ailleurs difficile de savoir exactement à quel moment ont lieu les transitions. Sur «Velvet Voyage», on trouve par exemple un «1984», référence évidente à Orwell, ainsi que «Destination Void», titre d'une séries de romans de Frank Herbert, l'auteur de Dune, un des écrivains favoris de Schulze. Il lui consacrera d'ailleurs également une des biographies de 'X.' ainsi que l'album Dune. Sur Crystal Lake, les titres sont plus descriptifs des sons et de l'ambiance (Xylotones, Chromewaves, Springdance,...).

La qualité du son est exceptionnelle, bien sûr. L'utilisation de l'ensemble de synthés modulaires comme l'ARP2600, le Synthi A et le grand Moog par un vrai expert permet d'égaler sans problème la performance de «Floating» sur Moondawn, cette fois pendant un album entier. Notons qu'il y a encore ici des orgues Farfisa, comme en atteste la liste complète des instruments et appareils utilisés que Schulze a obligeamment fournie sur la pochette. Ces orgues sont discrets et appropriés, bien plus que dans «Mindphaser» ou sur ses premiers disques, ce qui dénote vraiment qu'il était bel et bien arrivé au sommet de sa recherche sonore sur ce Mirage.

Tout est-il cependant si parfait ici ? Oui et non, seule une question de préférences personnelles entre en ligne de compte. Les errements mélodiques ne sont pas très variés, on peut parfois se lasser d'entendre les mêmes phrases du type «do - re b – fa – re b – do», aux allures mystérieuses un peu orientales. Enfin, rien de bien condamnable, loin s'en faut. C'est le principe de cette musique d'être répétitive, elle n'est pas non plus censée être écoutée comme du rock ou de la musique de danse. Ceci est plus introspectif, c'est certain. Il faut y ajouter un côté moins rythmique que sur les albums précédents, Schulze ayant voulu travailler ici uniquement avec des superpositions de nappes. Et en effet, on ne retrouve pas sur Mirage le batteur Grosskopf qui sera de retour sur 'X.' Notons qu'à la même époque sont sortis deux autres disques, les Body Love, qui constituent la bande originale d'un film érotique. La musique n'y est pas vulgaire du tout, mais d'un niveau moindre que sur les grands albums studio. Il y emploie le même genre de mélodies qui y sont nettement plus ennuyeuses.

Donnons quelques petits détails sur les deux parties. Après un long début fort inquiétant, qui peut s'apparenter aux passages déstructurés proposés régulièrement par leurs collègues berlinois de Tangerine Dream, l'habituel séquençage commence. «Velvet Voyage» est le plus rapide des deux morceaux, on y trouve effectivement plusieurs couches séquencées, dont la plus notable est la cloche aiguë, entre lesquelles vient s'intercaler cette mélodie errante. Par un jeu d'influence et de contre-influence, on peut remarquer une certaine similitude entre cette mélodie (y compris le son sur lequel elle est jouée) et certains passages d'Oxygène de Jean Michel Jarre, paru quelque temps auparavant. Si ce voyage mélancolique n'atteint pas l'intensité impressionnante de «Floating», il reste sans aucun doute un des plus beaux moments de la carrière de KS.

Quant à «Crystal Lake», dire qu'il est bien nommé est faible. Les premières minutes sont emplies par des sons aigus et résonnants très perçants. Le caractère répétitif les rend à vrai dire difficiles à supporter pendant bien longtemps. Fort heureusement, ils sont vite accompagnés par des voix plus graves. Le tempo est donc nettement plus lent ici, mais quand même d'une dynamique très hypnotique. Après quatorze minutes, un passage non séquencé commence, toujours triste mais nettement moins effrayant que le début de l'album. Les nappes y sont délicates et statiques. Les cinq dernières minutes reviennent au tempo de «Crystal Lake», pour donner un final plus enlevé où on retrouve également un petit décalage de la stéréo comme sur «Floating».

De part sa qualité et sa cohérence de bout en bout, Mirage s'impose donc comme le chef d’œuvre de Klaus Schulze, au vrai sens du terme. Étant donné que ce musicien n'a rien produit de facile, la beauté évidente de Mirage en fait également une bonne porte d'entrée. Il serait bien entendu dommage de se contenter de celui-ci, d'autant que l'ambiance est beaucoup plus mélancolique qu'à son habitude. Il lui restait encore à s'attaquer à son projet le plus ambitieux, un double album pour fêter sa dixième publication, simplement nommé 'X.' et qui complète sa grande tétralogie.

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- Klaus Schulze (instruments électroniques)


1. Velvet Voyage
2. Crystal Lake



             



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