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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  REMIX

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Nobuo UEMATSU - Final Symphony - Music From Final Fantasy Vi, Vii And X (2015)
Par CHIPSTOUILLE le 14 Juillet 2016          Consultée 955 fois

On ne sait trop comment ranger ni noter Final Symphony. L’art se contrefout du catalogage. Il est là pour briser les barrières et provoquer l’étonnement. On a donc opté une fois de plus pour associer l’album à Nobuo UEMATSU, bien qu’encore une fois, sur un bon quart de l’album, Masashi HAMAUZU reste le principal maître d’œuvre. On le classe en remix, comme nous l’avons toujours fait pour les réorchestrations. Le travail est cependant tel, avec profusion de nouveau matériel, à l’image de ce que l’on pouvait trouver sur la bande originale de FFVII Advent Children, que parler de simple réorchestration ne nous paraît pas tout à fait juste. Enfin la note, le 3 du compromis, de la non décision, du « faites-vous votre propre idée », encore moins satisfaisante, tant on est aussi prompt à parler de génie que de superfétatoire ici.

Final Symphony avant d’être un album, comme bon nombre de productions du genre, a d’abord été une série de concerts. Parallèlement aux travaux d’Arnie Roth et Nobuo UEMATSU, d’autres arrangeurs ont en effet émergé du concert 20020220 – Music from Final Fantasy. C’est le cas de Jonne Valtonen, Thomas Böcker, Roger Wanamo et Benyamin Nuss, quatre personnalités que l’on retrouve sur cet album. De leurs diverses collaborations sont entre autres nés les albums Symphonic Fantasies, Symphonic Odysseys ou Benyamin Nuss plays Uematsu.

L’histoire remonte à 2009 et au projet Symphonic Fantasies qui proposait plusieurs medleys plus ou moins réussis, chacun centré sur une série de jeux. Parmi les suites, celle de Secret Of mana allait un peu plus loin dans la démarche en tentant de mélanger les thèmes entre eux plutôt que de simplement les enchaîner. C’est là que Nobuo UEMATSU sentit qu’une opportunité avait été manquée concernant la suite Final Fantasy. D’où la demande faite à Thomas Böcker, producteur des concerts, d’aller plus loin dans la démarche. Ainsi naquit Final Symphony.

Ce nouveau projet, d’abord une suite de concerts, finalement produit sous forme d’album studio par le London Symphonic Orchestra, regroupe donc principalement trois longs arrangements, chacun centré sur un jeu de la série Final Fantasy. Un poème symphonique pour Final Fantasy VI arrangé par Roger Wanamo, un concerto pour piano arrangé par le compositeur Masashi HAMAUZU pour FFX, et enfin une symphonie en trois mouvements arrangée par Jonne Valtonen pour le septième épisode. Si l’intention était louable, le choix des types d’œuvres d’une logique imparable, le résultat est aussi disparate que le nombre d’intervenants le suggère.

Commençons par le concerto pour piano, interprété par Benyamin Nuss. Tout comme UEMATSU, HAMAUZU a de nombreuses influences, mais différentes. Si UEMATSU trouve ses racines chez les compositeurs russes ou italiens du XIXe, dans la musique celtique ou folklorique, HAMAUZU trouve les siennes dans la musique ambiante, le Jazz, chez RAVEL ou DEBUSSY. Un cocktail qui dépareille totalement ici. Au travers des thèmes de FFX, l’ambition d’HAMAUZU était pourtant de trouver un écho dans le reste de la série. Un exercice complexe, dont on pense déceler les soubresauts dans le premier mouvement, lorsque certaines nappes de corde rappellent étrangement le "Listen to the cries of the planet" de FFVII. Si la volonté de dépasser le simple exercice du Medley se ressent bien, le défaut propre à l’exercice demeure intact. Les thèmes se multiplient, se mélangent au lieu de s’enchaîner, se confondent comme les racines multiples d’un vieil arbre, sans jamais qu’on n’en aperçoive la cime.

Du côté de Final Fantasy VII, Jonne Valtonen semble, en comparaison, avoir trouvé une direction. Dixit l’arrangeur, le but était ici de renouer avec l’ambiance romantique et désabusée de Final Fantasy VII, sans tomber dans le travers de se focaliser sur les thèmes de combats. Exercice partiellement réussi. Valtonen a des ambitions contemporaines que UEMATSU n’a jamais réellement pratiquées. En résulte ce monstre difforme, à la manière des arrangements pour piano de Shirou Satou, qui au milieu des thèmes oniriques de UEMATSU se la joue scène de meurtre dans Psychose. Au lieu de s’évader, on stresse sous les coups de couteaux inattendus.

Mais il nous reste le poème symphonique de Final Fantasy VI. Aux dires de Roger Wanamo, il s’agit de son travail le plus complexe, le plus éprouvant aussi, mais pour quel résultat ! Ce n’est pas que lié à la qualité du matériel de base, Wanamo transcende l’œuvre de UEMATSU, en opèrant des associations que l’on n’aurait jamais imaginées. C’est le thème de Terra (apparenté à celui de l’ouverture) qui servira ici de fil conducteur, refaisant régulièrement son apparition, plus ou moins marquée, à plusieurs reprises. D’abord marié, contraint et forcé, au sombre thème de l’Empire, on le retrouve notamment en toute fin, dans la lumière de son final. Des passages folkloriques russes du thème de Kefka à l’enchaînement magique des thèmes les plus véloces du jeu, Wanamo contrairement à ses collègues évite de s’éparpiller en concentrant son œuvre sur quelques thèmes clés, qu’il travaille et retravaille, jusqu’à nous émerveiller.

Restent les ouvertures et autres épisodes plus courts que propose cet album bigarré. Se concentrant également sur des thèmes, ils évitent les travers des œuvres consacrées à Final Fantasy X et VII. Ecrasés sous la masse des trois œuvres majeures de l’album, on les oublie cependant vite. Fort de ses nombreuses têtes pensantes, l’album se voulait être une hydre majestueuse. Faute de cohésion, le monstre obtenu tient plus de la chimère, avec malgré tout ce Lion magnifique en guise de tête principale.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- London Symphonic Orchestra
- Eckehard Stier (direction)
- Katharina Treutler (piano)
- Thomas Böcker (direction concerts, production)
- Jonne Valtonen (arr. 7,8,9 & 10, compo 1)
- Roger Wanamo (arr. 2 & 11)
- Benyamin Nuss (piano concerts)
- Masashi Hamauzu (arr. et compo 3, 4 & 5)
- Nobuo Uematsu (compo 2 à 11)


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