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1970 Diana Ross
1980 Diana

Diana ROSS - Diana (1980)
Par DERWIJES le 29 Novembre 2018          Consultée 323 fois

En 1980, Diana ROSS a déjà neuf albums solo derrière elle, en plus de sa carrière chez les SUPREMES, d’une pléthore de singles et de quelques rôles plus ou moins applaudis : des applaudissements pour son interprétation de Billie HOLIDAY et des tomates pour son rôle dans l’adaptation de la comédie de Broadway réadaptée du Magicien d’Oz The Wiz, adaptation réputée désastreuse avec Michael JACKSON dans le rôle de l’épouvantail pour un film dont l’insuccès aurait été l’une des causes de la fin de la Blackxpoitation.

Toujours signée chez Motown, elle bénéficie toujours de l’engouement du public même si elle se sent à l’étroit dans la soul que lui fait jouer la compagnie. Le déclic viendra lorsqu’elle accompagnera ses filles à un concert de CHIC : son salut viendra de Niles RODGERS ou ne viendra pas. Après avoir assisté à quelques concerts du guitariste à la célèbre boîte disco Club 54, elle l’approche pour lui demander de préparer son dixième album solo avec elle. Il accepte et s’accompagne de son acolyte Bernard EDWARDS –bassiste de CHIC- pour ce qui est alors leur première collaboration avec une star de cette envergure, trois ans avant David BOWIE et Let’s Dance. Ils passent du temps à discuter avec la chanteuse pour savoir ce qu’elle veut, ses attentes…

C’est de ces discussions que naîtront spontanément la plupart des chansons de l’album, à l’exception de "My Old Piano" issue d’une session d’écriture et de "I’m Coming Out", inspirée de drag-queens déguisée en Diana Ross que rencontra Niles Rodgers au Club 54. L’enregistrement se passe plutôt vite, mais Ross n’est pas satisfaite avec les premières ébauches de l’album. Le tout sonne trop disco et dans un contexte ou le genre est en crise –après la Disco Demolition Night-, sortir l’album tel quel serait un suicide artistique. Vite, elle retourne en studio pour le remixer, enlevant des passages instrumentaux, accélérant le tempo des morceaux, replaçant sa voix au-dessus des instruments… Le tout sans prévenir Rodgers et Edwards, qui ne parviendront pas à empêcher la Motown de publier l’album dans cette nouvelle version plus commerciale.

Pour la promotion de l’album, Diana Ross parvint à accomplir un véritable tour de force : plutôt que de laisser la Motown sélectionner quelques singles, elle les persuade de distribuer l’album dans son intégralité aux disc-jokeys ceux-ci pouvant alors jouer les morceaux qu’ils souhaitaient comme ils le souhaitaient. C’était alors une première pour Motown de procéder ainsi et un exploit que de parvenir à changer leurs habitudes, mais le pari réussi et bientôt l’album caracola en tête des ventes, accompagné de "Upside Down" qui devint bientôt son single officiel au vu de son succès.

Au-delà de la musique, une partie de l’attrait de ce disque provient de sa pochette. La photo a été prise par le photographe Francesco Scavullo, portraitiste de nombreuses rock-stars comprenant entre autres STING, Mick JAGGER, Janis JOPLIN…la simplicité et la beauté de cette photographie renvoyant par certains égards à celle illustrant son premier album solo de 1970 l’ont rendue iconique.

Une fois le regard se détache de cette pose lascive, la fête commence pour les oreilles. C’est bien d’une fête qu’il s’agit, une invitation à danser étalée sur 8 morceaux bataillant dur pour enflammer le dancefloor. A l’exception de "Friend to Friend", jolie ballade délicate perdue au milieu de ce groove mais qui calme le jeu. Couplez-la avec le mid-tempo "Now That You’re Gone", et vous avez la recette du slow parfait. Une seule écoute de "Upside Down" suffit à convaincre que ce morceau mérite amplement son succès : tout y calibré à la note près pour frapper là où ça fait du bien et cartonner. De la basse sautillante au refrain à reprendre en chœur à tue-tête, c’est du grand art, et "Have Fun (Again)" confirme que Niles Rodgers est un dieu du hit-making, celui capable de trousser succès sur succès d’affilé sans se fatiguer.

Aujourd’hui encore l’album a bien vieilli, alors que c’est un pur produit de son temps. Qui se souvient encore de Meco, le joueur de trombone sur "I’m Coming Out", et qui avait eu un gros succès en remixant le thème de Star Wars façon disco ? C’est d’ailleurs grâce à Star Wars que Rodgers l’embaucha, sur la promesse de produire son album reprenant la B.O. de l’Empire Contre-Attaque en échange d’un solo de trombone sur la chanson. Il n’en fallait pas plus pour convaincre Meco qui craignait qu’un solo de trombone soit moqué. L’Histoire lui a prouvé tort, et, manque de chance, les problèmes judiciaires de Rodgers avec la Motown à la sortie de Diana firent qu’il ne produit jamais l’album de Meco…

Reste sa participation à l’hymne universelle de l’acceptance de soi logiquement reprise par la communauté LGBT qui n’en demandait pas plus à leur idole. Reste aussi "My Old Piano", ma chanson préférée du disque et qui connut plus de succès au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis. Si le piano en question est proéminent dans les paroles il se fait plus discret dans les orchestrations, laissant la place à la basse de Bernard Edwards qui s’y taille la part du lion pendant que le chant habité de Diana Ross s’incruste dans la tête de l’auditeur pour un moment (la rédaction de FP n’offre aucune excuse si vous avez le refrain de la chanson en tête au moment où vous lisez ces lignes).

Diana, c’est l’album ultime de CHIC. Et de Diana ROSS. Le genre de mélange parfait qui n’attendait que d’arriver, un "match made in heaven", comme disent les anglophones. La preuve, 40 ans après, on y danse encore comme s’il venait de sortir hier.

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   DERWIJES

 
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- Diana Ross (chant)
- Nile Rodgers (guitare)
- Bernard Edwards (basse)
- Meco Monardo (trombone)
- Tony Thompson (batterie)
- The Chic Strings (cordes)
- Alfa Anderson; Fonzi Thornton; Luci Mart (choeurs)
- Eddie Daniels (saxophone)
- Bob Miliken (trompette)
- Andy Barrett (piano)
- Raymond Jones (synthétiseur)
- Gene Orloff (conducteur)


1. Upside Down
2. Tenderness
3. Friend To Friend
4. I'm Coming Out
5. Have Fun (again)
6. My Old Piano
7. Now That You're Gone
8. Give Up



             



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