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Charles MINGUS - East Coasting (1957)
Par DERWIJES le 5 Octobre 2020          Consultée 286 fois

Comme ça la pochette ne donne pas vraiment envie. Cette photographie d’un Charles MINGUS se tenant sur une jetée semble porter en elle toute la grisaille new-yorkaise, et le musicien y apparaît englouti par elle. Et pour cause, il est né sous le soleil de Los Angeles et a dû, déménager à la Grosse Pomme, la Mecque du Jazz, pour pouvoir y mener une carrière digne de ce nom. Passer de L.A. à N.Y. est un mini-choc, comme de passer de Marseille à Paris (voilà qui m’assurera une bonne rouste dans les commentaires). Et nul doute qu’il n’a certainement pas dû apprécier de voir que la maison de disque l’avait renommé Charlie MINGUS, lui qui détestait ce prénom.

Tout ça pour dire que MINGUS devait avoir le cafard au moment d’entrer en studio. On le savait bipolaire et prompt à basculer facilement dans les humeurs les plus extrêmes, mais pour le coup il ne nous sert qu’une soupe peu goûteuse. Il a pris une bonne équipe : Bill EVANS au piano, Clarence Shaw à la trompette, Jimmy Knepper au trombone, Shafi Hadi au saxophone et Dannie Richmond, ce bon vieux Dannie, à la batterie. Bill Evans et Charles Mingus, une rencontre improbable qui est dû à leur producteur Creed TAYLOR qui les avait fait rencontrer. D'ailleurs à l’époque Taylor était à la tête de la maison de disque Bethlehem Records, surtout connue pour avoir sortie le premier album de Nina SIMONE (dont vous pourrez tout savoir grâce à mon collègue Aigle Blanc sur sa chronique), avant de mettre la clé sous la porte en 1962.

Mais revenons à la musique : que des inédits avec une seule reprise, celle du "Memories of You" de Eubie BLAKE et Andy RAZAF. C’est une jolie reprise où il nous montre son visage de grand romantique. La présence du piano de Bill Evans y est pour beaucoup aussi, et il faut bien dire qu’il constitue l’intérêt majeur de ce disque. En contrepoint "East Coasting" bascule dans la folie bop où ça se met à bouger dans tous les sens. Plutôt sympathique, mais dans le même genre "Conversation" fait encore mieux en appliquant le principe des DAFT PUNK "Harder better faster stronger". Tout simplement.

La pièce maîtresse est "West Coast Ghost". C’est le morceau "cinématique" de l’album, celui où il essaie de décrire une scène avec. Ce coup-ci nous sommes dans sa peau de californien déraciné du soleil au milieu des pots d’échappements new-yorkais. Il promène son sentiment d’aliénation sous un bras et nous sous l’autre. C’est bien gentil de s’apitoyer comme ça sur soi-même, mais ça va bien cinq minutes. Alors dix…C’est celui qui se rapproche le plus de ce que feront plus Gil EVANS et Miles DAVIS quand ils inventeront le Third Stream pour rapprocher le jazz et le cinéma avec ses ambiances longuement distillées, loin de la folie furieuse de Tijuana Moods, par exemple.

East Coasting présente le même problème que The Clown. Vous avez un morceau long qui vaut bien l’écoute du disque, mais le reste ne tient pas la mesure sans être mauvais. En soi il mériterait la moyenne, un 3/5. C’est une note gentille qui ne punit pas mais ne récompense pas non plus.

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   DERWIJES

 
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- Charles Mingus (contrebasse)
- Shafi Hadi (saxophone)
- Bill Evans (piano)
- Immy Knepper (trombone)
- Clarence Shaw (trompette)
- Dannie Richmond (batterie)


1. Memories Of You
2. East Coasting
3. West Coast Ghost
4. Celia
5. Conversation
6. Fifty-first Street Blues



             



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