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Charles MINGUS - Three Or Four Shades Of Blue (1977)
Par DERWIJES le 26 Janvier 2021          Consultée 374 fois

Trois ou quatre nuances de bleus. Album de Charles MINGUS enregistré en 1977 au Studio Atlantic à New-York. Passé complètement inaperçu lors de sa sortie malgré l’avis élogieux du célèbre critique Robert CHRISTGAU qui le proclame "meilleur album de be-bop de l’année", même s’il faut bien avouer qu’en 1977 le genre n’a plus la même popularité qu’en 1967 et qu’on ne bouscule plus au portillon pour en jouer.
La fin de carrière de Mingus est très largement méconnue, pour la bonne raison qu’elle est en très en deçà du reste. Après un sursaut avec Let My Children Hear Music, son encéphalogramme créatif va devenir une longue ligne plate. Les tentatives tièdes pour le relancer n’aboutiront pas, ce disque méritant bien l’appellatif de tiède puisqu'il a la température d’un plat réchauffé au micro-ondes, ce qu’il est, d’un point de vue musical.

L’album est construit autour d’un gimmick : la guitare électrique. Un instrument largement absent de chez Mingus qui veut rattraper son retard en construisant tout un album autour d’elle, et tant pis si les morceaux choisis ne sont que des reprises de ses propres standards. Cette pratique de s’auto-reprendre est courante dans le jazz, certes, et il y a bien des albums du style "Machin reprend PINK FLOYD au triangle" qui sont intéressants, mais ici ça paraît tellement… Facile. Paresseux, même, un adjectif que l’on ne penserait pas pouvoir un jour appliquer à un bourreau de travail comme Mingus. Difficile aussi de ne pas se dire qu’il arrive après la bataille, en '77 la guitare électrique fait partie du paysage dans le jazz, on est déjà loin de l’époque, à peine une décennie avant, où elle était relativement rare dans le genre.

Il a pourtant bien fait les choses en recrutant John SCOFIELD et Larry CORYELL. On ne peut jamais se tromper en les embauchant, même si juste pour leur demander de grattouiller gentiment en arrière-plan. Parce que par contre on peut se tromper en sous-utilisant la guitare électrique, qui fait plus office de gadget que d’autre chose. Elle est là, on l’entend, mais clairement pas assez pour justifier sa présence. Les énièmes reprises de "Better Git Hit In Your Soul" et "Goodbye Pork Pie Hat" sont des copier-coller de l’originale. Foutage de gueule ? Non, c’est là que ça pique : Mingus est impliqué dans ce qu’il fait. Les trois compositions inédites qu’il propose sont recherchées. Elles ne font pas toujours mouche, sont un peu longues (toutes plus de dix minutes), mais on bien qu’il y a un effort de fait pour écrire quelque chose d’intéressant. De toute manière il n’y a jamais rien de totalement raté chez Mingus, on y trouvera toujours quelque chose à retenir. Ici, c’est le morceau titre dont on se souviendra pour sa montée en puissance dans sa seconde moitié, malgré un dénouement bâclé.

Il faut bien avoir des disques anodins pour faire ressortir les chefs-d’œuvre, et c’est la place désagréable qu’occupe Three or Four Shades of Blue. Pas nécessairement mauvais en soi mais il applique mal ses idées.

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1. Better Git It In Your Soul
2. Goodbye Pork Pie Hat
3. Noddin Ya Head Blues
4. Three Or Four Shades Of Blues
5. Nobody Knows



             



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