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Claude FRANÇOIS - J'attendrai (1966)
Par MARCO STIVELL le 15 Septembre 2022          Consultée 959 fois

Pour certaines carrières, et cela concerne notre Claude FRANÇOIS, la qualité ne suit pas forcément la présence de tubes. On l'a remarqué jusque-là avec son troisième album qui est le meilleur alors qu'il ne propose aucun grand succès en chanson. Ce quatrième album, celui du fameux "J'attendrai", ne déroge pas à la règle, mais dans l'autre sens à nouveau, du coup.

En porte-étendard, symbole d'un Cloclo pleinement ancrée dans la pop-soul de calibre Motown, il y a donc ce tube millésimé 66, adaptation du "Reach Out (I'll Be There)" écrit par le trio midassien Holland-Dozier-Holland et immortalisé par les FOUR TOPS. Le chanteur blond aime bien les groupes dont le nom est Quatre Quelque-Chose, il nous le refera savoir dix ans plus tard ! Difficile de le brimer pour de tels choix, tant les chansons demeurent bonnes.

La reprise en revanche, c'est une autre histoire. On peut comprendre que le succès de l'artiste fasse une bonne part de ce qui anime un tel moment dans la pop française yéyé. Les paroles, toutefois, sans comparer avec la version d'origine, sont maladroites en dehors du refrain. Vline Buggy et ont fait mieux. Lui-même sonne un peu à côté du point de vue vocal, et l'enregistrement laisse à désirer. Bref, ça marque les esprits, mais question réussite artistique, il y a encore une marge nette.

La suite n'est pas franchement meilleure, même dans les compositions spécialement réservées à ce disque. "Mais Combien de Temps", co-signée Buggy/Cloclo, offre un slow ritournelle baroque par la présence du clavecin, et le chanteur joue la carte sensible quand, partout ailleurs ou presque, il est question de ruptures, de regrets. "Miss Felicity Gray" nous ramène dans l'Angleterre traditionnelle des cottages sur fond de cordes crème et de flûtes à bec, moins bien tout de même que ce que faisait "Geordie" quelques mois plus tôt.

Le problème de cet album est qu'il est trop léger d'un côté, porté par le chant vibrato (le doubler n'y change rien), trop lourd de l'autre, celui de l'orchestre ; Christian Chevallier et Les Reed se partagent un peu plus le travail. Ce dernier d'ailleurs voit son travail mis en valeur dans sa composition "Gone From My Mind" pour le groupe anglais The FORTUNES, ici devenue "Chacun à Son Tour". C'est Les Reed qui, s'échappant un peu de la soul, défend le mieux l'autre style en vogue, à savoir la folk/folk-rock.

Rien de très convaincant toutefois ; il va de soi que malgré sa fougue légendaire, Claude FRANÇOIS n'atteint guère le niveau des originales. "Amoureux du Monde Entier", autrement dit "Lovers of the World Unite" par DAVID & JONATHAN (rien à voir bien sûr avec ceux de "Qu'est-Ce Que Tu Fais Pour les Vacances") marque le début de l'ère hippie avec quelques sonorités exotiques. "C'est Moi... C'est Moi" est une adaptation bien trop facile de "Ring, Ring, I've Got to Sing", tube du chanteur folk belge-anversois Ferre GRIGNARD, sans hargne.

Sur la face B, il y a des emprunts à l'artiste country Buck OWENS & The BUCKAROOS. "I've Got a Tiger by the Tail" devient "Je Tiens un Tigre Par la Queue", idiot au possible mais où, au moins et de façon intéressante (partie de batterie à l'appui), Cloclo adopte une posture plus proche de Ray CHARLES, ami du chanteur américain et qui a lui aussi repris "Cryin' Time", ici proposée en "Temps des Pleurs", ballade non revolutionnaire. À nouveau, le principal intéressé se fait chanteur populaire avec d'autres thèmes que l'amour sur "J'Travaille à l'Usine", séducteur quand même et un peu différent, sans reluire davantage.

Il faut attendre "Les Petites Choses", emprunté aux HERMAN'S HERMITS ("A Must to Avoid") pour que tous les éléments légers du disque, propres au chanteur de façon générale, se rejoignent d'une bonne façon, avec des guitares à l'avenant. Sauf qu'on est arrivé au neuvième titre, avec une certaine patience !

Juste après cependant, il y a "J'ai tué et puis j'ai perdu", autre titre qui déménage avec Claude FRANÇOIS en mode un peu malfrat, d'excellentes batterie et guitares mordantes. Que n'a-t-il fait de rock/rhythm'n'blues davantage dans ce goût-là ?! L'adaptation, cette fois, n'a pas à rougir face à l'intemporel "I Fought the Law" de BOBBY FULLER FOUR, repris ensuite par les CLASH, les POGUES, MANO NEGRA, GREEN DAY etc. Bien meilleur que "J'Travaille à l'Usine" !

Deux-trois titres toutefois, c'est peu, avec un tube bancal de surcroît. Le rayonnement du blond enjoué est cependant loin de s'arrêter là, comme on peut le voir au cours de l'année suivante.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Claude François (chant)
- Les Reed, Christian Chevallier (direction d'orchestre)


1. J'attendrai
2. Amoureux Du Monde Entier
3. Miss Felicity Gray
4. C'est Moi... C'est Moi
5. Chacun à Son Tour
6. Mais Combien De Temps
7. Le Temps Des Pleurs
8. J'travaille à L'usine
9. Les Petites Choses
10. Sur Le Banc 21
11. J'ai Tué Et Puis J'ai Perdu
12. Je Tiens Un Tigre Par La Queue



             



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