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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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Claude FRANÇOIS - Si J'avais Un Marteau (1963)
Par MARCO STIVELL le 25 Août 2022          Consultée 438 fois

PRÉAMBULE : Connaissiez-vous le chroniqueur qui n'aimait pas Claude FRANÇOIS, en tant que chanteur, ni auteur-compositeur, ni danseur (ses danseuses, certaines du moins, par contre...), personnage, icône, chauffeur (chauffard, vrai allumé de la route), etc ? Mais comme le dit l'adage, qui ne tente rien... Bonne lecture quand même !

Claude FRANÇOIS, de son vrai nom, est issu de la communauté française en Égypte (grands-parents originaires de diverses régions de l'Hexagone) mais avec une mère Italienne, et établie au canal de Suez où son père travaille à un haut poste, tout change en 1956 sous l'action du nouveau président Nasser à Suez qui fait chasser les nombreux intrus de longue date. Le jeune Claude et sa famille se retrouvent dans la région Nice-Monaco avec une situation précaire. Son père veut le voir devenir comptable, mais lui à la bougeotte et ne rêve que d'une vie d'artiste ; un grand sujet de mésentente commune. En tant que batteur-percussionniste d'abord puis chanteur, se perfectionnant musicalement à différents registres, le blondinet intègre des orchestres et gagne à peu près sa vie.

Outre le fait qu'il est déjà marié avec Jane Woollacott, ses rencontres féminines sont décisives. Brigitte BARDOT, établie sur la Côte d'Azur et qu'il a faite danser, le presse de monter à Paris. La suite est ponctuée des épisodes et bonnes occasions qui font les ascensions fulgurantes, à un gros raté près : son premier 45 tours chez Fontana, "Le Nabout Twist", est un échec total, en France du moins. L'accent arabe forcé avec humour, le fait de clamer que la danse nabout existait en Orient bien avant le twist en Amérique, n'ont pas franchement aidé.

RÉGINE, en revanche, lui fait écouter une chanson des EVERLY BROTHERS, qu'il décide d'adapter avec plus ou moins de bonheur. S'il avait su ! Pas loin du quart de siècle en âge lorsqu'il est révélé fin 1962, c'est grâce à "Belles, Belles, Belles" que sa carrière véritable est lancée. Et cela va durer quinze bonnes années en tout, suivant le reste de sa propre vie, dans un esprit record et éclair à la fois, un peu à l'image du tempérament survolté, toujours classé, naturellement, parmi les plus gros vendeurs de disques français !

Son premier 33 tours a tout de la collection de la chanson dans un pur style yéyé, avec deux ou trois moments forts, des chansons potables et du remplissage. La plupart des titres proviennent d'EPs parus la même année 1963, notre artiste ayant choisi d'écarter tout ce qui a précédé le succès de "Belles, Belles, Belles". Les chansons, en plus des credits américains de base, contiennent sa propre empreinte, celle du bien nommé Claude Carrère, d'André Salvet (la même équipe que pour SHEILA au même moment, donc), de Georges Aber (habitué de Johnny) enfin de la parolière Vline Buggy.

Les temps forts sont sans conteste "Belles, Belles, Belles", autrement dit "Girls, Girls, Girls (Made to Love)" des excellents EVERLY BROTHERS et "Si J'avais un Marteau", à l'origine "If I Had a Hammer", écrite en partie et interprétée par le folkeux emblématique Pete SEEGER. Celle-ci a totalement perdu sa verve syndicaliste-contestataire pour adopter un timbre adolescent rebelle, avec plus ou moins de subtilités sur la façon d'exprimer son agressivité pubère, n'épargnant pas sa famille. La version de Trini LOPEZ, la plus connue (et pourtant moins belle que celle, plus country de PETER PAUL & MARY) a été accélérée par le danseur forcené - aidé vocalement par le combo pop malgache The SURFS - qui frappe un grand coup, en écho et en nos contrées.

Sa voix chevrotante mais encore maîtrisée fait un peu de buée sur le clip "Belles, belles, belles" tourné par Claude Lelouch en personne dans une forêt en plein hiver que les demoiselles ont dû affronter – les pauvres ! -, bien plus que lui s'affichant en pull et gants. Le chef, déjà ! En tout cas, la chanson, dialogue fictif avec son père (disparu en 1961 sans avoir connu le succès de son fils donc) sur la gent féminine, avec mises en garde camarades mais aussi clin d'oeil gentil à maman, n'a pas démérité son succès. Une pensée pour ma grand-mère qui aimait cette chanson-là, contrairement aux autres tubes de Cloclo. L'orchestre yéyé typique, rythmique et cuivres, s'y voit augmenté de petites flûtes à bec à-propos, en réponse au chanteur et à la bonne légèreté ambiente !

Celle-ci est déployée partout ailleurs sur l'album, jamais avec autant de réussite ; les tubes demeurent les tubes ! "Marche tout droit" ("Walk Right In" des ROOFTOP SINGERS), doo-wop entêtant à son tour, conseil d'ami sur la façon de draguer les filles fières, est resté quelque peu dans les mémoires, pourtant loin d'être la plus convaincante des 'autres'. "Dis-lui" ("Tell Him" de Bert BERNS) mise plutôt sur l'encouragement à un copain de dévoiler les sentiments à celle qu'il aime, sur fond de choeurs féminins qui font déjà "tou dou dou".

"Moi, Je Voudrais Bien Me Marier" ("Bachelor Boy" de Cliff RICHARD & THE SHADOWS) raconte les amours d'un homme, de la maîtresse à la jeune femme (oubliant maman, cette fois), mais en reléguant l'union à 30 ans au moins, après s'être laissé un long temps de liberté et d'aventure. "En rêvant à Noël", marqué par le quotidien du petit garçon de 8 ans sur les 364 jours qui précèdent le 25 décembre et les cadeaux, propose un slow-surf avec choeurs un rien idiots des FLÉCHETTES, les quatre choristes dès lors attitrées de mister FRANÇOIS.

Et bien sûr, il y a les ballades clubs-camping-collés-serrés inévitables à l'époque dont "Je Veux Rester Seul Avec Toi" est un sacré fleuron, le chanteur parlant de serrer sa belle de plus en plus fort – pas trop, l'ami, n'oublie pas : tu es batteur ! Même si, c'est bien connu, les batteurs sont des bêtes, sans trop de mal à convaincre... D'ailleurs, au milieu de toutes ces reprises/adaptations d'un intérêt souvent limité, et dont une seule composition originale s'écarte ("Pauvre petite fille riche", avec bruits de mer, esprit plus contemplatif et Claude dans l'une de ses meilleures prestations), ce qui marque, c'est la musicalité de l'ensemble, cachée sous les dehors 'variété à orchestre' basiques.

Plus que les guitares en vogue (électriques en rythmiques, parfois classiques en arpèges), voire le piano, le sax de "Si Tu Veux Être Heureux..." et les flûtes très présentes, Claude FRANÇOIS, outre sa bougeotte corporelle, fait parler son enfance en Orient comme son talent de frappeur de peaux. Il y a de quoi le ressentir largement sur les tubes et ailleurs, dans l'accent mis sur les parties de basse certes, mais surtout de batterie, couplée ou non à des tambourins, des triangles... Bouder un tel plaisir serait mesquin ; aussi, cela rehausse un peu la moyenne d'un opus bien ancré dans son époque, tout ce qu'il y a de plus facile.

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   MARCO STIVELL

 
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- Claude François (chant, arrangements)
- Jean Bouchéty, Jacques Denjean (direction d'orchestre)
- Christian Chevallier (direction d'orchestre)


1. Si J'avais Un Marteau
2. Moi Je Voudrais Bien Me Marier
3. Si Tu Veux Être Heureux
4. Je Veux Rester Seul Avec Toi
5. Des Bises De Moi Pour Toi
6. Dis-lui
7. En Rêvant à Noël
8. Marche Tout Droit
9. Pauvre Petite Fille Riche
10. Ma Petite Amie Est De Retour
11. Comment Fais-tu
12. Belles, Belles, Belles



             



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