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HARD ROCK  |  STUDIO

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- Style : Judas Priest, MÖtley CrÜe, Biters
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KISS - Hotter Than Hell (1974)
Par TOMTOM le 15 Juin 2012          Consultée 1976 fois

Huit mois après un premier album au succès mitigé mais qui avait eu pour mérite de faire connaître au public les gueules d’amour de ceux qui allaient bientôt devenir le « groupe le plus chaud du monde », Kiss enfonce à nouveau la porte du studio. Non pas que les quatre compères soient transcendés par un quelconque génie productif, Kiss en avait surtout par dessus les amplis d’assurer des séances de dédicaces dans des supermarchés au beau milieu du rayon lessive ou des live dans des émissions télé, organisés par les promoteurs pour effrayer la ménagère de moins de cinquante ans (Gene Simmons balançant au milieu de la bande de réacs invités du Mike Douglas Show : « je suis une incarnation du Diable »… même moi j’en pouffe). Tout ce matraquage publicitaire était alors orchestré par une paire d’as de la com’, Neil Bogart et Bill Aucoin, respectivement patron de Casablanca Records et manager du groupe, qui croyaient dur comme fer en l’avenir de leurs poulains. Mais le retour précipité des quatre allumés de New York en studio, s’il correspond bien à cette volonté d’inonder un marché pour percer à tout prix, surfe surtout sur la réputation toujours grandissante du gang sur scène, un succès tel que toutes les têtes d’affiche qui avaient pu les engager jusque là (Wishbone Ash, Rory GALLAGHER…) les expulsaient systématiquement de leur première partie après quelques dates.

Direction Los Angeles, donc. Les palmiers, la plage tout ça. Les fêtes aussi : Gene SIMMONS sautant tout costumé dans la piscine pour rejoindre ses groupies adorées, Ace FREHLEY plus éméché qu’à son habitude dévalant les collines d’Hollywood sans manquer de se fracasser la tronche au passage… Le tout ponctué de séances de photos surréalistes qui viendront meubler l’arrière de l’album, petites mises en scène qui fleurent bon le Gin froid (à en croire la gueule de bois de Paul STANLEY, littéralement exténué) quand le design rappelle un ailleurs asiatique, terre promise du Hard après le succès du Made In Japan deux ans auparavant. Autant vous dire que ça bosse dur.

Une fois dans la cabine d’enregistrement même (et gros) problème que pour le précédent opus, à savoir un groupe encore inexpérimenté et une bande de producteurs qui ne l’est pas plus : Simmons et Stanley voulaient un son heavy (« plus chaud que l’enfer »), ils n’auront le droit qu’à une bouillie de distorsion suraiguë et franchement indigne d’un groupe professionnel. Néanmoins, ce côté underground mal bidouillé, c’est là tout le charme de Hotter Than Hell. Car, nous tenons là l’album le mois abordable de la discographie de Kiss, toujours plaisant à redécouvrir quand la production lisse des suivants commence à patiner les tympans. De plus, le groupe se fend de quelques merveilleux brûlots heavy, essentiellement du fait d’Ace FREHLEY qui s’affirme de plus en plus comme un grand songwriter aux côtés de l’hydre dirigeante en pondant « Parasite », grand classique au riff tronçonné, et « Strange Ways » (chantée par Peter Criss), moins connue mais tout aussi jouissive par son rythme plus lent, plus lourd et son solo acéré. Dès lors, le culte d’Ace FREHLEY se répand peu à peu parmi les fans : en plus d’être un monstrueux lead guitariste (ce qu’il imaginait rester au départ lorsqu’il se pointa à l’audition avec deux baskets de couleur différente) c’est bien lui qui va composer, non pas comme les deux chanteurs principaux, les grands classiques du groupe, mais les plus belles perles de violence de tous les albums de Kiss, avec un style immédiatement identifiable, des solos directs, plus carrés (et écoutez encore celui de « Got To Choose ») tu meurs.

Mais pas question de marginaliser les autres : la paire Simmons/Stanley reste maître à bord et se fend bien du survitaminé « Let Me go Rock n’ Roll », grand moment de bravoure en live et ici dans une version toujours plaisante à écouter. « Hotter Than Hell » (où c’est bien Paul STANLEY qui chante, sa voix étant, faute d’une production correcte, littéralement méconnaissable sur tout l’album) et le dantesque « Watchin’ You » de Simmons constituent aussi deux grandes réussites, même si l’enregistrement foutraque laisse le tout un brin dépassé. Restent les faiblards « All The Way » et « Comin’ Home », le mollasson même si sympathique « Mainline », chanté par un Peter CRISS qui, même grand technicien, se révèle cliniquement incapable d’écrire une chanson tout en menaçant de démissionner si on ne lui en donne pas une à chanter… Quant à la mièvre « Goin’ Blind » elle plaira peut-être à votre copine, mais on a du mal à l’imaginer chantée par Gene SIMMONS barbouillé de sang, avec encore un peu de fumée qui lui sort des oreilles.

Au final encore un album qui rate sa cible mais encore et toujours de très grands classiques qui élèveront Hotter Than Hell au rang de disque de platine a posteriori (soit une grosse année plus tard, une fois la notoriété de Kiss établie), mais aussi des rôles qui se fixent et le sentiment grandissant qu’on y arrive bientôt.

Note : 3,5/5

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   TOMTOM

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Paul Stanley (rythm guitar, chant)
- Gene Simmons (basse, chant)
- Ace Frehley (lead guitar)
- Peter Criss (batterie, chant)


1. Got To Choose
2. Parasite
3. Goin' Blind
4. Hotter Than Hell
5. Let Me Go Rock N' Roll
6. All The Way
7. Watchin' You
8. Mainline
9. Comin' Home
10. Strange Ways



             



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