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KRAUTROCK  |  STUDIO

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- Style : Camera, Ash Ra Tempel
- Membre : Cluster, Popol Vuh, Embryo, Faust, Agitation Free, Harmonia
- Style + Membre : Neu!, Kraan

GURU GURU - Ufo (1970)
Par JOVIAL le 12 Décembre 2012          Consultée 1964 fois

Débuter une chronique du premier album des GURU GURU est une chose aisée, et le petit rigolo que je suis ne peut s’empêcher de vous faire remarquer qu’un tel disque porte, dites-donc, rudement bien son nom.

Oui, UFO est un ovni.

Vous allez sans doute me dire que le petit rigolo que je suis peut franchement aller se rhabiller et que vous-mêmes, grands marrants que vous êtes, auraient tous autant été capable de trouver une boutade aussi imparable. Seulement voilà, je persiste et signe, UFO est un ovni. Un vrai de vrai, comme la jeunesse allemande a su en produire une belle poignée au début des années 70, et qui pour le coup n’a absolument pas à rougir en face d’un CAN, d’un Faust ou d’un Ash Ra Tempel. GURU GURU était une entité absolument libre, trois anarchos défoncés jusqu’à l’os peut-être, mais qui jouaient une musique complètement affranchie des carcans rouillés d’un rock naissant et déjà trop étroit. Au départ du projet, un batteur d’une rare inventivité, issue des milieux free-jazz, Mani Neumeier, que vont rejoindre le bourreau des guitares Ax Genrich, parfaite filiation entre Jimi Hendrix et Manuel Göttsching, et l’excellent bassiste Uli Trepte, solide et créatif, qui forme ainsi dès 1968 l’une des toutes premières formations de rock psychédélique en Allemagne.

À l’écoute de ce premier disque, on comprend rapidement pourquoi les GURU GURU sont aujourd’hui considérés comme les précurseurs d’un style dans lequel ils n’ont pourtant jamais voulu s’enfermer, la Kosmische Musik, c’est-à-dire notre bon vieux krautrock. Des groupes tels que Neu! ou Ash Ra Tempel leur doivent tout. Comparez donc le premier Neu! à l’éponyme « Ufo » et vous comprendrez que les natifs de Düsseldorf ont eu leurs propres maîtres à penser en matière d’ambient. Comparez donc « Amboss » d’Ash Ra Tempel avec « Der LSD-Marsch » et voyez comme Göttsching fut dans sa jeunesse influencé par le génial Ax Genrich. Ce dernier est ainsi l’un des premiers à faire aussi longtemps planer ses guitares, bidouillant, improvisant sans cesse au sein de paysages musicaux uniques en leurs genres. Ne vous attendez pas à des longues compositions en ballade dans la Stratosfear, GURU GURU pratique une musique âpre et sauvage, difficilement apprivoisable. L’animal Mani Neumeir martèle ses fûts et cymbales comme un dingue durement toute la durée du disque, les tempi semblent essouflants et sans cesse l’imposante basse d’Uli Trepte rappelle à l’ordre les plus coriaces. Des intermèdes plus calmes sont bien insérés de temps à autre, notamment « Girl Call » et la bruitiste « Ufo », mais le malaise n’est jamais très loin, le son retrouvant très vite sa forme originelle, rougeoyant, brûlant et rocailleux. Les mélodies, lorsqu’elles existent, demeurent d’un hypnotisme trippant, tout comme l’ensemble des improvisations du trio d’ailleurs. Le disque lui-même semble de toute façon n’être qu’une longue suite d’improvisations, et finalement seule la monolithique « Next Time See You At The Dalai Lhama » n’aura ici pour départ qu’une base préparée, ou du moins reconnaissable comme telle.

Il faut sans doute y repasser plus d’une fois pour saisir l’excellence d’un tel disque. Non, ce premier effort des GURU GURU n’est pas des plus évidents, UFO est aride, n’a pas franchement un visage accueillant. Neumeir part dans tous les sens, Trepte nous écrase de tout son poids et Genrich s’avère vite trop entreprenant pour nous laisser le temps de le suivre dans ses délires électro-guitaristiques. Mais passé un certain cap, cette musique se révèle bientôt à nous, non sans garder sa hargne et son caractère brut, nous conviant à un voyage sonore rude et pourtant, lorsque l’on y regarde bien, aussi planant qu’une œuvre de Klaus Schulze. En soit la fin est la même, seuls l’altitude et le chemin restent différents.

Un classique : 5/5.

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   JOVIAL

 
  N/A



- Ax Genrich (guitare)
- Uli Trepte (basse)
- Mani Neumeier (batterie)


1. Stone In
2. Girl Call
3. Next Time See You At The Dalai Lhama
4. Ufo
5. Der Lsd-marsch



             



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