Recherche avancée       Liste groupes



      
CONTEMP. / INDUS / METAL  |  B.O FILM

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Koichi Sugiyama , Yasunori Mitsuda
- Membre : Divers Compositeurs Jeux Video
- Style + Membre : The Black Mages , Sq Series

Nobuo UEMATSU - Final Fantasy Vii Advent Children Ost (2005)
Par CHIPSTOUILLE le 19 Juillet 2006          Consultée 6056 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Il m'est difficile de commencer cette chronique sans évoquer une petite page d'histoire vidéo ludique. 1986, au Japon, une petite société dénommée Squaresoft voit ses ventes diminuer et décide de sortir dans un dernier élan d'inventivité son ultime jeu baptisé pour l'occasion "Final Fantasy". Celui-ci remporte finalement un franc succès et comme pour perpétuer une tradition, l'univers du premier épisode sera totalement abandonné au profit du second qui lui même n'aura aucun rapport avec le troisième. De fil en aiguille la série progresse, propose des innovations, gagne du succès. Final Fantasy VI sera l'épisode de la rupture sur le fond, Final Fantasy VII celui sur la forme. Ce dernier épisode se voit alors jouir d'un énorme succès, les connaisseurs s'y attendaient et les néophytes se transforment en fans. Seulement voilà, Final Fantasy VII ne devait pas avoir de suite, tout du moins pas au sens où on l'entend, cet épisode devait rester une "fantaisie finale" de plus, et le parti pris artistique de cette fin énigmatique aurait sans doute du rester entier.

2001, Final Fantasy "Les créatures de l'esprit" (en VO "The spirit within") sortait sur les grands écrans du monde entier. La prouesse fut de sortir le premier film "mature" en image de synthèse. Techniquement, 5 ans après, celui-ci n'a toujours pas été surpassé. Financièrement, le film s'est révélé être un désastre gigantesque pour Squaresoft (et a failli être pour de bon, le dernier "Final Fantasy"). Humainement, le producteur/concepteur de la série Hironobu Sakagushi jette l'éponge, part alors du même coup avec lui l' "état d'esprit" de la série.
2004 sera alors l'année de l'explosion marketing, après un jeu "Final Fantasy X-2" (prononcez 10, 2, suite directe et accessoirement ratée du dixième épisode) l'épisode "phare" de la série, le septième, se voit alors décliné en une ribambelle de produits marketing. Un film, deux dessin animés, un jeu sur portable et un autre sur console de salon sont alors annoncés en quelques mois, la machine à fric est alors lancée, les actionnaires vont enfin pouvoir s'en donner à coeur joie...

Tout ceci pour vous expliquer l'état d'esprit en bois derrière un film assez douteux. Final Fantasy VII Advent Children se voit donc être la première suite d'un jeu qui n'aura jamais été prévue par le maître à penser de l'oeuvre originale. Tetsuya Nomura, designer opportuniste de la série depuis le 7ème épisode (à peu de chose près) se voit confier les rennes de tout un tas de projets. L'homme sait manier la forme mais se révèle d'une inefficacité redoutable en ce qui concerne le fond. On résumera - à raison - le film à une succession de scènes d'action réussies, le tout étant sans grande profondeur, la richesse d'un scénario bâti sur 50 heures d'aventure interactive ne pouvant être retrouvée en une heure et demi de contemplation passive. On se retrouve au final avec un pur produit fan-service, et c'est finalement tout ce que l'on n’en espérait.

Alors musicalement, que se passe-t-il? Etant donné que le film est avant tout destiné aux adorateurs du jeu d'origine, c'est sans grande surprise que l'on retrouve une ribambelle de thèmes du jeu original remaniés dans la droite lignée des arranges précédents. On savoure donc, sans déplaisir, quelques uns des meilleurs thèmes du jeu, le côté musical faisant surtout partie de la forme, la moitié plutôt réussie (parfois du fond, mais c'est un autre débat). La différence de taille, se trouve être les personnes à l'origine des réorchestrations à savoir Kenichiro FUKUI (Einhander, Front Mission 5 mais également l'arrange de Final Fantasy XII), Tsuyoshi SEKITO (membre de The BLACK MAGES, futur arrange de Final Fantasy III) et Keiji KAWAMORI (les mêmes projets que SEKITO, Kingdom Hearts II). Monsieur UEMATSU n'est donc pas à l'origine de ce double-CD, bien qu'il y ait plus que contribué de manière indirecte. Les musiques de ce film se voient donc partagées entre des remaniements de musiques originales du jeu Final Fantasy VII et quelques nouveautés dont le chant monastique "The promised land" et le thème très hollywoodien "Beyond the wasteland" sont certainement les plus réussis.

Les musiques, tout comme le film, disons-le, en rajoutent trois tonnes, c'est donc à un enchevêtrement de styles à la mode (au Japon bien sûr), allant du classique contemporain hollywoodien, à l'indus en passant par l'électro et le heavy métal que l'on a ici à faire. L'album est finalement assez comparable, même s'il est beaucoup moins axé métal, aux dernier travaux du groupe RHAPSODY : de la surenchère, parfois un peu trop, de styles grandiloquents, le but étant vous l'aurez deviné d'en mettre plein la poire à l'auditeur. Et si ce n'est pas VIVALDI et HELLOWEEN qui nous reviennent en tête comme chez les Italiens, on pensera à quelques compositeurs romantiques, NINE INCH NAILS pour les raclement indus, quelques groupes de métal à la mode (on retrouve les guitares des derniers IN FLAMES ou SOILWORK, du gros son un peu gras, pas ce qu'on fait mieux dans le genre) et parfois quelques influences plus originales comme les 20 secondes de claviers au milieu de "Those who fight further" qui font immédiatement penser à l'introduction du titre "In my mind" d'ANTILOOP (un bon gros tube Techno de l'époque).

Le plus curieux, c'est qu'au niveau du film, ça ne fonctionne pas vraiment. A des effets sonores pratiquement inexistants (le manque se fait sentir) se substitue une musique parfois encombrante qui atténue bien malgré elle la surenchère d'effets spéciaux visuels. Le côté mélodique vole parfois la vedette à des acteurs de synthèses peut-être un peu ternes. Finalement on tique à plusieurs reprises « grâce » à une musique boursouflée pas toujours en adéquation avec l’image.

Etonnamment, en revanche, sur support CD, contrairement à de nombreuses bandes originales de films (et gardez bien en tête que je suis loin de partager l'avis enthousiaste de certains de mes camarades co-chroniqueurs sur ce sujet) cela fonctionne. Le meilleur exemple en est le thème des combats du jeu revu et corrigé au piano. La douceur du clavier dénote avec l'action "anti-gravité" ayant lieu dans une église, mais le thème est réellement superbe et on profite avec bonheur d'une absence totale de dissonances hors de propos - point qui a souvent fait défaut aux arranges de UEMATSU, encore plus dans ses "Piano Collection". On retrouvera tout de même quelques anomalies inhérentes à une BO de film : un manque crucial d'innovation et des changements de rythme impromptus qui suivent l'action mais qui musicalement semblent régulièrement inconvenants.

L'avantage de la collaboration entre les trois compositeurs (plus souvent cités pour leurs travaux d'arrangements en réalité) c'est qu'ils ont su - parfois - réinventer avec brio le style de UEMATSU. Dans quelques thèmes inédits comme ce fameux "Water", on retrouvera le balancement du thème "Burmecia" de FF IX, une basse qui n'est pas sans rappeler FF VIII de même qu'un nappage rappelant le côté mystique de FF V. L'adéquation entre les différents compositeurs est pratiquement sans faille, sauf peut-être sur le milieu du second CD, le ventre mou de ce recueil, constitué de thèmes électro/indus/métal peu mélodiques ("Encounter", "The chase of highway", "Savior") avec interventions anecdotiques de quelques mélodies du jeu original.

On notera tout de même une reprise du thème des Turks sympathique, "Violator" qui reprend de manière sauvage un thème lié initialement aux scènes d'espionnage du jeu, "The great northern cave" reprise façon Indus, le toujours aussi efficace thème de Sephiroth, "One Winged-Angel" (imaginez un remix Indus du "O fortuna" de Carmina Burana) et bien sûr ce magnifique thème d'Aerith dans son plus simple apparat au piano, toujours aussi bouleversant.

Quelque part entre un CD de remix, une compilation, un tribute et une BO de film, se trouve donc cet album assez étonnant, qui devrait ravir tous les fans du jeu Final Fantasy VII, et il y en a beaucoup. Le propos est pour le moins varié, le plus souvent réussi (pas toujours malheureusement, on décèle quelques creux) et cette oeuvre musicale est peut-être finalement le côté qui viole le moins l'édifice "artistique" original (sisi, le terme "11ème art" commence à faire son chemin, jouez donc à Rez, Ico ou Another World avant de me fustiger ainsi du regard). En tous cas, on retiendra la double-galette comme le premier arrange de UEMATSU à vraiment valoir le coup d'oreille depuis déjà un long moment, et c'est déjà pas si mal.

A lire aussi en DIVERS par CHIPSTOUILLE :


SQ SERIES
Last Sq (2015)
L'éclectisme, une valeur sûre




Nobuo UEMATSU
Blue Dragon Ost (2006)
Ne paye pas de mine, et pourtant...


Marquez et partagez





 
   CHIPSTOUILLE

 
  N/A



Non disponible


1. Opening
2. The Promised Land
3. Beyond The Wasteland
4. Sign
5. Tifa's Theme (piano Version)
6. For The Reunion
7. Those Who Fight (piano Version)
8. Water
9. Materia
10. Black Water
11. Aerith's Theme (piano Version)
12. Battle In The Forgotten City
13. Violator
14. The Great Northern Cave (ffvii Ac Version)

1. Divinity I
2. Those Who Fight (ffvii Ac Version)
3. Those Who Fight Further (ffvii Ac Version)
4. Divinity Ii
5. Encounter
6. The Chase Of Highway
7. Savior
8. J-e-n-o-v-a (ffvii Ac Version)
9. Advent: One-winged Angel
10. Cloud Smiles
11. End Credits
12. Calling



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod