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Françoise HARDY - Tant De Belles Choses (2004)
Par WALTERSMOKE le 22 Juin 2020          Consultée 343 fois

La musique de Françoise HARDY n'a jamais été vraiment extravertie, c'est un fait [1]. Durant sa carrière, elle n'a eu de cesse de chanter avec retenue, pudeur, en un mot, son œuvre est assez personnelle. Et pourtant, il y a eu des moments où elle s'est mise à nu en public, ce qui a eu, à chaque fois, le mérite de toucher de manière bien plus large. Exemples ? "Message Personnel", bien sûr. Ou encore "Partir quand même".

En 2004, une nouvelle confession est livrée, et pas des moindres. En effet, Tant de belles choses, c'est l'album qui cherche à rassurer. Les fans de HARDY ? Peut-être. Mais surtout Thomas DUTRONC, fils de, angoissé par le début de cancer contracté en début d'année par sa mère. C'est tout naturel, une telle inquiétude ; et c'est le devoir, presque le sacerdoce pour tout parent qui se respecte, de ne pas effrayer sa progéniture, aussi adulte soit-elle, de la tranquilliser quant à la suite des événements. Et sur un plan plus personnel, Françoise HARDY a atteint ce point dans sa carrière où la vieillesse et surtout le spectre de la mort, cancer ou pas, s'invitent inévitablement. Ainsi, c'est sans surprise que Tant de belles choses se fait l'écho de tout cela.

Sur un plan plus musical, si l'on exclut Le Danger (1996), assez spécial sans être un hors-série, Tant de belles choses est très certainement le meilleur album de Françoise HARDY depuis... Message Personnel (1973) ? Oui, même si des opus ultérieurs ont pu présenter d'agréable qualités. Mais en premier lieu, il est déjà supérieur à Clair-Obscur (2000), et ce dès la pochette, infiniment plus jolie et réussie en plus d'être cohérente avec la musique : froide, mélancolique, sans pour autant être si dépressive qu'on le dit. Du Hardy-core, en somme.

Tant de belles choses, c'est surtout la chanson-titre qui ouvre l'album – et le ferme dans des arrangements différents en morceau caché. Clairement dédiée au fils Thomas, c'est le genre de chanson-requiem, composée "au cas où", mais qui se veut positive et tendre. Le magnifique message d'une mère, à même de faire verser une larme. Et c'est d'autant plus beau que la larme n'est pas facile, ou du moins n'est pas l'écho d'un appel pathétique des plus évidents.

Que faire après une telle ouverture ? Du HARDY moins intense, parfois plus classique ("La folie ordinaire", "Soir de gala"), et fort bien varié (entre le classicisme de "Soir de gala" et la pop moderne de "So many things", il y a un monde), mais constant dans la qualité. Si je disais plus haut que Tant de belles choses est le meilleur HARDY depuis Message Personnel, ce n'est pas seulement parce que les compositions sont intrinsèquement meilleures, mais aussi parce que les mélodies, portées par une voix vieillissante mais toujours aussi charmante, marquent et restent plus longtemps en tête (bon, "Tamalou" aussi mais c'est pas la même chose).

Malheureusement, Tant de belles choses n'est pas parfait. En premier lieu, et c'est sans doute pareil pour les francophones, les morceaux en anglais, composées par Perry Blake, sont sublimes ("Moments" et surtout "So Many Things"), mais l'accent de l'asperge est tellement prégnant que c'est dur de passer outre. La contribution de Benjamin BIOLAY ("À l'ombre de la lune") est pour le coup anecdotique, et si on applaudit "Un air de guitare", tiré de l'oeuvre de JACNO, on sent que l'intégration de la compo dans l'univers de HARDY est un peu, sans doute involontairement, forcée.

Malgré tout, Tant de belles choses reste un grand album du début à la fin. Écrasé par sa chanson-titre, il n'en oublie pas pour autant sa nature d'album, c'est-à-dire de collection de morceaux qu'on aimerait voir en majeure partie bons. Pari gagné.

[1] : enfin presque, mais oublions les singles des années 80, voulez-vous ?

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   WALTERSMOKE

 
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- Françoise Hardy (chant)
- Alain Lubrano (guitares, basse, claviers, choeurs)
- Thomas Dutronc (guitares)
- Mauro Campobasso (guitares)
- Jérôme Ciosi (guitares)
- Ludovic Bruni (guitares)
- Gildas Arzel (guitares)
- Bernard Viguié (basse)
- Diego Imbert (contrebasse)
- Frank Agulhon (batterie)
- Jeff Boudreaux (batterie)
- David Sabiu (percussions)
- Marco Sabiu (claviers)
- Michel Amsellem (piano)
- Vincent Taurelle (piano)
- Éric Benzi (synthés)
- Enrico Farnedi (trompette)
- Andrea Agostinelli (violoncelle)
- Simone Grizzi (violon)
- Luca Marziali (violon)
- Florine Niculescu (violon)
- Aurelio Venanzi (alto)
- Sophie Boutouyrie (choeurs)


1. Tant De Belles Choses
2. À L'ombre De La Lune
3. Jardinier Bénévole
4. Moments
5. Soir De Gala
6. Sur Quel Volcan
7. So Many Things
8. Grand Hôtel
9. La Folie Ordinaire
10. Un Air De Guitare
11. Tard Dans La Nuit
12. Côté Jardin, Côté Cour
- tant De Belles Choses (piste Cachée)



             



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