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Françoise HARDY - DÉcalages (1988)
Par WALTERSMOKE le 24 Février 2015          Consultée 2015 fois

Les années 80 ne sont pas des plus productives pour Françoise HARDY. Alors que les années 60 comptent (au moins) 7 albums et 7 albums également pour les années 70, voilà que la décennie suivante n'affiche que 4 opus. Plus grave est leur qualité : si Gin Tonic parvient encore à maintenir un bon niveau, À Suivre et Quelqu'un qui s'en va sont tout bonnement horribles. L'essoufflement artistique et la lassitude ont eu raison de la chanteuse qui a alors mené sa carrière de chanteuse en pointillés, occupée qu'elle était avec l'astrologie, la graphologie, l'éducation de son fils Thomas. Elle revient cependant aux affaires en 1986, soit quatre ans après son dernier album, avec les imbuvables singles Moi Vouloir Toi et VIP, et va jusqu'à parvenir à se motiver pour sortir un nouvel album, nommé Décalages, en 1988.

La première question est de savoir si ce nouvel opus se montre à la hauteur de ce que HARDY est vraiment capable de faire. Il y a de quoi craindre quelque chose de faiblard tant les opus précédents avaient montré une chanteuse semblant perdue dans la décennie « horribilis ». Et voilà qu'en fait, HARDY se ressaisit et, à défaut de révolutionner la chanson française, remonte la pente artistique. D'abord, elle écrit l'intégralité des paroles de l'album, tout en changeant radicalement ses partenaires de composition. À ce propos, elle travaille avec le regretté Jean-Noël Chaléat, qui deviendra un ami proche, et qui compose la quasi-moitié de l'album. Cependant, la chanson qui se fait le plus remarquer est celle composée par Jacques DUTRONC. 26 ans après avoir aidé sa femme à devenir célèbre avec "Le temps de l'amour", ce dernier lui offre "Partir quand même", soit un nouveau grand classique dans son répertoire. La sensibilité et la mélancolie du chant sont on ne peut plus explicites, renforcées par une musique quelque peu éthérée (dommage qu'elle ait vieilli). Les paroles sont également touchantes et belles (enfin !), achevant de faire de "Partir quand même" une grande chanson.

Toutefois, Décalages ne vaut pas que pour elle. Sur cet album, il convient de noter que le rythme général est plutôt élevé, au point que seuls les morceaux de fin de face sont lents. La section rythmique, bien que simple, n'est pas mauvaise, et les claviers et synthés ne sont pas en reste pour offrir quelque chose qui se veut beau. Aussi, HARDY parvient à concilier chansons rapides et enjouées avec son univers, ce qui n'est pas rien. Un soupçon de kitsch embaume certes certains morceaux, comme "Dilettante" ou bien "Une miss s'immisce", mais il n'y a là rien de bien méchant, même pour un mélomane un peu exigeant. Décalages, c'est également l'occasion pour HARDY de se remettre à la reprise d'artistes anglophones, au détour de la chanson-titre. Cette dernière est une adaptation de "Waiting for the Right Time", un morceau des Anglais de Barclay James Harvest, où Hardy pose son propre texte. N'en déplaise aux puristes, "Décalages" dépasse sans souci le patron original, et en tant que chanson à proprement parler, il ne s'agit pas d'une mauvaise performance.

Des défauts, Décalages n'en est pas pour autant dépourvu. En dehors de la production que j'ai déjà évoquée plus haut, il y a tout de même "Arrêtons", qui peut être évitée sans remords. Et puis, aussi bonnes soient les chansons, elles ne sont pas aussi excellentes qu'espérées, à part "Partir quand même", ni exceptionnelles.

C'est sur une note triste et un peu larmoyante ("Je suis de trop ici") que se termine a priori la carrière de Françoise HARDY. En effet, sans doute lasse de mener une éprouvante carrière de chanteuse, elle déclare prendre sa retraite. Ainsi, se termine la carrière d'une des chanteuses françaises les plus talentueuses du siècle dernier, et qui a su proposer régulièrement des chansons au mieux excellentes et référentielles. Cependant, HARDY se rendra compte d'une chose bien vite : on n'arrête pas la musique si facilement.

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   WALTERSMOKE

 
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- Françoise Hardy (chant, choeurs)
- J.j. Bell (guitare)
- Xavier Geronimi (guitare)
- Chester Kamen (guitare)
- John K (basse)
- Phil Spalding (basse)
- Graham Broad (batterie)
- Jean-pierre Sabar (piano)
- Simon Franglin (synclavier)
- Jonathan Sorrel (synclavier)
- Jean-nöel Chaléat (choeurs)
- Stephen Stewart Short (choeurs)


1. La Sieste
2. Une Miss S'immisce
3. Laisse-moi Rêver
4. Vibrations
5. Décalages
6. Partir Quand Même
7. Dilettante
8. Dire Tout
9. Arrêtons
10. Je Suis De Trop Ici



             



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