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Françoise HARDY - La Pluie Sans Parapluie (2010)
Par WALTERSMOKE le 30 Décembre 2021          Consultée 299 fois

Avec La pluie sans parapluie, Françoise HARDY se conforte certes dans un rythme de sénateur, mais peu importe. Elle pourrait sortir un opus tous les 7 ans que cela ne changerait rien. Une autre question se pose cependant, tout aussi légitime que la précédente : est-ce que ça vaut le coup, en 2010 (l’année de la sortie de l’album) d’écouter HARDY ? Après tout, c’est un meuble de la chanson française comme un autre, que l’on retient pour une poignée de tubes et c’est tout. Sauf que la discographie de l’asperge depuis 1996 répond par l’affirmative : pour une artiste de la vieille école, HARDY s’en sort avec brio. On la savait exceptionnelle dès les heures de gloire du yé-yé, elle le prouve encore 50 ans plus tard.

La pluie sans parapluie a ce petit quelque chose de réconfortant. Dès les premières écoutes, on sent certes déjà qu’on ne va pas y revenir souvent ; pour autant, le plaisir est toujours aussi présent, et on accueille avec toujours autant d’enthousiasme ce que nous propose l’asperge. Une sorte de routine, donc ? Assurément non : si c’était le cas, alors on constaterait un ennui de plus en plus prégnant au fil du temps et des sorties. De plus, l’album n’est en rien monotone. Ceci étant, c’est peut-être avant tout dû à une conception chaotique, effectué aux quatre coins des studios parisiens où il a été enregistré.

Même musique, mêmes thématiques, mêmes collaborateurs… ou presque. On est curieux avec l’arrivée de La GRANDE SOPHIE, on s’excite en voyant Jean-Louis MURAT, et on soupire avec CALOGERO. Bon, d’accord, là je suis de mauvaise foi - ceusses qui ont écouté la radio au début des années 2000 savent très bien pourquoi. Et pourtant… "Noir sur Blanc", la composition auquel ce dernier participe, marche très bien. Voilà en quelque sorte comment faire du bon fan-service : ici, on verse dans le mélancolique, le précieux, tout en dynamisant son propos et sans partir dans un pathos détestable. C’est là l’un des points forts de Françoise HARDY : rarement, elle aura raté ses entrées. Quitte à se ratatiner par la suite ? Sur La pluie sans parapluie, un peu, quand même.

La pluie sans parapluie souffre de sa conception hétéroclite. Oh, de pas beaucoup, et puis cela fait un bon moment que les collaborateurs de HARDY sont légion à chaque opus. Disons que cela est plus visible ici, aussi bien dans le style que dans la qualité. Certaines chansons renvoient formellement au passé, ou du moins à un sentiment nostalgique, comme "Mister", au passage assez touchante, quand d’autres marient l’ancien et le neuf avec brio, comme "Les pas" ou "Memory Divine". Tiens, attardons-nous sur cette dernière. D’un côté, c’est une chanson anglophone, donc au secours l’accent à couper au couteau, tout ça, tout ça ; de l’autre, c’est signé Jean-Louis Murat. Et s’il ne mérite pas l’adjectif 'génial', elle n’en reste pas moins une chanson percutante, fort bien ciselée et montrant une Françoise HARDY qui aurait définitivement pu percer outre-Atlantique, et pas seulement à 20 ans.

Hélas, à côté, on doit se fader des morceaux pas mauvais mais plus transparents. "Champ d’honneur" a beau être la chanson la plus rythmée du lot, c’est aussi l’une des plus oubliables, avec des paroles rapidement intéressantes. Les ballades ne sont pas forcément des plus réussies non plus : si "Les mots s’envolent" constitue une conclusion aussi minimale que belle, les autres sont relativement banales, surtout pour qui connaît sa HARDY ("Esquives", "Mieux le connaître"…) ; mais cela suffira pour les fans.

Globalement, La pluie sans parapluie est une belle étape dans la discographie de Françoise HARDY. Au vu des conditions d’enregistrement, on aurait pu imaginer quelque chose de plus détestable, de plus automatique aussi. Il n’en est rien ou presque : si La pluie sans parapluie ne saurait tutoyer les vieux sommets de HARDY que l’on connaît (il existe encore des gens pour y croire ?), il s’impose comme l'album solide d’une artiste solide qui convainc, même si elle n’a plus rien à prouver depuis longtemps.

Note réelle : 3,5/5

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- Françoise Hardy (chant)
- Alain Lubrano (guitares, piano)
- Pierre Jaconelli (guitare sur 1)
- Édith Fambuena (guitare, batterie)
- Mark Muller (guitare)
- François Poggio (guitare)
- Jean-louis Murat (guitare, basse et piano sur 10)
- Khalil Chahine (guitare, piano)
- Gerry Leonard (guitare)
- Calogero (basse et choeurs sur 1)
- Laurent Vernerey (basse)
- Mark Plati (basse)
- Marcello Giuliani (basse, contrebasse)
- Marc Pernier (basse)
- Philippe Entressangle (batterie)
- Bill Dobrow (batterie)
- Alberto Malo (batterie)
- Christophe Pie (batterie)
- Benoît Corboz (piano)
- Peter Van Poehl (synthétiseur)
- Thierry Stremler (clavecin)
- Alain Lanty (piano)
- Jeff Levine (piano)
- Fouxi (choeurs)
- Quatuor Euromusic (cordes)


1. Noir Sur Blanc
2. Mieux Le Connaître
3. Champ D'honneur
4. La Pluie Sans Parapluie
5. Les Pas
6. Le Temps De L'innocence
7. Je Ne Vous Aime Pas
8. Esquives
9. Mister
10. Memory Divine
11. Un Coeur éclaté
12. L'autre Côté Du Ciel
13. Les Mots S'envolent



             



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