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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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- Style : Les Ogres De Barback

Pierre PERRET - La Cage Aux Oiseaux (1971)
Par NESTOR le 22 Janvier 2021          Consultée 477 fois

Environ quinze ans après ses débuts discographique, et une production très fertile, Pierre PERRET nous propose son premier sans faute. Jusqu'alors, ses albums étaient pétris de qualités et leur niveau général très bon. Mais avec La cage aux oiseaux l’artiste passe clairement un cap. Et même s’il est difficile de parler de perfection en matière d’Art, il faut reconnaître qu’ici, nous en sommes très proches. Cette évolution se ressent à tous les niveaux. Et dans un premier temps, en matière de compositions.

Le nostalgique "Le temps des puces", avec son accordéon, semble être le mètre étalon qu’a utilisé Pigalle pour son album Rire et pleurer (1993). Nous retrouvons la même qualité de plume, teintée de tendresse et de réalisme qui dépeint la vie des faubourgs populaires et la vie des gens de la rue. L’irrésistible "Faut pas pousser grand-mère dans l'concasseur", est illuminé par des parties de batterie totalement hallucinantes au regard du contexte. On a parfois le sentiment qu’Animal, le batteur de Dr Teeth and the Electric Mayhem, le groupe du Muppet Show, a pris possession d’un des membre de l’orchestre du fidèle Jean CLAUDRIC. Une prestation qui donne une petite ambiance déjantée et psychédélique

"Jeanine", avec sa mélodie nostalgique, ses couleurs Folk et ses faux airs de "Stewball", le gros succès de Hugues AUFRAY sorti cinq années plus tôt, se décline tout en émotion. On peut également citer l’enjoué "Olga" : son débit dont la vélocité ne cède rien à la clarté, et cette voix qui transpire la malice et l’espièglerie. Ou bien "La grande ourse", un magnifique voyage au pays de la tendresse et de la poésie. Un titre qui se positionne aux antipodes de "Le cul de Lucette" dont le phrasé vif et les paroles humoristiques préfigurent un peu "Le Zizi", le succès ultime de Pierre PERRET qui sortira une année plus tard. Et qui ravira alors cette distinction à la chanson titre de cet album.

En effet, "La cage aux oiseaux" fut un énorme triomphe commercial. Ce titre, qui dénote un peu du reste du disque, notamment du fait d’une orchestration et de chœurs enfantins à la limite du mielleux, a trouvé un très large échos auprès du public français. Pierre PERRET aurait écrit cette chanson en une nuit après s’être inspirée de l'histoire d'un prisonnier américain qui, suite à sa libération de prison, aurait ouvert les cages d'une oisellerie (facétie qui lui aurait coûté une nouvelle peine d’emprisonnement de quatre années). Au-delà des très nombreux courriers que le Pierrot aurait reçu de parents mécontents que leurs mouflets aient suivi à la lettre les préconisation du chanteur, ce dernier raconte une anecdote sur un concert qu’il a donné à la frontière Franco-belge, dans la région de Mouscron où le piégeage d’oiseau était une tradition profondément ancrée. En toute innocence il a chanté ce fleuron de son répertoire ce qui a déclenché une bagarre entre les 2 000 membres du public, les uns hurlant à la provocation, alors que les autres louaient le bien fondé de cet appel à la liberté et au pacifisme.

Mais ce titre phare ne doit pas occulter les onze autres morceaux qui brillent dans la discographie de Pierre PERRET et font de cet album un incontournable. Un album aux ambiances variées, qui passe indifféremment de la tendre à l’humour. Qui parvient a faire coexister harmonieusement une touchante déclaration d’amour à sa femme ("Ma femme") et une farce aussi superficielle que bien troussée ("Le représentant en confitures"). Ce, grâce à une qualité d’écriture qui est merveilleusement mis en valeur par une orchestration de haute qualité et un son d’une clarté exemplaire.

Et contrairement à son décevant prédécesseur La cage aux oiseaux se révèle être la réelle bonne cuvée de l’année 1971, comme pourrait le laisser présager le verso de sa pochette qui nous fait découvrir un Pierrot, la trogne extatique, au milieu de sa cave à vin. Une cuvée qui a conservé toute sa saveur et dont l’écoute procure toujours en plaisir immense. A consommer sans modération.

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- Pierre Perret (chant)
- Jean Claudric (orchestration)


1. Le Cul De Lucette
2. Ma Femme
3. Le Représentant En Confitures
4. Jeanine
5. Le Gros Béguin
6. La Grande Ourse
7. Plein La Poire
8. Le Temps Des Puces
9. Faut Pas Pousser Grand-mère Dans L'concasseur
10. La Cage Aux Oiseaux
11. Olga
12. Dépêche-toi Mon Amour



             



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