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- Membre : Van Der Graaf Generator, The Purple Helmets
- Style + Membre : Peter Hammill Et Gary Lucas

Peter HAMMILL - The Silent Corner And The Empty Stage (1974)
Par ARP2600 le 1er Janvier 2013          Consultée 2121 fois

Pour Peter Hammill comme pour bien d'autres, 1974 est une grande année. C'est d'ailleurs une des seules où il a publié deux albums : The Silent Corner and the Empty Stage et In Camera. Si ce dernier est un disque partiellement expérimental un peu ingrat, le premier est peut-être le sommet de sa carrière, car il combine une qualité de composition incroyable et une orchestration variée et agréable, bien que d'une belle amertume souvent agressive, comme toujours avec ce génie anglais.

Rappelons que Peter Hammill avait débuté quelques mois auparavant sa véritable carrière solo, en décidant d'être le plus auto-suffisant possible, pour garantir l'authenticité de son travail. Si Chameleon in the shadow of the night propose quelques-unes de ses meilleures compositions, la production est limitée et hésitante, donnant un côté sec et intraitable au mélange. Hammill s'est formé sur le tas, et a étoffé son matériel petit à petit. Fin 73, lors des enregistrements de The Silent Corner, il y a déjà une nette progression. La richesse du son de l'album tient également à l'utilisation d'instruments plus diversifiés, dont du synthétiseur, du mellotron et divers effets électroniques, en plus de la guitare et du piano d'Hammill. De nouveau, on retrouve les fidèles comparses de Van der Graaf Generator, et donc les instruments à vent de Jackson, la batterie d'Evans, la basse et l'orgue de Banton, pour un résultat plus proche du groupe, et donc plus progressif, que sur tout autre album solo de Hammill.

Cette œuvre est également fort ambitieuse conceptuellement. Le titre, «Le coin silencieux et la scène vide», donne d'emblée une impression de malaise et de profondeur. En fait, ce coin est la chapelle de Rome où se trouve «L'Extase de Sainte Thérèse» du Bernin, dont parle la chanson «The Lie». Comme toujours avec Hammill, il y a ici une grande réflexion existentielle, l'album étant un assemblage de sept chansons assez différentes sur de grands thèmes choisis : les villes, l'enfance, la religion et le sexe, la perte de l'espoir, l'isolement, le choix et le lien entre l'ego et la réalité. Vaste programme, parfaitement rempli par la virtuosité de la plume de Hammill, au moyen de diverses métaphores et de références aussi religieuses que scientifiques. Il y a une atmosphère d'entropie ici, un pessimisme dénotant de profonds doutes voire un certain nihilisme qui, comme on le sait, n'a pas été sans influencer le mouvement punk.

La musique, elle, est fantastique, toute en expression, en effets harmoniques subtils et troublants. Les sept titres forment un bloc de cinquante minutes, alternant numéros plus rock et ballades où dominent la guitare acoustique ou le piano, tout comme dans Chameleon, mais en bien plus orné. «Modern» est violente et assez expérimentale, ce qui s'accorde à merveille avec le thème des cités détruites. L'introduction montre ce qu'un génie peut faire d'un arpège de cordes à vide, c'est remarquable. Le reste de la première partie est constitué de trois chansons lancinantes. Si «Wilhelmina» est le relatif point faible de l'album, les autres, «The Lie» et «Forsaken Gardens» sont fascinantes d'intensité émotionnelle, entraînant leur auditeur dans un tourbillon amer de piano, d'orgue et de voix.

«Redshift» est un numéro rock enregistré en une prise, laissant place à une certaine improvisation. Il parle de l'expansion de l'univers, du fait que l'isolement des choses est scientifiquement inévitable. Au service de ce thème effrayant, une musique accélérant progressivement pour parvenir à un final endiablé. La ballade «Rubicon», courte et sublime, fait le lien avec le dernier acte, le terrible «A Louse is not a Home». A l'instar de «The Black Room», il devait faire partie d'un album du groupe, mais Hammill a réussi sans problème à l'intégrer à son travail. Cet histoire de pou et de foyer exprime de manière presque psychotique l'angoisse existentielle, et achève le disque en faisant tout sauf résoudre le malaise.

Il est triste que cette musique soit peu connue, mais il faut se faire une raison. Ce travail est trop personnel, trop sombre et trop intelligent pour pouvoir être aimé d'un grand public habitué aux chansons prémachées. Il s'agit de musique pour musiciens, tout simplement. Quoi qu'il en soit, The Silent Corner and the Empty Stage est un authentique chef-d’œuvre, à placer sur le même pied que Godbluff de VdGG voire plus haut encore, on ne peut que le recommander à toute personne se sentant prête à se confronter au maître sombre du rock.

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- Hugh Banton (basse, orgue, choeurs)
- Guy Evans (percussions)
- David Jackson (saxophones, flûte)
- Randy California (guitare sur 5)
- Peter Hammill (guitares, pianos, basse sur 5, harmonium, mellotro)


1. Modern
2. Wilhelmina
3. The Lie (bernini's St. Theresa)
4. Forsaken Gardens
5. Red Shift
6. Rubicon
7. A Louse Is Not A Home



             



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