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- Membre : Van Der Graaf Generator, The Purple Helmets
- Style + Membre : Peter Hammill Et Gary Lucas

Peter HAMMILL - And Close As This (1986)
Par ARP2600 le 6 Novembre 2014          Consultée 774 fois

Il fallait bien que cela arrive un jour, à force d'être productif comme ça... Fin 1986, Peter HAMMILL a sorti un mauvais album, son étoile s'était envolée, son génie s'était brisé. Depuis lors, il a encore été fort productif, mais rares sont les albums qu'on peut vraiment qualifier de bons. Il est d'ailleurs devenu plus confidentiel que jamais, seule la renaissance de VAN DER GRAAF GENERATOR en 2005 lui ayant redonné un peu de visibilité. L'évolution a été lente depuis lors, tous ces albums laissant souvent un peu la même impression : musique assez poussive, claviers faiblards, étrangeté ne compensant pas un manque de charisme mélodique, lequel conduit à ne rien retenir après l'écoute. Un jugement dur et caricatural, me direz-vous, mais il faut bien annoncer la couleur... quand on est en admiration pour tout ce que HAMMILL a donné au monde du rock, on ne peut qu'être peiné et déçu d'entendre cette pléthore de chansons médiocres.

Le pire vient cependant tout de suite, avec ce maladroit And close as this. Le principe de l'album est l'antithèse de Skin : un son dépouillé, juste le chant plus un clavier, celui-ci pouvant être un vrai piano ou un instrument électronique. En un sens, HAMMILL était une fois de plus en avance sur son temps car il a utilisé, avec l'aide de son ami Paul Ridout, des ordinateurs et des systèmes MIDI. Quant on sait la calamité que ces sonorités informatisées représentent pour la musique électronique du côté de 1990, on peut avoir des craintes. Ce n'est effectivement pas une bonne innovation, ces claviers sont vraiment d'une platitude déprimante.

S'il n'y avait que cela de déprimant... là aussi à l'opposé de Skin qui proposait une musique rythmée et clinquante, ce disque est constitué de ballades ou autres chansons lentes, à l'exception de «Confidence». Une erreur fondamentale, que HAMMILL répétera malheureusement plusieurs fois (par exemple sur Everyone you hold en 97)... Peut-on seulement encore appeler cela de l'art rock ? Il est important de varier ses tempos, pourquoi a-t-il commencé à l'oublier en 86 ? Et s'il n'y avait encore que cela... Un album réunissant des chansons de la trempe de «Solitude», «In the End» ou «The Lie» serait sans doute un peu lassant et trop triste, mais au moins serait-on impressionné par la musique. Rien de tout cela ici, la comparaison est cruelle avec ses vraies grandes chansons au clavier.

C'est tout juste si on vibrera un peu sur la première chanson, «Too Many of my Yesterdays» (1), mais déjà là, le problème se fait sentir : bien au-delà d'un manque d'harmonie, HAMMILL nous sert de la monodie sur ce disque. Se croirait-il revenu à l'époque du plain chant ? En d'autres termes, il chante la même chose que ce qu'il joue sur son clavier, à l'unisson. Bien souvent, il n'y a qu'une ligne mélodique, un seul rythme, et très peu d'harmonie. Le dépouillement a ses limites, tout comme la patience de l'auditeur. Heureusement que «Confidence» brise un peu ce schéma mais sans grande brillance pour autant, et vu que la berceuse finale est particulièrement horripilante...

Enfin, ce qui me fait peut-être le plus détester ce disque, c'est certaines critiques qu'on peut en lire. Les gens sont libres d'aimer ce qu'ils veulent bien sûr, mais tellement d'éléments objectifs en matière de composition et d'arrangement disqualifient ce disque... Et pourtant, oui, on en lit du bien, déraisonnablement. Certains sont sans doute en admiration devant une démarche aussi pure. Le chanteur seul avec son clavier, se livrant à l'ascétisme musical, ça en jette. Eh bien non, il ne suffit pas de venir avec une grande idée pour faire un chef-d’œuvre, au mieux on peut trouver cela propre et reposant, mais il est inconvenant de dire que c'est magistral. Bref, la simple pensée que certains sites parmi les plus fréquentés de l'internet classent ce disque au-dessus des grands de la période 71-75 me donne la nausée, mieux vaut s'arrêter ici...

(1) À noter, pour enfoncer le clou un peu plus, qu'une mélodie de cette chanson était déjà présente dans «Now Lover» sur Skin. Enfin bon, difficile de dire laquelle il a composée en premier vu que tout cela est sorti en 1986.

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- Peter Hammill (chant, clavier)


1. Too Many Of My Yesterdays
2. Faith
3. Empire Of Delight
4. Silver
5. Beside The One You Love
6. Other Old Cliches
7. Confidence
8. Sleep Now



             



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