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- Membre : Van Der Graaf Generator, The Purple Helmets
- Style + Membre : Peter Hammill Et Gary Lucas

Peter HAMMILL - Fireships (1992)
Par ARP2600 le 27 Janvier 2015          Consultée 572 fois

En 1992, Peter HAMMILL inaugure une nouvelle stratégie, un nouveau plan de carrière. On le sentait déjà depuis le sinistre And close as this, mais la chose est maintenant formalisée explicitement : il veut séparer les ballades romantiques et autres chansons lentes sur des albums distincts des numéros plus rythmiques. En s'appuyant sur un petit jeu de lettres, il appelle les deux catégories les A-Loud – loud voulant dire bruyant, et aloud «à voix haute» – et les B-Calm – to becalm signifiant «calmer». Pour illustrer la chose d'emblée, il a sorti en 92 et 93 une première paire : d'un côté le délicat Fireships, de l'autre le plus vigoureux The Noise. Ceci dit, l'histoire a fait que c'est la seule vraie paire mais la chose a encore été illustrée épisodiquement depuis lors.

Ces deux albums marquent un certain retour d'une belle écriture et d'un son acceptable chez HAMMILL, bien que cette idée de séparation soit discutable. Ce n'est pas une vérité absolue, bien sûr, mais faire une œuvre entière dans les mêmes rythmes et ambiances me semble décidément dommageable. On a facilement tendance à s'ennuyer, surtout dans le registre «becalm», celui que HAMMILL semble malheureusement affectionner le plus... La chose est vraie chez les grands compositeurs comme en musique pop, et bien sûr en art rock : il sera toujours plus agréable d'avoir une certaine alternance entre passages lents et rapides, la lenteur étant invariablement difficile à réussir.

Et donc, voici ce Fireships, un disque plutôt réussi, mais difficile à apprécier d'un bout à l'autre, et qu'on n'aura pas souvent envie d'écouter. Il est très romantique et mélancolique, certaines ambiances sont fort belles mais tristes, surtout dans la première moitié de l'album. Contrairement à And close and this qui était désespérément dépouillé mais avec un ou deux passages rapides, la règle du becalm est respectée d'un bout à l'autre. La première chanson, «I will find you» est la plus nerveuse du lot avec la chanson-titre, elles sont un peu rock mais personne n'aura l'idée de dire qu'elles sont trépidantes... ce sont d'autre part les seules avec un semblant de batterie.

Parlons des sons, qui évoluent d'album en album. On sent une continuité avec Out of Water sorti deux ans plus tôt (laissons de côté l'opéra «The Fall of the House of Usher»), mais le mélange sonore est d'une bien meilleure qualité, il est même souvent assez prenant et pas trop dépouillé en moyenne. Tout ceci est encore plutôt daté, mais les sons midi s'améliorent ou sont remplacés par des synthés plus sérieux, c'est bon signe. On trouve les habituels violon et saxophone, de Stuart Gordon et David Jackson, joués de façon mystérieuse et lyrique pour renforcer le style de l'album.

Quant aux chansons elles-mêmes, elles montrent une poésie plus esthétique mais moins engagée que sur les opus précédents. La composition est dans la lignée de Out of Water mais en plus abordable. Si HAMMILL restera toujours un musicien très particulier, Fireships propose une écriture plus accessible que sa moyenne. Sinon, on est loin d'être revenu au niveau d'avant 1983, notamment à cause de titres mal harmonisés comme «Curtains» ou le final écolo «Gaia». Ce dernier aurait pu être une grande chanson, il donne quelques frissons mais son dépouillement dessert sa gravité, il est même un peu kitsch par moments et ne parvient pas à se terminer. Avec «Reprise», du remplissage caractérisé, une chanson-titre catchy mais un peu simple et un «Given Time» assez poussif (même dans l'optique d'un becalm), la deuxième moitié de l'album n'est pas la meilleure. D'autre part, le triplet «His Best Girl» - «Oasis» - «Incomplete Surrender» est très pertinent, sans doute ce que HAMMILL avait fait de mieux depuis Patience. Là on trouve un beau sens de la mélodie, de l'harmonie et de l'orchestration, ce qui induit des ambiances charmantes.

Un disque acceptable, donc, ce qui fait plaisir après six ans de disette. Difficile de prévoir à qui ce disque plaira... ce n'est pas vraiment du rock ni de la musique électronique, HAMMILL se fichant un peu des classifications. Il faut aimer le registre lent, avec une orchestration colorée pour un résultat romantique... difficile d'en dire plus. Il est un peu juste pour être vraiment qualifié de «bon» mais vu qu'on ne peut pas objectivement le placer en-dessous d'un Skin, soyons généreux.

Note : 2,5/5

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- Peter Hammill (chant, claviers, piano, guitares, basse, percussio)
- David Lord (claviers, cordes, basse, arrangements, samples)
- Stuart Gordon (violon)
- David Jackson (saxophones, flûte)
- Nic Potter (basse)
- John Ellis (guitare)


1. I Will Find You
2. Curtains
3. His Best Girl
4. Oasis
5. Incomplete Surrender
6. Fireships
7. Given Time
8. Reprise
9. Gaia



             



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