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- Membre : Van Der Graaf Generator, The Purple Helmets
- Style + Membre : Peter Hammill Et Gary Lucas

Peter HAMMILL - Skin (1986)
Par ARP2600 le 30 Octobre 2014          Consultée 804 fois

1986, la musique est entrée dans une nouvelle ère. La technologie n'impressionne plus grande monde, le CD commence à être connu ainsi que divers appareils numériques. C'est l'ère du gadget, de l'électropop, du vidéoclip, des concerts en stades, un paysage plus commercial que jamais. Qu'allait pouvoir tenter un artisan de l'ombre comme Peter HAMMILL dans tout ça ? C'est qu'il a un peu laissé filer le temps depuis 83 et aura bien du mal à le rattraper... Et donc, dans son premier album de 86, Skin, il axe le son sur le synthétiseur numérique DX7 et se permet des ambiances étrangement kitsch par moments. Il commence également à utiliser des ordinateurs et mixe lui-même pour la première fois son travail. Comme il le dit lui-même, c'est un «tout nouveau monde».

C'est évident, l'espace de trois ans entre deux albums studio a irrémédiablement coupé en deux sa carrière. Pourtant, il n'est pas resté inactif dans l'intervalle. Il a continué à faire des concerts avec le K-Group assez tard dans l'année 84, dont des enregistrements ont été publiés en 85 sur le live The Margin. En parallèle, il a revisité un certain nombre de ses ballades sur le disque The Love Songs, mais c'est plus une compilation qu'un véritable album. Le temps de se familiariser avec les nouvelles technologies et Skin a pu sortir début 86, ce qui laisse moins d'oisiveté qu'il y paraît. Notons que c'est aussi pendant cette période que HAMMILL s'est lié au groupe MARILLION, leur ayant donné un coup de main pour leur Fugazi (ce qui explique les références sur la pochette de celui-ci).

Sur Skin, le son est étrangement complaisant, tandis que l'écriture des chansons reste assez difficile. Difficile de concilier les deux, ce pourquoi il ne pouvait d'ores et déjà pas être un grand album. Par exemple, HAMMILL reconnaît lui-même que l'arrangement au synthé de «Painting by numbers» est maladroit... il suffit de l'écouter pour le constater, ces fausses trompettes sont ridicules et c'est dommage car la chanson aurait valu bien mieux que cela. Dans une moindre mesure, la chanson-titre est également excessive et quelques autres passages un peu partout dans l'album manquent de finesse. Tout n'est pas électronique, cependant, HAMMILL s'entourant de ses complices habituels (Banton est crédité au violoncelle ? C'est étrange), avec même un didgeridoo sur «Now Lover».

En dehors de toutes ces considérations d'orchestration, Skin est fort comparable à Enter K, dans sa structure comme au niveau de l'écriture, ses défauts placent juste Skin un cran en-dessous. Certaines plages sont quand même de toute beauté. «After the show» utilise les synthés plus en douceur et le saxophone de David Jackson y est magnifique. «All said and done» et «A perfect date» proposent un mélange plus rythmique, difficile d'ailleurs de ne pas faire le rapprochement entre cette dernière et TALKING HEADS.

Le principal faux pas reste «Four pails»... une telle lamentation existentialiste tombe à plat sur un album somme toute fort positif – notons que cette chanson est de Chris Judge Smith et Max Hutchinson. Le disque s'achève par une chanson complexe d'une dizaine de minutes, «Now Lover», qu'on peut aisément mettre en correspondance avec «Happy Hour» sur Enter K. Elle est un peu rugueuse, mais la mélodie est excellente et l'envolée finale est jouissive. On peut encore citer la plage bonus, intégrée à certains CD dès 86, la simple mais efficace «You hit me where I live», composée et enregistrée sur le vif, et qui aurait pu faire un chouette single de rock.

Skin est un disque un peu bancal, un peu inégal, mais il ne faut pas le juger trop durement à la première écoute, la composition est tout-à-fait du niveau, le chant de HAMMILL est joliment incisif, ce qui aide à faire passer la pilule du son. C'est un peu juste pour le qualifier de bon album, mais, étant donné que les choses allaient très nettement se gâter par la suite, on peut se montrer indulgent.

Note : 2,75/5

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- Peter Hammill (voix, guitare, claviers)
- Guy Evans (batterie)
- David Jackson (saxophones)
- David Coulter (didjeridoo)
- Stuart Gordon (violon)
- Hugh Banton (violoncelle)
- David Luckhurst (choeurs)
- Paul Ridout (sons électroniques)


1. Skin
2. After The Show
3. Painting By Numbers
4. Shell
5. All Said And Done
6. A Perfect Date
7. Four Pails
8. Now Lover
9. Bonus : You Hit Me Where I Live



             



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