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- Membre : Van Der Graaf Generator, The Purple Helmets
- Style + Membre : Peter Hammill Et Gary Lucas

Peter HAMMILL - In A Foreign Town (1988)
Par ARP2600 le 19 Novembre 2014          Consultée 793 fois

Le cas de In a foreign town est un peu épineux. Ah, cette époque où on plaçait sa foi en la technologie... Un genre de scientisme contemporain, je suppose, une position jamais très raisonnable. Peter HAMMILL a voulu faire un album à la pointe du progrès, et en même temps le plus engagé qu'il ait jamais écrit. Le résultat est assez paradoxal et, de toute façon, le son terriblement daté le rend bien difficile à apprécier vingt-cinq ans plus tard. Ainsi, ce disque est un des moins aimés des fans bien que n'étant certainement pas le moins intéressant.

Devant ces critiques, HAMMILL lui-même reconnaît ses torts, mais insiste sur le fait que c'est un album de transition, qui a été très important pour son développement artistique. Sur son site «sofasound», il se justifie assez longuement sur ce sujet. On peut également y constater qu'il considère carrément ce disque-ci comme le début de la seconde partie de sa carrière. Je pense cependant qu'il n'y a pas de transition brusque, celle-ci est lente et s'opère d'abord sur Skin, qui présente le même type de composition que les albums de 82-83 mais avec des sonorités très différentes ; elle se continue sur In a foreign town en fin 88, où l'écriture est intermédiaire et les sons plus secs, dominés par le midi ; et elle s'achève sur Out of water début 90, qui présente le style d'écriture qu'il perpétuera dans la décennie suivante, moins rock, plus romantique, avec une harmonie et des rythmes assez différents de ceux du passé (tout est relatif, on reconnaît toujours sa patte). L'exercice de style And close as this et la collaboration instrumentale avec Guy Evans, Spur of the moment, étoffent cette époque mais sont plutôt des hors-séries.

La transition se situe donc surtout au niveau de la composition musicale. HAMMILL se cherchait, ce qui rend sa musique un peu quelconque sur In a foreign town, elle manque de personnalité, ce qui lui est rarement arrivé (indépendamment de considérations de qualité). Seul The Noise, avec lequel il a quelques points communs, est encore moins personnel avec son rock de pacotille. Ce jugement ne concerne évidemment pas la version remodelée de «Sci-finance», une chanson de VAN DER GRAAF, présente sur le live Vital. Il reste que des plages comme «Invisible Ink», «Auto», «Vote Brand X» ou le final «Under Cover Names» sont entraînantes malgré le son en carton. Les ballades sont moins épargnées, «This Book», «Time to burn» et «The play's the thing» souffrent d'un problème comparable à And close as this et ne sont sauvées que par leur alternance avec des titres plus rythmés.

Parlons plus en détail du problème de son. Il est le même que sur Skin et And close as this : des synthétiseurs mal maîtrisés et/ou utilisés en présets, du MIDI géré par son acolyte Paul Rideout, qui induit une étrange platitude du son. On trouve donc encore des trompettes disgracieuses, mais moins pires que sur «Painting by numbers», des pianos ne valant pas un bon Fender Rhodes, etc. Il y a encore beaucoup de batterie, mais peu de guitares. Cette aridité se sent particulièrement sur l'introduction «Hemlock», qu'on sent être une bonne chanson sur le papier, surtout avec ce texte offensif, mais qui n'arrive pas à décoller, la musique hésite et, après six minutes, on sent surtout l'occasion manquée. «Sci-finance» est forcément un bon exemple aussi, si on la compare avec la version originelle, on constate à quel point c'est aseptisé ici. En fait, c'est assez original, plutôt différent du son consensuel qui régnait à la même époque dans la synthpop et le hard FM, mais on s'en lassera vite.

Le plus intéressant est finalement cet ensemble de textes, plus engagés les uns que les autres. HAMMILL stigmatise l'hypocrisie de notre civilisation : armée, démagogie, pollution, corruption, tout y passe, ainsi que diverses injustices... Un propos toujours d'actualité. En passant, remarquons la discrète citation de «Biko» de Peter Gabriel à la fin de «Sun City Nightlife». HAMMILL a souvent exprimé de la philosophie, mais n'avait guère attaqué des thèmes de société explicites que sur The Future Now et pH7 et ne le refera plus à ce point par la suite. Pour cette raison, on peut donc quand même recommander un minimum cet album moyen à toute personne déjà familière avec le meilleur de sa discographie.

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- Peter Hammill (tout sauf)
- Stuart Gordon (violon)
- Paul Ridout (ordinateurs)


1. Hemlock
2. Invisible Ink
3. Sci-finance (revisited)
4. This Book
5. Time To Burn
6. Auto
7. Vote Brand X
8. Sun City Nightlife
9. The Play's The Thing
10. Under Cover Names
11. Bonus : Smile



             



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