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- Membre : Van Der Graaf Generator, The Purple Helmets
- Style + Membre : Peter Hammill Et Gary Lucas

Peter HAMMILL - Clutch (2002)
Par ARP2600 le 31 Août 2015          Consultée 696 fois

Quand on connaît la façon dont la carrière de Peter HAMMILL a évolué, au cours des années 90 d'une part, depuis 2004 d'autre part, Clutch apparaît comme une surprise. Coincé entre des disques atmosphériques à tendance électronique et une série plus dépouillée et hermétique, il s'agit curieusement d'un album « à l'ancienne », entièrement basé sur l'utilisation de la guitare acoustique, avec des mélodies typiques de HAMMILL, mais d'accès facile, à raccorder directement à Fool's mate, Nadir's big chance ou Over.

Comment en est-il venu à effectuer ce retour aux sources ? Il semble qu'il n'y ait pas de raison particulière. Il avait deux ou trois ballades acoustiques sous le bras, il en a composé une ou deux autres, et l'idée du projet est apparue d'elle-même. Il y a bien quelques artifices : un peu de réverb, un peu d'overdub, mais c'est un fait, il n'y a que des instruments acoustiques tout au long des neuf plages. Il n'y a pas non plus de synthétiseurs ou de piano. Les seuls écarts qu'il se soit permis sont les interventions bienvenues de Stuart Gordon au violon, et de David Jackson aux flûtes et saxophones. On pensera donc facilement au folk sur ce disque, mais comme sur ses premiers albums, la nature sombre et torturée, le lyrisme de ses mélodies, nous tiennent quand même assez loin de ce style.

Une telle approche plus directe s'accompagne assez logiquement de textes moins personnels, plus concrets, même si on se rend bien compte qu'il aborde des sujets qui lui tiennent à cœur. Ainsi, sans doute est-ce parce que HAMMILL a élevé deux filles, mais plusieurs chansons dénoncent certains problèmes des jeunes filles. Si « Once you called me » est un peu trop romantique, la dénonciation des abus sexuels sur « Just a child » et de la mode de la maigreur sur « Skinny », est dure et prenante. « This is the fall » traite de l'intolérance religieuse, l'auteur y affirme qu'il ne croit pas en Dieu mais respecte les croyants, et dénonce les intégristes qui gâchent tout. « Driven » et « The Ice Hotel » reviennent à sa philosophie habituelle, la vie et la mort, tout ça, tandis que « Crossed Wires » parle de la difficulté des relations humaines, complétée par la question de l'argent sur « Bareknuckle Trade ». Une belle écriture comme toujours, même si elle n'est pas trop mystérieuse cette fois.

Un problème de Clutch est peut-être simplement sa conception. 45 minutes de guitare acoustique, c'est bien, mais peut-être un peu limité, malgré des efforts évidents d'élargir la palette de travail. Les grands albums de la période 71-76 alternaient guitare acoustique, piano et arrangements rock plus complets. Le problème est loin d'être aussi grave que celui d'un And close as this avec les claviers, heureusement, d'autant que la composition tient la route. On n'atteint pas la pureté de « Slender Threads » ou « Rubicon », mais ce n'est par moments pas si loin. Autre minuscule remarque, les chœurs overdubbés ne sont décidément pas une bonne idée, dommage qu'il en ait usé aussi souvent dans la deuxième partie de sa carrière.

Sinon, ce qui fait assez plaisir est de sortir quelque peu du schéma « BeCalm ». Bon, HAMMILL a toujours proposé beaucoup de ballades, et il s'agit encore de la base de ce Clutch, mais on retrouve une diversité rythmique plus correcte, dès le début de l'album. « We are written » est un mid-tempo assez héroïque, puis « Crossed Wires » est vraiment rapide, sans doute la plus folk du lot d'autre part. Le final « Bareknuckle Trade », long de huit minutes, est plus progressif, entre passages modérés et une envolée musclée où deux ou trois pistes de guitares se répondent très joliment. Du côté ballades, il faut bien avouer que « Once you called me » et « Skinny » sont assez basiques. Les deux plages centrales de l'album, « The Ice Hotel » et « This is the Fall », rappellent plus le travail des pronoms, et sont plus tendues et mystérieuses. Dommage que la synchronisation n'y soit pas extraordinaire. Le meilleur titre est finalement la mélancolique « Driven », très belle et évocatrice. Sur celle-là comme sur d'autres, on pensera en particulier à Over.

C'est d'ailleurs un peu la conclusion de cette chronique. Clutch est un des albums les plus abordables de Peter HAMMILL, mais il faut insister sur le fait que c'est une exception à cette époque tardive de sa carrière. Tous les suivants, sauf peut-être en partie Thin Air, comptent au contraire parmi les plus difficiles, on peut même y parler de travail de déconstruction de son style. Rien de tel sur Clutch qui présente une dernière fois, avec qualité, son écriture classique, et devrait plaire à ceux qui ont aimé Over ou Patience.

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   ARP2600

 
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- Peter Hammill (chant, guitare acoustique)
- Stuart Gordon (violon, alto)
- David Jackson (flûtes, saxophones)


1. We Are Written
2. Crossed Wires
3. Driven
4. Once You Called Me
5. The Ice Hotel
6. This Is The Fall
7. Just A Child
8. Skinny
9. Bareknuckle Trade



             



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