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- Membre : Van Der Graaf Generator, The Purple Helmets
- Style + Membre : Peter Hammill Et Gary Lucas

Peter HAMMILL - Out Of Water (1990)
Par ARP2600 le 9 Décembre 2014          Consultée 867 fois

Les années 90 chez Peter Hammill ne sont pas les plus passionnantes, il faut l'annoncer de suite. Comme nous l'avons déjà dit en parlant de And close as this, sa musique est devenue trop personnelle, plus vraiment du rock mais difficile à classer ailleurs, proposant beaucoup de ballades, dans un style romantique, à l'orchestration souvent dépouillée mais à l'écriture complexe voire embrouillée. En d'autres termes, on comprend mal où il veut en venir, et c'est particulièrement vrai sur cette première publication de la décennie, Out of water.

Il est difficile de parler d'un album aussi peu attractif pour un auditeur profane... Les chansons ont de la personnalité, certaines mélodies sont même agréables sorties de leur contexte, mais l'écoute laisse quand même indifférent. Une fois de plus, c'est sans doute dû au choix des sonorités. In a foreign town était dominé par les sons électroniques gérés par ordinateur. Ici, on retrouve un peu plus d'instruments habituels, comme en atteste le retour de John Ellis, Nic Potter et David Jackson, mais cela ne change pas fondamentalement le mélange. Par contre, pas de vraie batterie ici... quand on trouve des parties rythmiques, elles sont électroniques et peu vivantes. Les pianos ne sont pas non plus très expressifs, et même le violon de Stuart Gordon et le saxophone de Jackson ne réussissent pas à totalement faire vivre ces arrangements.

Les mélodies, donc, sont plutôt correctes, elles ont plus de cachet que celles de In a foreign town, mais le manque d'énergie fait pencher la balance du côté de celui-ci, d'autant que les textes sont assez nébuleux sur Out of water. «Evidently Goldfish» parle du fait d'avoir la mémoire courte, un mal de nos sociétés superficielles, tandis que «Our Oyster» parle du destin du monde, en incluant une référence au massacre de la place Tiananmen survenu l'année précédente. Le reste est moins engagé, plus tortueux, variant de la chanson d'amour à l'histoire peu convaincante d'une danseuse mexicaine. Il paraît que le final «A way out» se réfère au suicide de son frère, ce qui expliquerait qu'il ne veut pas en parler dans les notes fournies sur son site sofasound, en tout cas ces lignes poétiques sont à la fois simples, sombres et fortes.

Les deux chansons les plus faibles du lot sont la vaseuse «No Moon in the Water» (du niveau de And close as this) et la répétitive «On the surface» qui tourne en rond pendant huit minutes fort ennuyeuses. L'introduction «Evidently Goldfish» n'est guère savoureuse non plus. Ensuite, il sera difficile de ne pas remarquer la trop grande similitude entre «Not a man» et «Green Fingers», deux titres un peu plus rythmiques qui se dévaluent l'un l'autre... Allez, on se prendra peut-être à aimer cette ambiance presque dance, typiquement 1990, sur la seconde, où le saxo donne bien. «Something about Ysabel's dance» est vraiment frustrante, on voudrait aimer ce titre dépouillé avec violon et guitare acoustique, mais après cinq minutes, on ne voit vraiment pas ce qu'Hammill voulait faire passer. Les deux meilleurs titres sont finalement, de toute évidence, «Our Oyster» et «A way out», mais il ne sont pas géniaux pour autant, et de toute façon difficiles à aborder.

Le bilan est peu élogieux. On s'en veut de dire que c'est un mauvais album mais on n'en est malheureusement pas loin. Pour du Hammill, ce n'est absolument pas du niveau, même par rapport aux quelques albums suivants, plus décents. En fait, Fireships pourrait être vu comme une amélioration directe de Out of water, tandis que les trois suivants seront plus proches de disques de rock normaux. Une distinction due à une nouvelle stratégie, à mon avis fort dommageable, consistant à séparer les morceaux lents et rapides sur des albums distincts, nous en reparlerons mais Out of water annonce clairement ce qu'il a appelé ses «becalm». Il faut vraiment être un amateur de ballades hermétiques pour apprécier ce genre d'album.

Note : 1,5/5

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- Peter Hammill (chant, guitare, claviers)
- Stuart Gordon (violon)
- John Ellis (guitare)
- David Jackson (saxophone)
- Nic Potter (basse)


1. Evidently Goldfish
2. Not The Man
3. No Moon In The Water
4. Our Oyster
5. Something About Ysabel's Dance
6. Green Fingers
7. On The Surface
8. A Way Out



             



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