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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  REMIX

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- Style : Koichi Sugiyama , Yasunori Mitsuda
- Membre : Divers Compositeurs Jeux Video
- Style + Membre : The Black Mages , Sq Series

Nobuo UEMATSU - Distant Worlds Ii (2010)
Par CHIPSTOUILLE le 6 Novembre 2013          Consultée 1369 fois

C’était un jour de 1994, un article de journal parmi d’autres. La maquette sommaire arborait des illustrations colorées aux ambiances aussi inédites que marquées : une locomotive à vapeur parcourant une forêt mystique, une tombe vêtue d’un linceul au drapé digne des peintures de David, une créature fantasque à crinière verte et enfin ce colosse antique courbant l’échine sous le poids de son muscle. Le texte, élogieux mais sans dithyrambes, s’étalait sur quelques brèves colonnes oubliables. Dans le coin en bas, sur la droite, figurait la traditionnelle liste de notes. Au dessus d’un exceptionnel 98 blanc sur rouge marquant le caractère remarquable du jeu alors testé, 5 notes sur 20 à la moyenne outrageusement élevée. Et parmi toutes, dans ce qui est probablement resté une attribution rarissime dans l’histoire de la presse vidéo-ludique, Final Fantasy VI affichait fièrement la note parfaite de 20/20 dans la catégorie musique.

La suite de l’histoire est laborieuse, semée d’embûches et totalement hors de propos ici. Sachez simplement qu’une bonne année et demi plus tard, votre serviteur restait coi, devant une bataille finale épique, hommage à la divine comédie de Dante dans une fresque rappelant la chute des anges rebelles de Rubens, aboutissant à la version machiavélique d’un ange violacé évoquant le plafond de la chapelle Sixtine. Tout ceci se sublimait sous le coup de pinceau génial d’un Yoshitaka Amano alors au sommet de son art. Pour répondre à cette orgie picturale, il fallait un chef d’œuvre musical : orgue synthétique rappelant le meilleur de Jean-Sebastien BACH, celui-ci se perverti aux sirènes modernes d’une répétition technoïde, baroque synthétique complètement déjanté, à la mesure du visuel, l’achèvement d’un chef d’œuvre. Seule ombre au tableau, la peinture est passée au filtre du pixel et affiche une résolution, bien qu’honorable pour l’époque, tout à fait ridicule aujourd’hui. La musique faisait ce qu’elle pouvait pour s’accommoder des limitations techniques, et elle le fit bien. Mais bien que conquis, on ne pouvait s’empêcher de nourrir une certaine frustration. La contrainte sied fort à l’art mais lorsqu’elle le bride, pointe le désir de la retouche, d’un lendemain meilleur.

Cette retouche, impossible, blasphématoire pour certains, extrêmement rare, arrive parfois. Distant Worlds II recèle beaucoup de pépites, parmi celles-ci figure "Dancing mad". Enfin dépouillée de son aspect numérique, cette pièce grandiloquente retrace 300 ans de musique : chœur sacré perverti d’un chant évoquant l’orgasme, chromatismes baroques à l'orgue grimés de dissonances, heavy métal légèrement progressif, parachevé pas un solo de guitare façon Brian May en forme, avec la touche de kitch façon Era. C’est n’importe quoi, tous les papes depuis Rodrigo Borgia se sont claqués la paume sur le front (« facepalm », comme on dit). Mais ce n’est pas grave, parce que le grandiloquent kitch, c’est bon et on en redemande. Que tous ceux qui n’aiment ni QUEEN, RHAPSODY ou MUSE pour ces mêmes raisons aillent renifler le postérieur de Joey Di Mayo(naise).

Pour le reste, c’est, dans la continuité du joyau scintillant qu'est "Dancing Mad", enfin un sans faute ! On ne les compte plus, ces disques de reprises, remix, réorchestrations et que sais-je de Nobuo UEMATSU. Aujourd’hui, il en sort presque un par mois (1). Mais pour une fois, il n’y a rien à redire. Certes, on pourra regretter une sélection de titres peu aventureuse, mais le premier Distant World a déjà écrémé les évidences. Il reste les "Melodies of life", "Suteki Da Ne", et autre thème principal de FFVII, mais il faut en passer par là pour avoir un bon disque. Les habitués sauront déceler les inédits alléchants. Oui, "Prima Vista Orchestra" est un délice, une superbe fanfare bourrée d’humour et de bonhommie. C’est aussi pour ces thèmes humoristiques que l’on met un point d’honneur à ne pas couper le son quand on joue. Pour les brutes, "JENOVA" est aussi jouissive en conclusion que ne pouvait l’être "Bombing Mission" en introduction sur le précédent disque. Pour ceux qui préfèrent la douceur de l’acoustique, "Dear Friends" est imparable.

S’il fallait trouver un véritable défaut à ce disque, qui n'en n'a pas, c’est que la suite sous format DVD uniquement, est quasiment impossible à trouver. Les dernières interviews d’Arnie Roth laissent à entendre que la collaboration avec UEMATSU et plus généralement Square-Enix n’est pas terminée. La reprise de "Dark World" (2) en concert, laisse présager des surprises à venir. C’est donc avec une immense impatience qu’on attend un prometteur Distant World III. Contrairement aux Black Mages qui n’ont pût que piocher dans un répertoire très limité, l’exercice plus généraliste des Distant World n’a que l’embarras du choix. Et c’est avec un égoïsme pur que je vais donc conclure ce texte par une liste de courses, au cas où je serai lu… Messieurs donc, s’il vous plait, adaptez Forever Rachel, Catastrophe, Only a Plank Between one and perdition, Battle with Gilgamesh, Kingdom of Burmecia, Boss Battle (FFIV), Anxious Heart, Crystal Cave (FFIII) ou encore The Invicible. Par pitié, continuez à nous ravir des interprétations enfin à la hauteur de ce superbe répertoire.

(1) Dernier en date, un projet kickstarter de Overclocked remix pour sortir un coffret 5 CD des musiques de final fantasy VI. Pour les riches, il reste quelques exemplaires à 250€ le binôme. Pour les pauvres, c’est en téléchargement gratuit à cette adresse : http://ff6.ocremix.org/
(2) Pour ceux à qui ça ne parle pas, il s’agit du premier thème du « World of ruin » de Final Fantasy VI. (et si ça ne vous parle pas plus, jouez au jeu, vous vous ferez une fleur)

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Royal Stockholm Philharmonic Orchestra
- Elmhurst College Concert Choir
- Nobuo Uematsu's Band Earthbound Papas
- Susan Calloway (chant)
- Per Skareng (guitare électrique)
- Oskar Ekburg (orgue)
- Laura Stephenson (harpe)
- Arnie Roth (direction)


1. Prelude
2. The Man With The Machine Gun
3. Ronfaure
4. A Place To Call Home - Melodies Of Life
5. Zanarkand
6. Dancing Mad
7. Victory Theme
8. Suteki Da Ne
9. Terra's Theme
10. Main Theme Of Final Fantasy Vii
11. Prima Vista Orchestra
12. Dear Friends
13. Jenova



             



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