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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis

Anthony PHILLIPS - Private Parts & Pieces Iii - Antiques (1982)
Par MARCO STIVELL le 8 Septembre 2010          Consultée 1656 fois

Anthony PHILLIPS continue son petit bonhomme de chemin totalement à contre-courant de son époque en faisant paraître ce nouveau volume des "parties et pièces privées" entre deux albums importants. Mine de rien, Ant a des fans, peut-être pas énormément, un petit peu éparpillés, mais il en a c'est sûr. Enrique Berro Garcia, un talentueux guitariste argentin, en fait partie. Ils se sont rencontrés au temps où Ant était sur le label Arista, donc à la fin des années 70, et Enrique avait bluffé son idole en interprétant un des classiques de cette dernière, "Collections". Ant précisera même "mieux qui lui-même" en interview.

Ils ne pouvaient que se retrouver pour un disque. L'idée a été pensée, et finalement, that’s it. Antiques est le seul volet de la série Private Parts & Pieces à avoir été totalement réalisé avec un musicien autre que Ant, en duo quoi. De plus, il porte bien son nom : nous avons là une succession de tableaux en rapport avec la nature et autres images assez terre-à-terre, mises les unes après les autres comme des reliures anciennes. La formule musicale consiste en des pièces pour au minimum deux guitares, acoustiques et classiques en majorité. Mais rassurez-vous, même si vous ne goûtez que très peu à ce type d'ambiance, les instrumentistes concernés savent varier les plaisirs et sont loin, très loin même d’étaler leur virtuosité (et surtout pas par pure prétention) sur toute la longueur du disque. Il n’y a guère que quelques moments comme la fin de la "Suite in D Minor" (la partie "Catacombs"), où Enrique se réserve un petit solo de guitare électrique, et encore ça reste très mélodique et bien évidemment pour le moins joli.

Le reste est constitué de morceaux plus ou moins longs, majoritairement composés collectivement (seuls "Ivied Castles" et "Old Wives Tale" proviennent de la plume d’Ant seul) et sont tous aussi beaux les uns que les autres. Ou presque : "Danse nude" sonne vraiment bizarre, avec des 12 cordes tellement modifiées (par bandes inversées) qu’on dirait des sitar indiens… De plus, il convient de conserver la pochette près de soi lors de l'écoute de ce disque car comme je l'ai dit plus haut, la quasi-totalité de ces titres renferment cet esprit qui les fait judicieusement appeler "antiques", et ils sont remarquablement bien illustrés par cette bibliothèque, bien que la meilleure option soit de posséder la version vinyle pour mieux apprécier le génie du peintre Peter Cross (comme pour toutes les autres pochettes d'ailleurs). A commencer par "Mother Forest", qui nous plonge en plein cœur d’une forêt ancienne…

Mais c'est une atmosphère qui ne vous lâchera plus ensuite. La "Hurlingham Suite" est particulièrement réussie, avec ce thème sautillant sur la deuxième partie de "Ivied Castles", les harmoniques de "Frosted Windows" qui évoquent la buée sur les vitres, ou encore "Bandido" qui ne pouvait que sonner hispanique. "Church Bells at Sunset" est une belle conclusion, l’un des morceaux de l’album les plus propices à la rêverie, tout en reprenant l'un des thèmes de "Ivied Castles". L'autre suite placée juste après représente également l'un des sommets de l'album, du début "tourbillonnant" jusqu'au final plus étoffé. On a à côté de cela un "Elegy" plutôt mélancolique mais somme toute très agréable (ah ces accords dont Ant est le grand roi...), "Otto’s Face" et son joyeux passage aussi répétitif qu’un refrain et tout autant efficace, enfin "Esperansa", le plus romantique en raison principalement de sa mélodie lumineuse de guitare électrique. Mais je tiens à préciser pour les plus enthousiastes que cette dernière n'est présente que sur deux titres de l'album et je les ai cités. Ce choix nous renvoit un peu à l'image de la carrière d'Ant, durant laquelle il l'aura peu utilisée, et ce malgré un passé solide en matière de rock, progressif ou pas. Quant à "Sand Dunes", c'est la moins évidente de toutes et donc qui demandera le plus de temps, proposant malgré tout sur près de neuf minutes une série de thèmes pour le moins très intéressants : le début, la reprise du thème de "Danse Nude", ou encore la rupture rythmique du milieu entre autres.

Un son "ancien", pas cotonneux le moins du monde cependant, feutré juste ce qu'il faut pour la douceur ainsi que les passages plus caractériels. Un bien bel album qui est l'exemple type de l'album de guitare montrant, sans verser dans la démonstration, que l'on peut faire beaucoup de choses et conserver une grande musicalité, même avec des instruments (presque) uniquement acoustiques et au beau milieu d'une période qui prône une toute autre vision des choses. A réserver pour les heures de tranquilité, de préférence le soir, dans un fauteuil au coin d'un feu.

Note réelle : 4,5/5

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   MARCO STIVELL

 
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- Anthony Phillips (guitares classique, acoustiques 6 et 12 cordes, ba)
- Enrique Berro Garcia (guitares classique, électrique, acoustiques 12 cor)


1. Mother Forest
2. Hurlingham Suite : (i) Ivied Castles
3. (ii) Frosted Windows
4. (iii) Bandido
5. (iv) Church Bells At Sunset
6. Suite In D Minor
7. Danse Nude
8. Esperansa
9. Elegy
10. Otto’s Face
11. Sand Dunes
12. Old Wives Tale



             



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