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- Style : Bernard Benoit
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Anthony PHILLIPS - Field Day (2005)
Par MARCO STIVELL le 15 Novembre 2011          Consultée 1173 fois

Ah là là, ce cher Ant… Cela faisait des années qu’il ne nous avait plus fourni en pièces de guitare(s). Et le voilà qui nous revient avec un album, double (!) et entièrement constitué de guitares (!!). Cela n’a pas été facile d’y arriver. Ainsi qu’Ant le détaille dans la préface du disque, le projet a commencé en 2001 lorsque le musicien, émergeant de ses travaux pour piano et claviers, ne supportait plus de voir ses chers instruments à cordes le regarder avec reproche. Avec du matériel en poche, c’est en juin 2002 qu’il commence à enregistrer, mais comme il le dit lui-même, ça n’a pas marché : trop de fausses notes. Deuxième essai en 2003, mais cette fois l’ordre des notes n’était pas le bon. C’est en 2004 que tout se concrétise, mais il faut attendre la mi-2005 pour que le choix se finalise, autant en ce qui concerne les morceaux que leur ordre, et pour cela, on peut aussi remercier Marcus Davidson pour avoir secondé Ant. Ce dernier a alors amassé une quantité colossale de morceaux, et quoi de mieux qu’un double album pour éponger l’attente de ces nombreuses années ?

Qu’on se rassure tout de suite. Ant n’a pas essayé de faire un Twelve bis. Le mot d’ordre de Field Day est : diversité. Sans parler de l’ordre pleinement réfléchi des morceaux et complètement abouti (avec des interludes idéalement placés), mais aussi de la production. Cette dernière, claire, lumineuse, limpide, est également tout simplement parfaite, faisant mieux ressortir le son des guitares que jamais. Il convient aussi de dire que, contrairement au premier Private Parts & Pieces par exemple, il ne s’agit ici que ou presque que de pièces pour guitares seules, pas d’ensemble. Seules une poignée de titres peuvent se vanter de se démarquer en affichant une piste supplémentaire ("Girl in the Gallery" pour ne citer que lui).

Il faut dire que malgré cela, le travail réalisé est réellement énorme. D’autant plus que la diversité joue beaucoup, tant dans le son des guitares (et donc l’accoutumance à l’écoute pour l’auditeur) que dans la trame de ces pièces. On peut d’ailleurs dire qu’il y en a pour toutes les humeurs : lumière (tous les morceaux du début jusqu’à "Nocturne") et ombre ("Weeping Willow" excepté sur sa dernière partie), contemplative ("River of Life"), inquiétante ("White Spider"), mélancolique ("Tryst", "Weeping Willow"), exotique (les morceaux de charanga), et j’en passe. Cependant, cela ne suffit pas. Vous êtes avertis, je me sens le besoin d’en rajouter. Deux disques, soixante morceaux (certains courts et d’autres moins), c’est long. Et puis surtout, même si on est fan d’Ant, on risque de facilement s’y perdre. Voilà pourquoi je conseille de fragmenter l’écoute. J’entends par là de faire des pauses à divers moments, et notamment aux quarts des albums. Par exemple, écouter la première moitié du premier CD (jusqu’à "Concerto de Alvarez" inclus), pause, la deuxième moitié, pause, première moitié du deuxième CD (jusqu’à "Tearaway" inclus), pause, puis deuxième moitié. D’autant plus que certains morceaux requièrent leurs ambiances et leurs moments d’écoute, ce qui rend le challenge plus ardu…

Ce qu’il faut d’abord dire, c’est qu’il y a peu de redites par rapport aux albums précédents. Je ne vois personnellement que trois moments. La "Nocturne" de 1973, présente sur Back to the Pavilion (1980) qui est répétée fidèlement et toujours de manière agréable. Ensuite "Steps Retraced" dont l’origine remonte à 1982, et ce n’est pas rien puisque le refrain de la chanson "Traces" d’Invisible Men est repris, avec variation malgré tout, d’où un tel titre. Enfin, mais là c’est plus minime, le morceau "Flotsam and Jetsam" (qui n’a rien à voir avec la chanson de Peter Gabriel) évoque le "Sea Jewel" de Time & Tide. Du reste, chaque morceau a été composé entre 2001 et 2004. Et c’est heureux quelque part qu’Ant ait attendu jusque là, car cela nous permet de découvrir l’un des derniers morceaux écrits, à savoir la merveilleuse "Parlour Suite", qui nous révèle le son d’une guitare particulière (la Parlour justement), et qui nous fait constater que le musicien n’a pas perdu la main pour ce qui est de l’écriture des suites. Celle-ci est tout simplement à ranger parmi ses meilleures, très folk tout comme la majeure partie du reste de Field Day.

Curieusement, les morceaux les moins aboutis (attention, j’ai seulement dit les moins aboutis) semblent être ceux mettant en scène la 12 cordes (la John Marlowe), instrument qui est pourtant un des emblêmes de la carrière d’Ant. Cela ne les concerne pas tous, loin de là, mais je parle notamment des morceaux atteignant les huit minutes. Le "Concerto de Alvarez" (clin d'oeil à ce cher Paco De Lucia) surtout sonne très improvisé, et le thème qui revient souvent n’empêche pas de ressentir une légère sensation de "ne pas savoir où on va". Un peu comme "Flamingo" vingt-cinq ans après même si on devine un certain progrès. L’autre pilier du premier CD, "White Spider", avec Ant qui se balade dans les notes aigües donne un effet hypnotique. Mieux encore, dans les pièces de 12 cordes Brook, il y a ce "To the Lighthouse" avec ses arpèges bizarres, difficile d’accès aux premières écoutes, et qui demande un certain temps pour se révéler. Sinon dans les plus courtes, on retient, parmi les John Marlowe, surtout "River of Life" et le thème principal de l’album, le lumineux "The Voyage Out", répété dans "Chasing the Light", "Half Way Out" et "Out and Beyond", mais orchestré de manière différente (les bandes inversées qu'affectionne tant le guitariste). Quant à la Gould, les morceaux de "Driftwood" à "Sunfish Shallows" inclus sont magnifiques, très aquatiques.

Pour ce qui est des autres instruments, je ne vais pas citer tous les morceaux, mais quant à ceux qui se démarquent le plus, outre ceux de la Parlour, on peut aisément retenir les pièces de guitares à cordes nylon, "Field Day" (joyeux et élancé), "Girl in the Gallery", "Timeline" entre autres. Et l’ordre est encore une fois bien pensé, notamment pour "Smart Alec" et "Prayer for Natalie", idéalement placés tout à la fin. Et on ne peut pas parler des moments les plus aboutis de Field Day sans citer ceux où c’est la 6 cordes qui joue. "High Fives", "Credo", "Cerise", "Home Sweet Home" (rien à voir avec Peter encore une fois) sont resplendissantes, gentilles à souhait. Mais ce sont, et je finirai avec elles, les pièces de 6 cordes Brook qui ont ma préférence, pour tout l’album j’entends. Comment résister à la force que dégage chacune ("Largo d’Amour", "Kissing Gate"…), à la douceur feutrée des "Midnight Blue" et "Evening Shroud", à réserver pour le soir…

Globalement, on navigue entre différentes sonorités, humeurs, ambiances, des moments agréables aux plus envoûtants… On pouvait craindre qu’Ant n’ait plus rien à dire niveau guitare, Field Day prouve nettement le contraire.

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   MARCO STIVELL

 
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- Anthony Phillips (guitares acoustiques, classiques, bouzouki, citter)


- disc 1
1. The Voyage Out
2. High Fives
3. Credo
4. Cerise
5. Runaway Horses
6. Home Sweet Home
7. Steps Retraced
8. Field Day
9. Nocturne
10. Tryst
11. Girl In The Gallery
12. Bel Ami
13. Concerto De Alvarez
14. Lifer
15. Chasing The Light
16. Parlour Suite I
17. Parlour Suite Ii
18. Parlour Suite Iii
19. Parlour Suite Iv
20. Parlour Suite V
21. Parlour Suite Vi
22. Parlour Suite Vii
23. Parlour Suite Viii
24. Swoon
25. River Of Life
26. Momento
27. Open Road
28. White Spider
29. Half Way Out

- disc 2
1. Weeping Willow
2. The Love Not Shared
3. Sojourn
4. Dawn Over The Field Of Eternity
5. Fallen City
6. Rain On Sag Harbour
7. Days Of Grace
8. Timeline
9. Oubliette
10. Tania
11. Babbling Brook
12. Shimmering Sharon
13. Tea Room In Terra Del Fuego
14. Mudlark
15. Tearaway
16. Midnight Blue
17. Evening Shroud
18. Rapscallion
19. Beyond The Castle Walls
20. Forgotten Pathway
21. Fairy Ring
22. Largo D’amour
23. Whippersnapper
24. Kissing Gate
25. To The Lighthouse
26. Driftwood
27. Festoons And Billows
28. Flotsam And Jetsam
29. Sunfish Shallows
30. Smart Alec
31. Prayer For Natalie
32. Out And Beyond



             



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