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FOLK-ROCK BRITANNIQUE  |  STUDIO

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- Membre : Fairport Convention

Richard THOMPSON - Pour Down Like Silver (avec Linda Thompson) (1975)
Par MARCO STIVELL le 24 Décembre 2014          Consultée 1338 fois

Le meilleur album de Richard THOMPSON ? Il est toujours difficile de le garantir, avec des carrières riches et aussi constantes en qualité... Pour Down Like Silver est le dernier du trio d'albums que les fans de la première heure citent volontiers, très volontiers même, pour représenter le génie du songwriting qu'est le non-moins génial guitariste britannique, et qui n'a pas son pareil pour faire des merveilles avec un matériau réduit. On est alors juste avant que Richard ne décide de mettre un terme à sa carrière musicale, préférant la spiritualité...

Et puis il y a Linda. Linda qui donne en cette même période la vie à Teddy, dont on sait avec le recul qu'il suivra beaucoup plus tard la trace de ses parents. Linda qui suivra elle-même Richard dans leur communauté soufie au même moment, autre signe de la tenue du couple avant qu'il ne devienne maudit... D'ailleurs, leur foi n'était même pas connue de leurs base de passionnés, jusqu'à cette pochette qui les représente tous les deux au recto et au verso, affublés de turbans. Comme d'habitude cependant, seuls les textes s'en inspirent : ces éléments restent absents de la musique.

Musique qui nous prend à la gorge, dès le premier riff de guitare de la chanson d'introduction. Dès le premier cri poussé par Richard sur « Streets of Paradise », on sait que l'on va avoir affaire à du grand, du très grand. La six cordes brode autour du chant, Linda est présente sur les refrains, mais il y a quelque chose en plus... Une densité, une force, quelque chose de libérateur et dont on sait qu'elle ne peut que se propager sur l'ensemble.

Ce disque a en fait deux aspects qui le dissocient des précédents, et notamment de Hokey Pokey. Comme le couple a tourné pour la première fois au début de l'année 1975 et que plusieurs chansons ont été jouées en avant-première, Pour Down Like Silver est enregistré avec un strict minimum d'overdubs et sonne plus « live ». Enfin, et suivant les principes du soufisme, cet album est plus ouvert et les égos sont moins développés, ce qui s'explique par un chant plus retenu, voire effacé, et qui se ressent à travers des chansons d'amour qui masquent fort bien leur source spirituelle.

King Richard réemploie son trio fétiche de collaborateurs, Donald, Donaldson et Kirkpatrick, mais on constate aussi les relations toujours fortes avec son ancien groupe, Fairport Convention. Si Simon Nicol le secondait à la guitare sur Hokey Pokey, la section rythmique Dave Pegg/Dave Mattacks participe à une poignée de titres ici. Le son retombe néanmoins comme on le sait dans une intimité saisissante, mais le tempo soutenu de « For Shame of Doing Wrong » fait décoller le morceau avec une grande force tandis que les voix se veulent solennelles. Nouveau chef-d'oeuvre...

À part « Hard Luck Stories » et son identité résolument folk-rock, Richard centre son propos autour du même type de simplicité que l'on avait pu apprécier sur I Want to See the Bright Lights Tonight mais en moins plombant, moins sombre. Les ballades « Beat the Retreat » et « The Poor Boy Is Taken Away » sont toujours aussi somptueuses. L'humilité totalement adoptée, le matériau de composition encore plus modeste ne font que valoriser la profondeur et la beauté des chansons.

Néanmoins, ce qui donne tout son sens à ces mots, le clou de l'album, ce sont les deux derniers morceaux de chaque face. Lorsque Richard débute « Night Comes In » seul à la guitare, on ne peut que se taire et s'émouvoir. La rythmique rentre quand on ne s'y attend pas, et le morceau s'étire en longueur avec un solo de guitare poignant, encore une fois loin des démonstrations de rock.

Pour « Dimming of the Day », chanson d'amour transie, Linda va chercher dans ses notes graves ce morceau sobre mais lumineux qui nous émeut autant que le « A Heart Needs a Home » de Hokey Pokey. Richard enchaîne avec une longue coda instrumentale et somptueuse à la guitare acoustique façon « piobaireachd » (musique classique pour cornemuse), s'envolant spirituellement dans le crépuscule vers le Nord Pakistan, puisque « Dargai » est une ville de cette région. Décidément, la quantité et le raffinement sont présents tout le long ici. À part peut-être « Hard Luck Stories » qui est juste un bon titre, il convient de s'incliner.

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   MARCO STIVELL

 
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- Linda Thompson (chant)
- Richard Thompson (guitares, chant)
- Timi Donald (batterie)
- Pat Donaldson (basse)
- Dave Mattacks (batterie)
- Dave Pegg (basse)
- John Kirkpatrick (accordéon, concertina)
- Aly Bain, Nick Jones (fiddle)
- Henry Lowther (trompette)
- Ian Whiteman (flûte traversière, shakuhachi)


1. Streets Of Paradise
2. For Shame Of Doing Wrong
3. The Poor Boy Is Taken Away
4. Night Comes In
5. Jet Plane In A Rocking Chair
6. Beat The Retreat
7. Hard Luck Stories
8. Dimming Of The Day / Dargai



             



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