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- Membre : Fairport Convention

Richard THOMPSON - 1000 Years Of Popular Music (2006)
Par MARCO STIVELL le 13 Février 2019          Consultée 251 fois

1000 Years of Popular Music, c'est une initiative de Richard THOMPSON pour le moins séduisante, d'autant plus lorsqu'on sait qu'elle vient de Playboy Magazine. Le périodique pour hommes demande au King britannique de lister celles qui, selon lui, figurent dans le top 10 des meilleures chansons du dernier millénaire. Ce à quoi l'intéressé répond qu'un tel choix ne peut correspondre qu'à 20 années seulement, et encore !

À ce dernier nombre, ajoutez deux et vous obtenez le total présent au concert-événement qui immortalise le détournement habile par THOMPSON de l'idée qui lui a été insufflée. Il a donc, bon an mal an, plutôt bien réussi à se fixer des limites ! 1000 Years of Popular Music, étrangement, n'est pas réalisé dans une petite salle ou un théâtre anglais, mais à San Francisco, au Bimbo's club, spécialisé en jazz et rock.

Non sans humour, le set joué par THOMPSON reprend ces deux styles, mais en acoustique pur. Le guitariste ne conserve que sa guitare folk et son micro (sur la couverture du coffret, on sourit en voyant son effigie face à celle... de Kurt COBAIN !). Deux dames l'accompagnent, celles qui ont figuré sur ses deux albums studio : Judith Owen et Debra Dobkin. Autant dire qu'il est, grand seigneur, très bien entouré, et c'est une remarque admirative sur le plan musical encore plus qu'un regard masculin non concerné directement par le mouvement LGBTQ (elles sont... ah ! superbes).

Owen joue de quelques claviers en plus de chanter, mais surtout, Dobkin aux percussions fait l'inverse : là où beaucoup de grands artistes qui l'emploient la laissent dans son rôle premier de frappeuse de peaux, THOMPSON tient à mettre sa voix en avant. Pas autant qu'Owen et lui, bien sûr, mais quand même ! Cela donne, dès le départ, sur fond de tambours de guerre, des strates et canons vocaux pour le moins envoûtants sur "Sumer is Icumen in", un chant de l'an de grâce 1260 (dans la liste initiale pour Playboy, un autre remontait à 1068 !).

Un climat s'installe, d'autant plus que deux des trois voix (Dobkin et THOMPSON) ne sont pas "droites", avec leur vibrato ou personnalité propre pour lui. La sélection ancienne est réduite, mais entre le King Richard troubadour de "So Ben mi ca Bon Tempo" (on est en pleine Renaissance, avec un maître de musique de Modène, Orazio Vecchi) et le King Richard galant de "Bonnie St. Johnstone", seul avec sa guitare, il n'y a qu'un pas et toujours autant d'enchantement !

Les reproches que l'on pouvait faire aux derniers disques de THOMPSON sont totalement absents ici, grâce à une sélection de reprises très bien faite, un dépouillement instrumental géré d'autant mieux qu'il est compensé par la/les force(s) vocale(s), et un bon esprit, tout simplement. Un des disques les plus positifs de l'artiste, il le doit autant à ses compagnes qu'à lui-même. Il a beau dire qu'il n'est pas compétent pour chanter 98% des morceaux proposés, le plaisir est là, entier, pour lui comme pour nous. Et puis cette guitare, même pure, rurale, sans aucun effet !

Owen ajoute du piano et un peu d'orgue tandis qu'elle interprète des standards jazz, "Cry Me a River", "Night and Day" ; le concert prend alors une tournure "robe de soirée". Quelle voix splendide ! Et ce "Java Jive" au shuffle imparable où elle s'envole avec Dobkin ! Et ce duo lyrique et théâtral sur "There Is Beauty...", extrait de l'opéra comique The Mikado (1885) par GILBERT et SULLIVAN ! Dans un ton plus rock'n'roll et festif, on a la reprise du génial "Friday on My Mind" des EASYBEATS, sortie des années 60 tout comme la ballade folk "See My Friends" des KINKS, autre occasion pour une belle polyphonie majestueuse ; enfin quelques standards de country-rock.

Sur le dernier titre, "Sam Hall", un traditionnel anglais du milieu XIXème siècle consacré au pirate Captain Kidd, THOMPSON sort un chant railleur comme vous ne l'entendrez jamais ailleurs dans son oeuvre, avec la complicité du public. Le King complète le tout avec un hommage à... Britney SPEARS. "Oops!... I Did It Again" version loup folkeux anglais à béret, c'est comme on dit outre-Manche et Atlantique, "priceless!". Le public rigole en reconnaissant le premier vers, THOMPSON s'autorise une variation médiévale valsée vers la fin, à tomber. Sacrebleu ! il est fort.

De l'urgence d'écouter/voir ce concert excellent, pas du tout intello et jamais hors de propos, incroyablement diversifié et maîtrisé de bout en bout, ultra plaisant dans l'interprétation.

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   MARCO STIVELL

 
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- Judith Owen (chant, claviers)
- Debra Dobkin (chant, percussions)
- Richard Thompson (chant, guitare acoustique)


1. Sumer Is Icumen In
2. King Henry
3. So Ben Mi Ca Bon Tempo
4. Bonnie St. Johnstone
5. O Sleep Fond Fancy
6. Remember O Thou Man
7. Shenandoah
8. Blackleg Miner
9. I Live In Trafalgar Square
10. There Is Beauty In The Bellow Of The Blast (from T
11. Java Jive
12. Night And Day
13. Orange-coloured Sky
14. Drinking Wine Spo-dee-o-dee
15. A-11
16. See My Friends
17. Friday On My Mind
18. Tempted
19. Oops!... I Did It Again
20. Cry Me A River
21. 1985
22. Sam Hall



             



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