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- Membre : Fairport Convention

Richard THOMPSON - Sunnyvista (avec Linda Thompson) (1979)
Par MARCO STIVELL le 9 Juin 2015          Consultée 975 fois

À la fin des années 70, Richard et Linda THOMPSON publient deux albums à seulement un an d'intervalle, les mêmes qui sombreront dans l'oubli car le principal intéressé ne fera jamais des pieds et des mains pour pérenniser leur existence en CD. À l'époque, il se considère un peu trop détaché de ce qu'il produit, sur une autre planète, donnant l'impression de ne pas trop y croire...

Encore plus obscur que l'album de 1978, Sunnyvista ne brille guère par sa pochette, d'un point de vue attractif. Il n'empêche que pour le coup, ce n'est pas du je m'en-foutisme à l'état pur. Ce qui figure au devant comme une de ces mauvaises publicités qui pullulent dans les magazines est justifié au verso par la présence de photos concluantes.

On y retrouve les mêmes bâtiments d'arrière-plan (la résidence Alexandra And Ainsworth, dans le district de Camden à Londres), encore plus froids, encore plus "durs", même pas caricaturaux et typiques des excès de l'expansion immobilière. Le couple THOMPSON, vêtu de blouses blanches et affichant des rictus de savants fous, se fait une joie de vous y accueillir...

C'est que notre Richard ne voit pas d'un très bon œil la tournure politique prise par le Royaume-Uni en cette fin d'années 70 et l'arrivée d'une certaine Miss Maggie. Alors il emploie des métaphores, bien que la majeure partie de ses textes soit toujours imprégnée de spiritualité, avec cependant quelques tacles à la communauté que lui et sa femme avaient rejoint un temps. Surtout, il adopte un son plus musclé et accouche d'idées surprenantes.

La première face de Sunnyvista est pour le moins exubérante, eu égard de tout ce que le couple proposait encore même pas quatre ans auparavant. Ca démarre sur les chapeaux de roue avec "Civilisation", un coup de génie signé THOMPSON, d'autant plus qu'il est unique en son genre. En moins de cinq minutes, les voix conjointes de Linda et Richard passent d'un registre punk pour les couplets à des refrains reggae. Les ruptures rythmiques sont folles et pimentées, saupoudrées d'accordéon et de hautbois, sachant que tout ce joli monde, y compris la guitare du maître, se réserve un solo sur une partie instrumentale quasi-prog... Une seule bonne raison d'acheter l'album, en fait !

On aurait cependant tort de minimiser la suite. Toujours main dans la main, en chœur, les THOMPSON nous balancent le blues-rock mordant et difficilement contenu de "Borrowed Time", et passent sans crier gare au festif "Saturday Rolling Around", un hommage à la musique cajun comme Richard n'en avait plus proposé depuis les premiers FAIRPORT CONVENTION (on retrouve d'ailleurs ici Dave Pegg et Dave Mattacks). C'est dynamique, inspiré, très fort. Tout comme le premier titre chanté en lead par le maestro, "You're Going to Need Somebody", bien plus qu'une power-ballade, avec les merveilleuses soeurs McGARRIGLE en background. Même chose pour "Why Do You Turn Your Back?"...

Là où le bât blesse avec ce disque, c'est qu'autant la première face est parfaite, autant la deuxième figure parmi ce que Richard a fourni de moins bon, disons même à l'échelle de toute sa carrière. Ce n'est pas désagréable, mais une fois la moitié de l'ensemble dépassée, l'attention de l'auditeur est vite relâchée. Linda chante pourtant trois chansons sur cinq, dont un "Sisters" très féminin et de nouveau en compagnie des sœurs québécoises, qui aurait pu être plus marquant encore.

La chanson "Sunnyvista" est un essai tango peu passionnant, bien qu'empreint du cynisme qui caractérise l'album. La funky "Justice in the Streets" contient la participation d'amis musiciens soufis, chose étonnante quand on sait que les concerts réalisés en leur compagnie en 1976 ne demeure pas comme une image positive dans la mémoire des THOMPSON... Un disque étrange, hybride car relativement fade d'un côté et grandiose de l'autre (ce que voulait le label, Chrysalis, pour amplifier les ventes ; on peut dire que c'est raté...). Il est aussi le dernier où les deux parties du couple semblent se soutenir sans trop de mal, avant le tournant des années 80...

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Linda Thompson (chant)
- Richard Thompson (guitares, chant, mandoline, dulcimer, tin whistle)
- Michael Spencer-arscott (batterie)
- Dave Pegg (basse)
- Timi Donald (batterie)
- Pat Donaldson (basse)
- Pete Wingfield (claviers)
- John 'rabbit' Bundrick (claviers)
- John Kirkpatrick (accordéon, triangle)
- Dave Mattacks (batterie)
- Louis Jardim (percussions)
- Sue Harris (hautbois, dulcimer)
- Kate & Anna Mcgarrigle (choeurs)
- Glenn Tilbrook (choeurs)
- Julian Littman (choeurs)
- Gerry Rafferty (choeurs)
- Hafsa Abdul Jabbas, Abdu Rahim (choeurs)
- Marc Ellington, Olive Simpson, Nicole Ti (choeurs)


1. Civilisation
2. Borrowed Time
3. Saturday Rolling Around
4. You're Going To Need Somebody
5. Why Do You Turn Your Back?
6. Sunnyvista
7. Lonely Hearts
8. Sisters
9. Justice In The Streets
10. Traces Of My Love



             



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