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- Membre : Fairport Convention

Richard THOMPSON - Mock Tudor (1999)
Par MARCO STIVELL le 22 Juin 2018          Consultée 120 fois

Mock Tudor arrive à point nommé dans la carrière de Richard THOMPSON. Au crépuscule du deuxième millénaire, il s'agit de son dernier album pour Capitol Records et également en compagnie du musicien Mitchell Froom qui n'est déjà plus producteur. Ce sont Rob Schnapf et Tom Rothrock, collaborateurs du regretté Elliott SMITH, qui se chargent de donner à l'ensemble ce que beaucoup saluent comme un retour à une production plus légère et directe que tous ceux de la "période américaine" du English King (86-96).

La pochette nous ramène à la fin des années 70, bien que n'étant pas aussi kitsch que celle de Sunnyvista (1979). Après la Californie, le roi Richard semble vouloir se réimplanter dans son Angleterre natale, mais sur le plan musical, cela ne signifie pas pour autant passéisme ni retour à l'ambiance des premiers FAIRPORT CONVENTION ou des albums avec Linda. En fait, Mock Tudor est la continuité directe des albums précédents, mais avec un faux-concept qui tend à donner une autre ambiance, dans les banlieues et les faubourgs de Londres.

Il y a trois parties de cinq, puis quatre et trois chansons chacune, en outre THOMPSON puise comme rarement dans les ouvrages de littérature anglaise qui l'ont marqué dans son enfance pour écrire les paroles. Dans son équipe, et puisqu'on parlait de FAIRPORT, c'est Dave Mattacks qui le soutient à la batterie, alors que la basse est échue de manière plus sporadique à Atom Ellis (du groupe DIESELHED) ou à Danny Thompson lorsque c'est la contrebasse, la moitié du temps. Teddy, le fils de Richard, l'accompagne à la guitare et Judith Owen, chanteuse de jazz, aux choeurs.

À l'écoute de Mock Tudor, on ne peut que parler de réussite instantanée : chaque chanson révèle une évidence dont THOMPSON détient le secret, malgré un nombre d'albums déjà important et possédant la même qualité. Et puis au fil des écoutes, on s'aperçoit que le maître a aussi ses failles, ici plutôt en fin de disque, mais ce n'est pas suffisant pour baisser franchement l'estime du départ. On ne retient en effet pas grand-chose de "You Like the New Me" et "That's All, Amen, Close the Door", chansons liées à l'air trouble, en acoustique ou en électrique. Pour "Dry My Tears and Move On", l'arrangement de cuivres n'aide pas à cette ballade solennelle de se distinguer.

Seulement, à côté de cela, il y a tant de belles choses ! "Dry My Tears and Move On" souffre un peu d'un enchaînement de ballades (comme ce sera le cas sur l'album suivant, The Old Kit Bag en 2003), étant placée après la merveilleuse "Uninhabited Man". Celle-ci brille de mille feux, ample, superbe avec son arpège en DADGAD (accordage très celtique de la guitare acoustique), idéalement aidé par les choeurs de Judith Owen et la présence de la mandoline en fin de refrains.

On remarque que THOMPSON enchaîne les tempos pop-country comme Mark KNOPFLER se chargera d'en faire sur ses albums à compter de Sailing to Philadelphia l'année suivante, en 2000. Le même type de montée est identifiable sur "Cooksferry Queen", d'abord à la guitare et à la voix seule (beaucoup de chansons de ce disque font partie de celles que Richard chante le mieux). On remarque le son saturé de la Stratocaster, favori ici, plus loin également. Et fait rare chez notre artiste, un harmonica illumine le disque de sa présence, sur une poignée de titres !

Dans le même genre, "Two-Faced Love" est génial, très insistant sur l'accord de ré avec un certain délice, tout comme le contraste entre le ronflement du sax baryton et les choeurs de la merveilleuse Judith Owen. Les mêmes qualités vocales se retrouvent sur "Sibella", à l'ambiance jazzy, ou celle plus blues de "Bathseba Smiles", porté par les effets splendides de la guitare de THOMPSON. "Walking the Long Miles Home" est un exemple de choix dans un domaine pop californienne par l'English King.

"Hard on Me" pourrait être le meilleur morceau du disque avec son riff éléphantesque, son refrain libérateur où l'orgue rugit (Froom en simple musicien de session, ça reste fort bon) en même temps que la guitare, toutes cymbales dehors ! Enfin, "Sights and Sounds of London Town" est comme un nouveau "1952 Vincent Black Lightning" mais avec un arpège moins brillant, pas moins enthousiasmant cela dit grâce à son refrain simple, à la contrebasse, à la mandoline et à la 12 cordes. Ce titre est sans doute le plus anglais dans un album qui ne l'est pas tant, il garde encore un bon pied dans l'Amérique. Malgré une fin en demi-teinte, c'est du très haut niveau !

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   MARCO STIVELL

 
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- Richard Thompson (guitares, chant, mandoline, harmonium)
- Mitchell Froom (claviers)
- Atom Ellis (basse)
- Dave Mattacks (batterie, percussions)
- Judith Owen (choeurs)
- Danny Thompson (contrebasse)
- Teddy Thompson (guitare, choeurs)
- Jeff Turmes (saxophone baryton)
- David Mckelsy (harmonica)
- Charles Davis, Larry Hall (cornet)
- Leslie Benedict, Randall Aldcroft (trombone)
- Joey Waronker (batterie additionnelle)
- Alicia 'lovely' Previn (violon)
- John Bergamot (percussions)


1. Cooksferry Queen
2. Sibella
3. Bathsheba Smiles
4. Two-faced Love
5. Hard On Me
6. Crawl Back (under My Stone)
7. Uninhabited Man
8. Dry My Tears And Move On
9. Walking The Long Miles Home
10. Sights And Sounds Of London Town
11. That's All, Amen, Close The Door
12. Hope You Like The New Me



             



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