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- Membre : Fairport Convention

Richard THOMPSON - Grizzly Man (2005)
Par MARCO STIVELL le 25 Décembre 2019          Consultée 378 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

S'il m'arrive de rapprocher souvent Richard THOMPSON de Mark KNOPFLER, deux héritiers de Hank MARVIN et parrains internationaux de la Fender Stratocaster et du jeu en finger picking, une des différences fondamentales concernant leurs carrières respectives est que KNOPFLER a eu une meilleure accointance avec les bandes originales de films. À l'issue de son unique essai, Sweet Talker en 1991, THOMPSON ne voulait plus s'y prêter. Il a changé d'avis, par amitié d'abord en 2004-2005, lorsque l'occasion s'est présentée pour lui de travailler sur Grizzly Man, film-documentaire de Werner Herzog.

Le réalisateur qui s'est fait connaître avec quelques pièces maîtresses du nouveau cinéma allemand trente années plus tôt, notamment Aguirre, la Colère de Dieu (1972), a voulu rendre hommage à Timothy Treadwell, un New-yorkais amoureux de la nature, des animaux et notamment des ours grizzlis qu'il a observés et filmés durant de nombreux étés, dans la région de Hallo Bay, au sud de l'Alaska. À 48 ans, durant l'été 2003, lui ainsi que sa compagne Amie Huguenard ont été tués et dévorés par l'un de ces grizzlis. Herzog, fidèle à ses habitudes, étudie et dépeint la complexité du personnage. Le film est un mélange des vidéos prises par Treadwell et d'entretiens avec ses proches, y compris Fulton le pilote qui l'amenait en hydravion dans la région et venait le chercher.

La bande sonore a été enregistrée en deux jours par THOMPSON et en petit comité, à l'exception de la chanson "Coyotes" du cowboy folkeux Don EDWARDS, générique de fin et dont les droits d'utilisation auraient coûté la majeure partie du budget musique. Créée le plus naturellement du monde à base d'improvisations face aux images du film, elle mêle deux aspects : une tendresse clairement affichée pour le personnage de Timothy Treadwell, comme un écho pudique à sa propre passion pour les ours, ainsi qu'une tonalité jazz et contemporaine.

Pour cette dernière qui ne lui est absolument pas habituelle, King Richard est aidé par le multi-instrumentiste américain Jim O'Rourke. Avec le percussionniste John Haines, ils proposent une musique très réflexive, nébuleuse, faite à base de simples frottements ou résonances pour aller dans le sens le plus contemporain ("Bear Swim", "Big Racket", "Corona for Mr. Chocolate"). Parfois c'est joli, parfois anecdotique. De la musique qu'on ne peut pas dissocier des images, mais encore faut-il que les images reprennent les morceaux, et vu la grande part de silence hors dialogues et bruits de nature au cours des une heure vingt, ce n'est pas gagné !

La bande originale demeure forte pour des thèmes comme "The Kibosh", où la guitare de THOMPSON se mêle aux sons evanescents. La guitare tiens, parlons-en ! Si elle est une seule bonne raison de suivre la longue carrière de l'ancien prodige de FAIRPORT CONVENTION, c'est encore plus vrai avec Grizzly Man. "Tim & the Bears" et la chanson "Coyotes" (avec l'imitation du cri de l'animal sauvage par EDWARDS), début et fin, font la part belle aux arpèges de guitare acoustique délicats, que l'on retrouve aussi sur la jig mignonne "Foxes". Jusque là, ce sont des accords et mélodies tout ce qu'il y a de plus gaéliques, autre hommage saisissant, à la musique traditionnelle d'Ecosse comme d'Irlande.

Il y a plus beau encore : le privilège d'entendre cette même musique jouée par THOMPSON sur sa Stratocaster, seul ou accompagné. Pas de chant, ou très peu : sur le magnifique "That's My Story" où l'on entend la voix de Treadwell se décrivant face à la caméra, tandis que le King britannique chantonne en fond, bel exemple de la tendresse dont on parlait plus haut. Sur "Streamwalk", sur "Treadwell No More", sur les "Main Titles", la Strat résonne en solitaire avec amplitude et beauté. Sur l'air de "Glencoe", une batterie aux balais fine comme des tambours celtiques s'ajoute.

Enfin, il y a le violoncelle de Danielle DeGruttola, la contrebasse du free-jazzman Damon Smith, les mêmes qui imitent les grognements des ours en notes graves pour le "Bear Fight", qui se prêtent à des improvisations sublimes en compagnie de la guitare : "Parents", "Ghosts in the Maze", "Teddy Bear" et sa Strat tribale... Si toute la B.O. n'est pas du même acabit, en voilà de nombreux hauts faits.

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   MARCO STIVELL

 
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- Richard Thompson (guitares, basse)
- John Hanes (percussions)
- Jim O'rourke (piano, guitare)
- Damon Smith (contrebasse)
- Danielle Degruttola (violoncelle)
- Henry Kaiser (guitare électrique sur 16)


1. Tim & The Bears
2. Main Title
3. Foxes
4. Ghosts In The Maze
5. Glencoe
6. Parents
7. Bear Swim
8. Twilight Cowboy
9. The Kibosh
10. Treadwell No More
11. Teddy Bear
12. Small Racket
13. Streamwalk
14. That's My Story
15. Bear Fight
16. Big Racket
17. Corona For Mr. Chocolate
18. Main Title Revisited
19. Coyotes



             



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