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David BOWIE - Station To Station (1976)
Par CYRIL le 13 Février 2006          Consultée 18108 fois

La première question qui me vient à l’écoute de Station To Station est la suivante : un artiste est-il plus prolifique sous l’emprise de la drogue ? Il est clair que la nuance est la réponse qui est de mise (p’tet ben qu’oui, p’tet ben que non, comme dirait l’autre)… mais en ce qui concerne David Bowie, force est de constater que c’est avec le pif blindé qu’il a sorti la plupart de ses meilleurs disques. Station To Station fait partie de ceux-là et sort en janvier 1976, moment où le retour en Europe de son auteur devient inéluctable après trois années d’exil aux Etats-Unis. La sortie de cet album se fait durant une période que l’on peut qualifier de transition. Cela se ressent fortement : les influences funk déjà éprouvées sur les précédents opus (Diamond Dogs et Young Americans) sont atténuées par les prémices du son new-wave qui se développera plus tard avec la trilogie berlinoise. Le résultat est surprenant mais empreint d’une classe indéniable.

Il y a donc six titres sur Station To Station, seulement ! Mais il ne faut pas s’y tromper, ce disque est loin d’être une arnaque, les chansons oscillant en moyenne autour des six minutes chacune sauf « Golden Years », plus courte, qui fait figure de tube disco complètement dérangé ! Elvis Presley a d’ailleurs à l’époque flashé sur ce titre en y voyant une direction artistique possible pour ses futures créations. Le destin ne lui permettra pas d’explorer cette voie. Mais revenons à nos pénates ! Le disque s’ouvre sur le titre éponyme qui dure plus de dix minutes. Ce morceau qui se dévoile sur les vrombissements d’un train à vapeur se révèle totalement hypnotique dans sa première partie avec un succession de notes de guitare hallucinées et une ligne rythmique assez flippante. La voix crépusculaire de David Bowie fait son apparition au bout de trois minutes alors que l’on est déjà envoûté… Le chanteur en profite pour introduire son nouveau personnage, the Thin White Duke, qui symbolise on ne peut mieux le Bowie rachitique et ravagé de cette période. La seconde moitié de la chanson est plus entraînante mais perd légèrement en intensité. Néanmoins, en dix petites minutes, le Mince Duc Blanc réussit à créer un véritable univers… La suite s’annonce donc sous les meilleurs auspices.

Et effectivement, les autres titres ne souffrent pas la comparaison. Deux morceaux intronisent David Bowie crooner : « Word On A Wing » tout d’abord est une perle pop aux paroles très poétiques accompagnées par un piano suintant de mélancolie. « Wild Is The Wind », seul titre non crédité à David Bowie – écrit par Dimitri Tiompkin et Ned Washington – est plus raffiné et devient une ballade phare du répertoire Bowien, en étant exhumée en 1981 par un clip intimiste du meilleur goût. Les deux chansons restantes sont « TVC 15 », délicieusement décalée et légèrement intello, tandis que « Stay » est une pure chanson de funk qui ferait danser un cul-de-jatte !

En définitive, Station To Station est un disque d’une incroyable unité, sans temps faible, sans morceau mineur. On ne se repose jamais tout au long d’une écoute plus qu’agréable car, non seulement les chansons sont toutes intrinsèquement d’excellente facture mais elles sont servies par des musiciens irréprochables, Carlos Alomar et Earl Slick en tête… David Bowie livre ici un album urgent et décalé, point de départ d’une nouvelle métamorphose artistique guidée par un retour aux sources européennes et un sévère besoin d’échapper aux excès en tous genres.

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   (3 chroniques)



- David Bowie (chant, guitares, saxophones)
- Carlos Alomar (guitare)
- Earl Slick (guitare)
- Roy Bittan (piano)
- Dennis Davis (batterie)
- George Murray (basse)
- Warren Peace (choeurs)


1. Station To Station
2. Golden Years
3. Word On A Wing
4. Tvc 15
5. Stay
6. Wild Is The Wind



             



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