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- Style : Rover
- Membre : Iggy Pop , Brian Eno , Uriah Heep, Naked City, Tin Machine
 

 Billboard : Let's Dance (807)

David BOWIE - Heroes (1977)
Par ERWIN le 26 Avril 2010          Consultée 9029 fois

Nous sommes en 1977, « obscure » année qui voit le punk et le disco exploser sur les scènes mondiales. David Bowie a quitté il y a peu la cité des anges, refuge peu apaisant, pour chercher un peu de quiétude dans l’industrieuse Germanie. C'est dans ce contexte que la trilogie berlinoise, débutée par Low, se poursuit avec ce Heroes. Brian Eno, génie visionnaire du son, est aux manettes, pour le seul album qui sera réellement enregistré et produit en terre teutonne. Après des années de fête du slip comme il en existe peu, « the thin white duke » abandonne définitivement tous ses avatars passés – Ziggy, Aladdin, Major Tom - pour trouver enfin son identité. Il est déjà une icône légendaire, et a participé à la création de la quasi-totalité des genres musicaux, toujours en avance de nombreuses coudées sur les autres artistes de son temps, et… surprise ! David continue d’innover, secondé par le leader de Roxy Music.

Heroes, c’est avant tout ce tube imparable, cette ligne de basse gargantuesque, ce lick de guitare si simple mais tellement original, et ce chant détaché, posé comme en équilibre sur le fil d’une vie parsemée de dangers. Le Mur de Berlin est le sujet du titre tout comme le « Weeping Wall » sur « Low », mais personne n’en a cure, la litanie fait le boulot et devient un des airs les plus connus de la musique (faisons preuve de mansuétude et passons sous silence les versions françaises ou allemandes de « Heroes »). Quel talent ! Et quelle maestria pour choisir ses aides de camp, car sans compter l’habituel et excellent Carlos Arlomar, un stakhanoviste exceptionnel de la six cordes est dans la place, le leader de King Crimson : Robert Fripp himself, excusez du peu…

L’ambiance lancinante de « Sign of the Silent Age » cache un refrain à l’accent lennonien – le même Scarabée qui avouera son admiration pour Heroes en le prenant pour modèle lors de la création de son Double Fantasy. Le piano de « Black Out » la rend mainstream. Le beat dansant et lourdingue de « Beauty and the Beast » n’est pas mémorable, mais il aura fait bouger pas mal de popotins sur les dancefloors ! Enfin, l’aspect rock de « Joe the Lion » est vraiment sympa. L’ensemble a belle gueule.

De nombreux instrumentaux portant la patte d’Eno remplissent le skeud de moments calmes et intimistes. Certains sont carrément avant-gardistes, l’influence des groupes allemands y est évidente, il y a du Can, du Kraftwerk, ce qui va en outre donner à ces groupes une tribune et va indirectement contribuer au lancement de la new wave. « V2 Schneider » est une sacrée contribution à la progression musicale – on dit merci qui Florian ? Nous sommes en plein krautrock. « Sense of Doubt » nous transporte dans une contrée absurde et fantasmagorique, où le stress est érigé en art de vivre. Sur « Mass Garden » le minimalisme ethéré du producteur emplit tout l’espace possible. Enfin, « Neuköln » livre toute sa fibre dramatique en envoyant un sax virevoltant puis une guitare sépulcrale ; un orgue de cathédrale complète cette formation improbable conduisant en droite ligne au néant si ce n’est à la mort.

On connaît aujourd’hui l’influence de la trilogie berlinoise sur la musique mais Heroes en occupe aussi la place prééminente. Le compositeur Philip Glass ne se fera pas prier pour en tirer l’essence de sa quatrième symphonie. Et les groupes de new wave en sont les héritiers. Tous ? C’est bien possible.

Comme RCA l’avait annoncé sur la pochette de Heroes en 77 : "There’s old wave, there’s new wave, and there’s David Bowie”. Pour une fois qu'une maison d’édition ne nous prenait pas pour des cons.

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   (2 chroniques)



- Davis Bowie (chant, guitares, claviers, saxophone, koto, chœurs)
- Brian Eno (synthétiseurs, claviers, traitements)
- Carlos Alomar (guitare rythmique)
- Robert Fripp (guitare solo)
- George Murray (basse électrique)
- Roy Young (piano, orgue farfisa)
- Dennis Davis (percussions)
- Tony Visconti (choeurs)
- Antonia Maass (choeurs)


1. Beauty And The Beast
2. Joe The Lion
3. “heroes”
4. Sons Of The Silent Age
5. Blackout
6. V2 Schneider
7. Sense Of Doubt
8. Moss Garden
9. Neuköln
10. The Secret Life Of Arabia



             



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