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David BOWIE - Blackstar (2016)
Par ERWIN le 18 Janvier 2016          Consultée 12718 fois

"Il y a quelques jours c'était le 69ème anniversaire de David BOWIE. Lemmy nous a quittés il y a deux semaines après avoir fêté son 70ème, Pierre BOULEZ est décédé hier à 90 ans, qu'on le veuille ou non, nous entrons désormais dans une ère où, chaque jour, un artiste majeur de l'histoire de la musique va nous quitter, c'est juste le temps qui passe. Mais les "seniors" ont la côte en ce moment, Tom JONES et Rod STEWART viennent de sortir des albums sympas. Bien entendu, ceci pour souligner l'invraisemblable écart existant entre David BOWIE et les autres. L'âge ne change rien et n'affaiblit aucunement sa détermination ou son inspiration. Il assume clairement ce temps qui passe, cette désagrégation du corps mise en scène dans ses vidéos, mais refuse énergiquement que son esprit soit le lieu d'une quelconque perdition..."

C'était mon intro... Je ne croyais pas si bien dire ! David BOWIE est parti à son tour. Une nouvelle tragédie atteint le monde de la musique. C'est un cataclysme, une perte gigantesque et irremplaçable. Quelle tristesse ! Le producteur Tony Visconti a de suite annoncé que Blackstar était le chant du cygne voulu par David, ainsi qu'un cadeau de fête pour tous ses fans.

Le seul reproche qu'on peut faire à cet album réside dans le nombre réduit de nouvelles chansons ici proposées; d'autant que "Sue" et "Tis a pity, she was a whore" étaient déjà connues de nos services. On retire les deux singles et nous voici avec seulement 3 morceaux... Les circonstances excuseront cette donnée. Voilà plusieurs semaines que le titre éponyme "Blackstar" et ses onze minutes tournent sur ma platine. Pas un instant de lassitude ne s'est installé, je vous renvoie à la chronique du titre pour plus de détails, mais le morceau est déjà à mon sens un vrai classique, sa vidéo un petit chef-d'œuvre, et la qualité qui s'en dégage est juste époustouflante pour un artiste de cet âge. On ne peut qu'être admiratif.

"Lazarus" lui succède. On retrouve certains ingrédients en commun, la vidéo présente le Thin White Duke avec le même accoutrement. Le concept album sur la mort est en marche. Un morceau sur un mec qui ressuscite, c'est presque drôle quand on connaît la vie de ce personnage qui a connu tant de vies, tel un phénix. Les cuivres atones sont omniprésents et rythment la monotonie lancinante mais voulue de ce titre où une gratte agressive martèle un riff immuable. Du très grand art. Et lorsque survient le décès du chanteur quelques jours plus tard, cette vidéo prend une autre dimension. On la regarde avec une fébrilité toute particulière, car on ressent la douleur de l'artiste, son impuissance face à l'arrivée prochaine de la faucheuse. Son humour décalé, la mise en scène en devient fantastique et chaque détail visuel, chaque ligne vocale a son mystère.

La mort, donc, partout et omniprésente sur toutes les bosses du microsillon. Mais pas le moindre signe de morbidité, pas de mal être. Juste la mise en scène de son trépas imaginée par un artiste au bout de son énergie mais au sommet de son art. Unique dans les annales... Je ne vois guère d'autre exemple que celui de MOZART avec son "Requiem"... Et finalement sur le long terme, il est évident que BOWIE sera jugé par la postérité à l'égal du divin Amadeus. Les paroles de "Dollar Days" sont éloquentes, "I'm dying" y est inlassablement répété alors que le joli refrain de "I can't give everything away" présente une autre portion de ce testament, dans une douceur infinie. Un calme empleint d'une certaine volupté s'entend dans ce titre qui annonce les événements à venir avec un sax tout joyeux, petite revanche face au destin qui se joue.

La force de "Sue" réside à la fois dans ses cuivres dignes des avant-gardistes de SHINING d'une part et des comédies musicales classiques américaines de l'autre. Jusqu'au bout il n'aura cessé d'être aux avant-postes de la musique : éclaireur, défricheur et visionnaire à la fois. La stridence n'est pas loin, et BOWIE se démonte la voix, y met tout ce qui lui reste dans les tripes, impressionnant ! Plus rien à perdre de toutes manières, alors tout y passe, le coeur, la voix, le cerveau. D'ailleurs, dans "Tis a pity she was a whore", les sax continuent de former cette incroyable ossature, presque un mur du son. La composition est certes moins mémorable, mais les choeurs quasi QUEENiens bercent la mélodie frénétique avec une efficacité évidente. Il nous reste l'ambiance décadente de l'autobiographique "Girl loves me", mâtinée de trip hop et tellement révélatrice de ce personnage complexe.

Et si ce mec était vraiment un extraterrestre ? La blague serait savoureuse et expliquerait bien des aspects inhabituels de cet inclassable trublion. Cet album est mieux qu'un testament. Il est la mise en scène voulue par David en prévision de son retour vers les étoiles. Jamais aucun artiste n'aura su marier les arcanes du son, de l'image et de l'imaginaire avec un tel talent. On galvaude parfois le sens du mot génie mais il est certainement mérité pour David BOWIE. En termes de musique toutefois, sa carrière s'achève ici, sur cette étoile noire au nom prophétique. Il le répète à l'envie dans l'éponyme "Blackstar", "je suis une étoile noire". David BOWIE, ne serait-ce que pour cette incroyable démarche si inhabituelle et originale, l'incarne à merveille.

Vient le moment des adieux... Je ne crois pas en la résurrection de la chair ou de l'esprit, alors "Lazarus" ne m'apparaîtra que comme un énième et ultime pied de nez à la bienséance... Ou un pari, comme Pascal ? On peut toujours espérer... So long Major Tom, hasta la vista Ziggy Stardust, ciao Aladdin Sane, auf wiedersehen Halloween jack, au revoir Thin White Duke, adieu David Jones...

Adieu à celui qui venait d'ailleurs, l'immense David BOWIE.

MERCI !

Le héros est mort, vive l'étoile noire.

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   (3 chroniques)



- David Bowie (chant, guitares, arrangements des cordes)
- Donny Mccaslin (saxophone, flûte, woodwind)
- Jason Lindner (piano, wurlitzer, claviers)
- Tim Lefebvre (basse)
- Mark Guiliana (batterie, percussions)
- Ben Monder (guitare)
- Tony Visconti (cordes sur blackstar)
- James Murphy (percussions sur sue et girl loves me)
- Erin Tonkon (backing vocals)


1. Blackstar
2. Tis A Pity, She Was A Whore
3. Lazarus
4. Sue
5. Girl Loves Me
6. Dollars Days
7. I Can't Give Eveyrthing Away



             



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