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ROCK  |  COFFRET

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- Style : Tom Waits , John Mellencamp , Bap Kennedy , The Byrds , Bert Jansch , Marianne Faithfull , Lucinda Williams
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 Bob Dylan: Bobdylan.com (1993)

Bob DYLAN - The Bootleg Series Vol. 12 (2015)
Par BAYOU le 23 Novembre 2015          Consultée 1713 fois

Avertissements!
* Que ceux qui n’aiment pas Bob Dylan passent tout de suite leur chemin
* Que ceux qui aiment un peu, ou connaissent mal se procurent l’édition 2CD
* Que ceux qui apprécient le Zim s’attaquent à l’édition 6CD

Les autres, une très faible minorité liront la suite.
L’édition 18 (DIX HUIT) CD des Bootlegs Series Volume 12 qui couvre la période du 13 Janvier 1965 avec le take 1 de "Love Minus Zero/No Limit" au 12 Mars 1966 avec "Sad-Eyed Lady Of The Lowlands". Dylan disait : "Quand la légende est plus belle que la réalité, écrivez la légende." Ici la vérité dépasse la légende, alors on écrit la réalité. Quatorze mois qui ont changé l’histoire de la musique du XXème siècle.
Quatorze mois qui fondent la rock-music. Sans eux aujourd’hui, Springsteen serait garagiste dans le New Jersey, Neil Young trappeur dans les plaines du Canada, les Beatles n’auraient chanté que des niaiseries pour adolescentes. Je vous fais grâce des punks et des métalleux et de tous les sous-produits grunge et alternatifs engendrés.

Jusqu’en 1964, Dylan est le troubadour folk engagé contre la guerre, adepte de Woody Guthrie, copain de Joan Baez, fils spirituel de Pete Seeger, mais cette image ne reflète qu’une partie de sa personnalité. A Greenwich, où il se produit à ses débuts, en première partie de John Lee Hooker le bluesman, il approche le blues, et conserve de cette prestation, les mots, le style, la narration, dans un coin de son cerveau. Puis en août 1964, c’est la rencontre à New York avec les Beatles, l’échange de deux cultures et quasiment l’instant refondateur pour Dylan. Il faut électrifier la musique, ne pas se limiter aux stéréotypes du folk. Jouer électrique et très fort avec des paroles inspirées des grands poètes français, Lautréamont, Rimbaud, Baudelaire…

Et début 1965, sort l’album Bringing It All Back Home, avec une première face qui contient des instruments électriques et la seconde des titres folk dont "Mr Tambourine Man" et "Gates of Eden" déjà enregistrés l’année passée. Les deux premiers CD et le début du troisième de ce coffret reflètent les prises de cet album qui est quasiment un ballon d’essai et même si les titres électriques sont assez sages, le public folk tousse en écoutant la première face.

La principale qualité de Dylan est de ne jamais faire ce que son public attend de lui. Alors il embauche Mike Bloomfield, un blanc bec de Chicago qui passe ses nuits à écouter les bluesmen dans les clubs. Il joue le blues à merveille, Mike est déjà un immense guitariste, mais Dylan lui demande de laisser tomber ses accords de blues pour jouer autre chose. Al Kooper recruté comme guitariste par Tom Wilson le premier producteur jouera finalement des claviers. Le 25 juillet Dylan se présente au festival de Newport, balance quatre morceaux électriques et se fait copieusement siffler. Tom Wilson craque, remplacé par Bob Johnston. Les sessions figurent sont sur les disques 3 à 8 du coffret, la chanson "Like A Rolling Stone" donne du souci, vu que Dylan n’arrive pas à exprimer ce qu’il veut exactement (vingt prises sont nécessaires).
Al Kooper trouve ce riff aux claviers, ici on entre dans le processus artistique de création d’un chef d’œuvre. L’album est totalement électrique, sauvage, les paroles sont complètement irréelles, "Desolation Row" (pour moi le chef d’œuvre absolu de Dylan) dure plus de onze minutes, et par sa construction et sa narration évoque "Le Bateau Ivre" de Rimbaud. Deux prises seront combinées (essayez de trouver lesquelles) car Dylan n’est pas satisfait. A l’exception de LARS, on remarque que les titres ne nécessitent pas énormément de prises (sept/huit en moyenne) et que très vite, on arrive à la version définitive sans trop de modifications.

Cet album Higway 61 Revisited (le nom de l’autoroute qui va du Nord à la Nouvelle-Orleans) marque le début d’une nouvelle ère pour la musique, le format 33T n’est plus une compilation de hits avec deux ou trois morceaux bouche-trous, c’est une entité vivante. Les morceaux ne sont plus formatés pour la radio avec une durée de trois minutes, LARS fait le double !

Ces neuf compositions marquent profondément l’histoire, pourtant Dylan en forte période de créativité sort quelques mois plus tard le premier double LP de l‘histoire du rock, "Blonde On Blonde". Mike Bloomfield est pris par ailleurs, aussi Dylan recrute Robbie Robertson qui amène avec lui ses copains du groupe The Hawks et les CD encore montrent l’évolution de la musique à travers les sessions. La musique, moins sauvage reste très électrique et les paroles deviennent de plus ou complexes, et les sessions sont plus compliquées, les futurs membres de The Band n’ayant pas (à l’époque) l’aisance en studio de Mike Bloomfield. Aussi il ira à Nashville pour jouer avec Charlie McCoy, le guitariste Wayne Moss, le bassiste Joe South, et le batteur Kenny Buttrey, des musiciens de studio expérimentés. Charlie McCoy raconte : « Quand Dylan entra la première fois dans le studio, il nous demanda si ça nous dérangeait d'attendre un instant. Il s'était arrêté à un aéroport à Richmond et il n'avait pas eu le temps de terminer ses compositions. Alors nous sommes tous sortis et nous lui avons laissé le studio pour lui tout seul. Il y resta six heures à écrire et à composer.» Pourtant "Blonde On Blonde" cartonne, Dylan malin comme un renard se réjouit même des sifflets pendant ses concerts estimant que cela fait parler de lui et captive la curiosité du public. Alors, personne de normalement constitué ne peut, je crois, ingurgiter à la suite les dix-huit volumes, même si certaines prises sont sorties sur des pirates ou sur d’autres Bootleg Series.

La place manque pour rentrer dans le détail, personnellement, j’ai commencé par la fin, le volume 18 et les versions de "Positively Van Gogh" .Puis "Desolation Row", "Visions Of Johanna", "Higway 61", je me garde pour l’hiver les versions de "Like A Rolling Stone" d’autant que j’ai lu le bouquin de Marcus sur le sujet ainsi que la pièce jouée à la Comédie Française en octobre qui relatent l’histoire de ce titre.

Nous avons la chance de pouvoir écouter des enregistrements inestimables qui, de plus, sortent du vivant de leur auteur, ce qui est exceptionnel. Mais l’important est la qualité tant musicale que littéraire de ces pièces qui en font leur valeur.

D’ailleurs, l’histoire se termine en juin 1966 avec l’accident de moto de Dylan qui clôture une période créative exceptionnelle. Plus rien ne sera pareil ensuite, ce qui n’est pas surprenant vu l’énergie et le talent déployés par le Zim pendant cette période relativement courte, mais qui ouvre et fait exploser la rock-music.

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