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FOLK  |  B.O FILM

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 Bob Dylan: Bobdylan.com (1585)

Bob DYLAN - Pat Garrett & Billy The Kid (1973)
Par LONG JOHN SILVER le 17 Avril 2015          Consultée 1219 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Lorsque Bob DYLAN reçoit un coup de fil de Kris KRISTOFFERSON fin 1972, l’incitant à venir le rejoindre au Mexique où il tourne Pat Garrett & Billy The Kid sous la direction de Sam Peckinpah, il est en pleine négociation avec Columbia Records autour de la reconduction de son contrat d’édition. DYLAN n’a rien sorti depuis deux ans –une éternité à l’époque- et le divorce d’avec son label historique semble prêt à consommer.
L’idée de base, qu’on doit au scénariste du film, étant que DYLAN fournisse deux titres pour la B.O du western. Peckinpah, qui n’entend rien à la musique rock, n’est pas très emballé qu’on lui force ainsi la main mais il consent à se plier aux désidératas des décideurs d’autant qu’il est en proie à des difficultés de financement sur le tournage. De son côté, DYLAN, qui est attiré par le grand écran, entreprend de visionner plusieurs films du maître or il apprécie ce qu’il voit.

Il prend la direction du Mexique entouré de sa petite famille, armé de ce qui deviendra le thème du personnage principal du film : "Billy". Non seulement Peckinpah aime ce que DYLAN lui propose mais il est fasciné par le personnage qu’il découvre et lui offre aussitôt un petit rôle, qui s’étoffera avec le tournage, puis finira aussi par lui confier l’intégralité de la B.O. Lui qui avait l’habitude d’utiliser des créations orchestrales va, pour l’occasion, composer avec la bande son country/folk du barde du Minnesota. D’autant que DYLAN est un véritable érudit qui collecte tout ce qu’il peut concernant le répertoire des musiques populaires nord-américaines. Cependant la musique de Pat Garrett & Billy The Kid, enregistrée à Mexico et en Californie en même temps que se tourne le film, n’est pas non plus un modèle d’école représentant LA culture musicale étasunienne en version Roots 1.0… loin de là.

Le score proposé, s’il nous offre à entendre quelques instruments traditionnels du folk américain comme l’inévitable banjo, le violon, l’harmonica et bien entendu la guitare acoustique n’en n’est pas moins bien ancré dans son époque de publication. Ne serait-ce qu’à cause des moyens techniques utilisés en studio, de la prise de son et de l’emploi d’instruments nettement plus modernes et liés aux productions Pop. Ceux qui ont vu le film savent que celui-ci n’est pas le plus violent réalisé par Peckinpah, la traque de Billy par Pat Garrett offre de larges instants dénués d’action, les dialogues sont plutôt brefs, les personnages taciturnes. La violence y apparaît par à-coups dans sa cruauté subite puis laisse place à une réflexion plus vaste sur un ouest qui passe de l’ère des pionniers à l’époque moderne en charge de broyer les anciens "aventuriers romantiques" pour faire place aux nouveaux exploiteurs nettement plus modernes, cupides et organisés. Cette nostalgie des temps dévolus et fantasmés se ressent tout au long de la partition proposée.

Pat Garrett & Billy The Kid se déroule à la manière d’une tragédie grecque, à l’issue fatale annoncée, accompagnée de mélodies doucereuses et lancinantes propices à la contemplation des magnifiques paysages d’un ouest encore sauvage même si plus pour beaucoup de temps. DYLAN composant une sorte de Requiem pour Billy mais également pour Pat, qui finira aussi par être éliminé (1). Le thème principal "Billy" est décliné sur quatre plages du disque sans que cela n’affecte en rien l’écoute, l’ensemble du score étant très homogène et se découvrant comme étant une œuvre unique avec ses redites et ses évolutions. Personnellement j’avoue goûter tout particulièrement "Turkey Chase", instant ludique et récréatif, tant musical que scénaristique et seule incartade rythmée de l’album. Des voix se mêlent parfois à la musique, formant un chœur, rappelant ce qui se fait sur les partitions classiques orchestrales, l’emphase en moins, la proximité en plus ("River Theme", "Final Theme").

La voix de DYLAN, le conteur, s’élevant sur "Billy (1, 4 et 7)", chanson qui lui valu le satisfecit du réalisateur, mais avant tout et surtout sur "Knocking On Heaven’s Door", célèbrissime tarte à la crème reprise par un peu tout le monde et tube surprise issu d’un disque dont on n’attendait pas tant. Quand on évoque cette chanson –géniale, il faut bien l’admettre- on en retient un final prolongé et propice aux longues célébrations en public. Pourtant tel n’est pas le cas ici vu que sa version originale, quelque peu oubliée depuis, ne dure que 2:32 ! On est dans le format pop/radiophonique magnifié par des 60’s qui paraissent bien loin en 1973 ! Incluse dans le film la chanson arrive afin d’illustrer la fin d’une scène de Gun (pas encore n’Roses) fight au cours de laquelle une fermière regarde son époux, blessé au bord d’une rivière, expirer au soleil couchant… la mélodie, le texte du titre, l’absence de dialogue entre les deux personnages, la beauté des images faisant de cet extrait un moment fort du film, empli d’émotion mais aucunement racoleur. (1)

L’album paru en 1973 il se fait aussitôt éreinter sous la plume de John Landau, célèbre critique pour Rolling Stone magazine, qui déclarera son contenu inepte tout en lui assurant une déroute commerciale. Or s'il ne figure pas parmi les disques les plus vendus de DYLAN – et après tout, c’est assez normal s’agissant d’une B.O-, il est probable que beaucoup de ses camarades du monde de la Pop aurait aimé connaître pareil échec puisque que l’album sera classé très honorablement dans les charts, décrochant au passage la certification "or". Mais surtout parce que "Knocking On Heaven’s Door"deviendra un hymne universel, ce titre figurant désormais tout en haut du panthéon des chansons emblématiques écrites par son auteur au même titre que "Blowin’ In The Wind". Sans oublier la foultitude de reprises qu'elle engendrera, contribuant à l'aura ainsi qu'à l'immense notoriété de Dylan. John landau se montrera tout même un poil plus visionnaire en misant l’année suivante sur un jeune artiste encore inconnu, un inconditionnel du Zim' du nom de Bruce SPRINGSTEEN.

1) Bah oui, t’avais qu’à lire l’avertissement si tu voulais pas qu’on te spoile le scénar

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Bob Dylan (guitare, chant, harmonica)
- Byron Berline (violon, voix)
- Bruce Langhorne (guitare)
- Roger Mcguinn (guitare)
- Carol Hunter (guitare, voix)
- Booker T.jones (basse)
- Jim Keltner (batterie)
- Russ Kundel (percussions)
- Gary Foster (flute)
- Carl Fortina (harmonium)
- Jolly Roger (banjo)
- Terry Paul (basse, voix)
- Donna Weiss (voix)
- Priscilla Jones (voix)
- Brenda Patterson (voix)


1. Main Tittle Theme (billy)
2. Cantina Theme (workin' For The Law)
3. Billy 1
4. Bunkhouse Theme
5. River Theme
6. Turkey Chase
7. Kockin' On Heaven's Door
8. Final Theme
9. Billy 4
10. Billy 7



             



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