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MUSIQUE ÉLECTRONIQUE  |  STUDIO

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Jean-michel JARRE - Oxymore (2022)
Par WALTERSMOKE le 9 Décembre 2022          Consultée 1573 fois

Peut-on être innovant et productif une fois atteint le vénérable statut de septuagénaire ? Tout dépend de l’artiste dont on parle. Par exemple, Ridley Scott. Bon d’accord, c’est un artisan plus qu’un artiste, mais force est de constater que sa filmographie des années 2010 réunit plus d’oeuvres que tout ce qu’il a fait jusqu’en l’an 2000 ; quant à la qualité, par contre... De la même manière et en plus modéré, il y a Jean-Michel JARRE. Après le désastreux Teo & Tea (2007), il a fallu attendre près d’une décennie avant que le pilier français de la musique électronique ne refasse surface avec les deux volets de Electronica. La machine s’est alors emballée : suites d’Oxygène et d'Équinoxe, bande-son de France Info, musique pour installation (Amazônia). Non, en définitive, on ne peut pas dire que J-M JARRE ait chômé. De plus, le bonheur du jarrophile est d’autant plus complet qu’en moyenne, ces oeuvres sont de bonne facture, et même proches de l’excellence - bon, ça se discute pour Amazônia, mais la musique d’installation et moi, ça fait pi.

Aussi, lorsque sort Oxymore, ou plutôt OXYMORE, en 2022, une hype fort légitime se crée autour des amateurs de musique électronique. Une hype d’autant plus vivace qu’avec les morts successives de VANGELIS et Klaus SCHULZE, J-M JARRE est devenu le dernier monstre sacré de la musique électronique 'classique'. En parlant de mort, OXYMORE est un album-hommage à Pierre HENRY, né en 1927 et mort en 2017. Oui, on enchaîne les noms de références majeures. Plus précisément, JARRE, qui doit beaucoup à son illustre modèle, a pu obtenir différents enregistrements et les remixer, les rejouer à sa sauce. On est donc bien loin de l’hommage classique avec des morceaux simplement repris ou des compositions dans l’esprit.

Pour préciser le propos à venir, il convient de séparer la discographie de Jean-Michel JARRE en deux catégories : celle qui sent bon le commerce (Oxygène, Équinoxe, Rendez-Vous...) et celle qui ose, qui tente des trucs (Zoolook, Sessions 2000, Métamorphoses dans une certaine mesure...). Dans laquelle de ces catégories se classe OXYMORE ? La question est a priori rhétorique, mais en vérité non. En effet, J-M JARRE parvient à créer des compositions accessibles et exigeantes à la fois. Le meilleur des deux mondes, en somme : la musique de Pierre HENRY se tape encore, comme tout ce qui a été fait en MÉ jusqu’en 1969, une réputation de 'trucs inaudibles', alors que celle de J-M JARRE est taxée de 'easy listening', voire de 'musique d’ascenseur'. Cela s’entend clairement avec "BRUTALISM" ou le morceau-titre, dont le caractère iconoclaste rappelle les heures les plus sombres de la musique contemporaine, sans ce côté désagréable et trop 'art pour l’art' pour autant.

OXYMORE reste quand même un album de Jean-Michel JARRE avant tout. L’oeuvre de HENRY reste avant tout une matrice sur laquelle se repose le synthétiste lyonnais, et qui s’exprime avec son langage, sur le fond comme sur la forme. Autrement dit : les beats technoïdes, les rythmiques catchy et les samples que seuls des jarrophiles sauront reconnaître restent maîtres des lieux. Autre chose, qui rapproche de la musique électronique 'très' old-school : le caractère sec, parfois rêche des compositions. Si la chose est totalement entendue pour "Brutalism", d’aucuns trouveront sans doute dommage qu’OXYMORE soit si frontal, si froid, et manque par moments de caractère organique. Pour être franc, il paraît difficile de respirer tout au long d’un album qui dure pourtant 49 minutes 'seulement'.

En 1967, Pierre HENRY brisait les conventions (du moins aux yeux du grand public) en composant "Psyché Rock", extrait de la Messe pour le temps présent. Plus d’un jubilé plus tard, Jean-Michel JARRE, qui a eu droit à ses heures d’iconoclasme également, n’ira pas aussi loin mais réussit à faire vivre sa musique, à la réactualiser dans l’esprit, avec un bien bel hommage qui ne respire pas l’opportunisme comme avec Oxygène 3 et Equinoxe Infinity (pourtant bien bons). Et être capable d’une telle prouesse alors qu’on n’a plus rien à prouver, en 2022, c’est une sacrée performance.

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