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Jean-michel JARRE - Les Chants Magnetiques (1981)
Par WALTERSMOKE le 10 Décembre 2012          Consultée 5352 fois

En ce début des années 80, l'innovation dans le domaine de la musique fait un fantastique bond en avant grâce à un petit objet australien qui se réclame le descendant spirituel du Mellotron, j'ai nommé le Fairlight. Cet ordinateur uniquement destiné à la musique est en fait le premier échantillonneur numérique et constitue en cela un tournant dans l'histoire de la musique électronique. Parmi les musiciens qui s'y sont intéressés immédiatement, il y a Jean-Michel JARRE, connu et reconnu grâce à Oxygène et Equinoxe, deux albums des plus fameux. Après avoir réussi à entrer dans le Guinness des records (un million de personnes sur la place de la Concorde), notre JARRE national se procure le fameux Fairlight et se décide à composer son troisième album studio (quatrième si l'on compte Deserted Palace) qui sort en 1981. En parallèle, il va tout faire pour donner des concerts en Chine, une première pour un occidental.

Que vaut donc cet album ? Déjà, on le sent bien différent des précédents opus : son nom est un astucieux jeu de mots, et seules cinq pistes occupent le disque, dont une qui fait 18 minutes. Par contre, on ne se casse toujours pas la tête pour leurs noms, on fait comme les autres. La première partie est de loin la plus remarquable. Niveau structure, le titre, coupé en trois mouvements, commence de manière assez sèche et martiale, malgré l'usage de synthés peu agressifs. Ainsi, JARRE montre qu'il peut composer des morceaux nerveux. La tension est palpable, un léger frisson de stress et de plaisir parcourt l'auditeur, en somme le morceau est jusque-là réussi. Puis, arrive la deuxième partie, que d'aucuns considèrent comme un lointain prototype de Zoolook, avec des échantillons (Fairlight !) de voix, de bruitages industriels et autres, avec une ritournelle bien new-age qui semble renvoyer à la nature. Youpi ! Pour ma part, je trouve que cette deuxième section est la moins bonne, mais heureusement, grâce à une transition remarquable, on passe au dernier tiers, avec une musique bien plus jarrienne qui pousse même à l'émotion malgré son tempo relevé. Les instruments y sont très biens coordonnés pour le plus grand plaisir de nos oreilles. S'il y a bien un seul défaut, c'est son côté répétitif. En résumé, la première partie peut vraiment se targuer d'être l'un des meilleurs morceaux de JARRE, d'autant plus que son mixage final s'est fait en une nuit par un JARRE mécontent d'un premier mixage apparemment raté.

Les quatre autres morceaux, en revanche...

L'album, en effet, souffre du syndrome Atom Heart Mother, comprenez par là qu'il vaut le coup d'oreille en grande partie pour la face où se situe le morceau long. Il y a évidemment la deuxième partie, archiconnue du jarrophile de base (surtout dans les best-of), alourdie par une répétition trop brutale (qui a dit kraftwerkienne ?) et très pop, comme "Équinoxe 4" et "Oxygène 4". Le verdict est le même avec la quatrième partie qui lui est inférieure par manque d'accroche catchy nécessaire en pop (mais reste appréciable). En fin de compte, la cinquième partie peut être vue comme la plus convaincante de l'album, assez cocasse avec son côté hawaïen, mais assez charmante. Et la troisième partie fait office de bouche-trou plus qu'honorable, même si elle n'est pas aussi construite et notable que les parties 2 et 4. Malgré tout, la face B ne reste pas dispensable, même si l'une de ses qualités reste quand même d'être accessible.

Les Chants Magnétiques souffre non pas de déshumanisation de la musique (ça, c'est Révolutions), mais plutôt d'une fâcheuse tendance à se répéter de manière systématique : pour la répétition avec talent, JARRE ne vaudra jamais Klaus SCHULZE, par exemple. Et de ce fait, découle une certaine tendance au déséquilibre. Malgré tout, le musicien montre par A plus B, à cette époque, qu'il sait composer avec les nouvelles technologies et s'adapter rapidement. Techniquement bon, certes, mais sur le plan artistique, Zoolook et Rendez-Vous seront bien meilleurs.

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1. Les Chants Magnétiques I
2. Les Chants Magnétiques Ii
3. Les Chants Magnétiques Iii
4. Les Chants Magnétiques Iv
5. Les Chants Magnétiques V



             



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