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Jean-michel JARRE - Révolutions (1988)
Par WALTERSMOKE le 4 Janvier 2013          Consultée 2471 fois

À force de tutoyer les sommets avec talent et classe, il arrive inévitablement qu'un artiste finisse par faire au mieux une oeuvre un peu moins bien que l'ordinaire, au pire une catastrophe innomable. Dans le cas de Jean-Michel JARRE, il se trouve plutôt dans le premier cas quand il compose en 1988 l'album Révolutions, sorti après Zoolook et Rendez-Vous, soit les deux meilleurs albums de sa carrière.

Révolutions est un album-concept ambitieux, qui se propose de parler de différents aspects des révolutions en alliant influences ethniques et modernité des synthés, dans la lignée (ici indirecte) de Zoolook. À ce propos, faire coïncider la sortie de cet album avec les 200 ans de la Révolution Française n'aurait pas été une mauvaise idée. D'ailleurs, on peut également parler du projet avorté de concert prévu le 14 juillet 1989, ce qui aurait été une belle date pour JARRE.

Mais assez parlé de contexte, il est temps de parler musique. Dès lors, une constat s'impose : à l'époque de sa sortie, Révolutions est l'album le moins intéressant que JARRE ait composé dans sa carrière. Certes, Deserted Palace fait grincer des dents mais a un intérêt musicologique et historique non négligeable, alors qu'ici, le musicien français n'a aucune excuse pour expliquer la mauvaise qualité des morceaux. Les choses commencent pourtant bien avec l'ouverture de "Révolution Industrielle", un long mouvement de 17 minutes segmenté en quatre parties : rythmique intéressante, percussions hypnotiques... En résumé cinq bonnes minutes qui souffrent cependant d'un manque certain de vie, ce qui peut sembler normal vu le thème choisi, sauf que JARRE ne paraît pas à l'aise avec une musique aussi mécanique et déshumanisée. Pour résumer, "Révolution Industrielle", c'est une version (très) bas de gamme de Cluster et Kraftwerk.

Quant aux autres morceaux, le terme qui vient en premier à l'esprit est «oscillation». Oscillation entre le mauvais et l'anecdotique. Les principaux défauts se repèrent assez facilement, d'ailleurs : les morceaux s'étirent en longueur de manière lamentable, l'empathie est rendue quasiment inaccessible et empêche l'auditeur de s'immerger sinon dans le concept des révolutions au moins dans la musique. Que ce soit sur "London Kid", sauvé de justesse de l'ennui mortel par la guitare du célébrissime Hank MARVIN des SHADOWS, ou encore "September", morceau hommage à Dulcie September (une figure emblématique anti-apartheid) complètement foiré à cause des choristes maliennes ayant l'air de faire le minimum syndical en plus de mal chanter (on réclamait pas non plus les Choeurs de L'Armée Rouge, mais faut pas déconner), le sentiment d'échec relativement important prédomine. Ne parlons même pas de "Computer Weekend", presque digne d'une soirée zouk (et le rapport aux ordinateurs est inexistant). Deux morceaux font cependant exception : d'abord, le titre éponyme, où la flûte turque et les rythmes orientaux animent un morceau qui en avait bien besoin et devient un moment pas désagréable (malgré le vocoder agaçant). JARRE se place dans une veine techno/new-beat qui lui permet dans l'absolu de rester un peu dans le vent. L'Émigrant n'est pas une mauvaise pièce non plus, mais son emphase de fausses cordes peut laisser un peu circonspect. En d'autres termes, ce morceau est à laisser à la subjectivité totale de chacun

Sur le papier, Révolutions allait être un superbe album faisant ressortir l'aspect et l'intérêt des révolutions, tout comme KRAFTWERK avait réussi à célébrer les ordinateurs sur Computerwelt. Mais en réalité, c'est un album bien stérile qui ne parvient ni à donner une ambiance indus (ce qui aurait été logique) ni à susciter une certaine émotion. Les limites de l'association jarrienne entre la musique électronique et la musique ethnique commencent également à apparaître de façon claire et nette. Sans parler de gâchis, il convient de noter une belle occasion de marquer un grand coup.

Note réelle : 1,5/5

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- Jean-michel Jarre (claviers, vocoder, programmation)
- Dominique Perrier (claviers, programmation)
- Michel Geiss (claviers)
- Jo Hammer (batterie)
- Guy Delacroix (basse)
- Sylvain Durand (fairlight)
- Jun Miyake (invité trompette)
- Hank Marvin (invité guitare)
- Bruno Rossignol (direction des choeurs)
- Sori Bamba (direction des choeurs)
- Kudsi Erguner (flûte turque)


1. Révolution Industrielle : Ouverture
2. Révolution Industrielle : Part I
3. Révolution Industrielle : Part Ii
4. Révolution Industrielle : Part Iii
5. London Kid
6. Révolutions
7. Tokyo Kid
8. Computer Weekend
9. September
10. L'emigrant



             



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