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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  STUDIO

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Mike OLDFIELD - Music Of The Spheres (2008)
Par MR. AMEFORGEE le 28 Mai 2008          Consultée 5987 fois

Pour ceux qui ne le savaient pas, Mike Oldfield est toujours vivant. Il a un peu vieilli, son teint s’est défraîchi, sa peau flétrie et il s’est un peu encroûté de l’articulation, mais il est toujours en vie (j’en entends certains dire : youpiii). L’annonce de Music of the Spheres renouvelait quelque peu les attentes, car l’album était présenté comme renonçant aux expérimentations électro des opus précédents (pas forcément de premier ordre, convenons-en) et revenant à une démarche plus ambitieuse. Plus encore, ce devait être un projet entièrement orchestral, première plongée de l’artiste dans la musique noble, la musique classique, la musique à André Rieux. Tout cela est vrai, donc.

L’album est organisé en deux longs mouvements, comme à la grande époque du Oldfield hippie prog (cela dit, découpés en séquences plus courtes), et se trouve joué par le Sinfonia Sfera Orchestra. Une fois n’est pas coutume, Mike Oldfield a donc un petit rôle dans la performance de sa musique, quand on le voyait régulièrement s’occuper de tout. Ici, il s’octroie seulement quelques parties de guitare acoustique (notez bien l’adjectif : toute sonorité électrique est mise au rencard). En renfort, on entend également le soliste Lang Lang au piano et la soprano Hayley Westenra. Autre contributeur d’une importance cruciale, Karl Jenkins tient la baguette (de l’orchestre, il n’y a pas de batterie…) ; il a également apporté son concours en amont, pour tout le travail d’orchestration, Oldfield ne possédant pas vraiment les connaissances techniques pour gérer l'harmonie de grands ensembles orchestraux.

Le résultat s’avère plutôt intéressant, dans la mesure où l’approche symphonique renouvelle la palette sonore du musicien, qui commençait à sérieusement s'affadir, sans en trahir l’esprit positif. Aussi s’agit-il d’un mélange assez digeste de musique répétitive, la première grande influence de Mike, et de musique romantique, Bruckner power. De ces deux pôles, on peut faire découler les autres traits stylistiques qui ne manquent pas d’apparaître tout au long de l’album, le new age et les références à la musique ethnique. Amenées subtilement, on passe d’une atmosphère latine, avec quelques accords de guitare, à une ambiance celtique, portée par les dentelles fines d’une harpe, parmi d’autres. Cette recette d’ensemble, plutôt accessible, ne manque pas de rappeler le rendu des musiques de film à grand spectacle, et il arrive que l’on songe à diverses B.O., entre Braveheart, le Masque de Zozo, Neverland, 1492 Christophe Colomb, le Seigneur des Agneaux, etc.
Cela dit, si la teneur des émotions véhiculées est plutôt simple, joie, nostalgie, angoisse…, et la progression linéaire, l’orchestre n’est pas mal utilisé comme on aurait pu le craindre. A part quelques fautes de goût regrettables, notamment les trompettes pouet pouet de « Empyrean » (Louis XIV est dans la place, yo !) ou bien la montée des violons sur « Silhouette », tellement kitsch et sucrée que j’ai dû consulter mon dentiste en urgence, on évite l’écueil de l’emphase gratuite et bourrine, par un jeu des ensembles plutôt équilibré : la vélocité dynamique des cordes et les saillies contondantes des vents apportent respectivement la dose de légèreté et de densité idéale. Et il faut bien avouer que la réinterprétation symphonique de l’inévitable thème de Tubular Bells, sur « Harbinger » rend assez bien. Ça change. Les interventions solistes sont plutôt agréables aussi, et de manière générale, Mike Oldfield semble avoir su utiliser l’orchestre à bon escient pour valoriser ses lignes mélodiques, que ce soit à la guitare, au piano, à la harpe ou au hautbois.

Music of the Spheres s’écoute donc sans difficulté et ne suscite pas de déplaisir. Cela lui garantit une adhésion immédiate, mais aussi en limite la portée. Mais si une suite devait être annoncée, forte de cette première expérience, elle ne serait nullement rejetée par avance. Certes, ici, il n’y a pas vraiment de rapport avec la théorie mathématique élaborée par Pythagore, mais au moins, le résultat n’est ni piteux, ni gore : il prouve que Mike Oldfield n’est pas mort.

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   MR. AMEFORGEE

 
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   (2 chroniques)



- Mike Oldfield (guitare)
- Lang Lang (piano)
- Hayley Westenra (chant)
- Karl Jenkins (chef d'orchestre)
- The Sinfonia Sfera Orchestra


- part 1
1. Harbinger
2. Animus
3. Silhouette
4. Shabda
5. The Tempest
6. Harbinger Reprise
7. On My Heart
- part 2
8. Prophecy
9. On My Heart Reprise
10. Harmonia Mundi
11. The Other Side
12. Empyrean
13. Musica Universalis



             



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