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MUSIQUES FOLKLORIQUES  |  STUDIO

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Mike OLDFIELD - Ommadawn (1975)
Par MR. AMEFORGEE le 2 Juillet 2005          Consultée 13259 fois

Le flux. Le vent souffle. L’horizon, encore pénétré des ténèbres nocturnes, ondoie sous l’impulsion de l’aurore, oscille entre des teintes lamées d’or, glacées de rose et ornées d’azur. Les arbres, à perte de vue. Leurs branches frémissent, dodelinent doucement au gré des bourrasques matinales. Dans l’air tiède, l’arôme de la forêt croise avec la fragrance saline de la mer, invisible ici, mais proche pourtant. La respiration est puissante, vibrante, semble sourdre des profondeurs de la terre...

Il semblerait que la tradition veuille que tout fan de Mike Oldfield ait un album d’élection parmi la trilogie qui ouvre sa discographie. Trois albums énormes, originaux, proches de par leur construction en deux vastes mouvements, mais sensiblement différents par le contenu, trois coups de maître pour un artiste encore très jeune. Et pour ma part, celui qui possède toute mon estime est sans conteste Ommadawn, où Oldfield poursuit un chemin atmosphérique esquissé avec Hergest Ridge, mais qu’il enrichit ici d’une part folklorique aux multiples colorations, grâce au concours de flûtes, de bodhrans et de cornemuses notamment, qui enracine Ommadawn dans l’imaginaire celtique, mais aussi grâce à des percussions africaines, qui lui confère un aspect tribal et en étend le panorama sonore déjà chatoyant. En outre, la rêverie est plus tumultueuse.

Un choeur lointain. Comme une brume entre les massifs de végétation buissonneuse. Des arpèges qui volètent entre les arbres, qui, à les entendre, se rapprochent de nous avant de se dissiper sous la brise, puis qui réapparaissent, introspectifs, quelque peu mystérieux. L’obscure géographie des bois s’élève en crêtes où tourbillonnent des nuées de guitares, hypnotiques, joueuses, parfois inquiétantes, puis redescend en des vallons à l’ombre rassérénante, diaprure de flûtes, nimbes de clavier, encore et encore.

L’ensemble de l’album est riche en atmosphères, mais ne verse jamais dans la langueur inutile : là où Hergest Ridge présentaient des mélodies un peu répétitives, qui s’étoffaient au fur et à mesure que l’on progressait dans les mouvements, Ommadawn apparaît comme insaisissable, à l’instar d’un espiègle farfadet qui serait mû d’un élan impossible à stopper, avec des mélodies versatiles, changeantes, tantôt guidées par la guitare, par une flûte, par une cornemuse, parfois intimiste et lyrique, parfois foisonnant d’instruments, pour un rendu inquiétant ou épique. Notons que Clodagh Simmonds prête à nouveau sa voix dans la première partie, pour un passage onirique et incantatoire, et que Paddy Moloney, le leader des Chieftains, vient nous offrir un magnifique solo de cornemuse dans la seconde partie.

Le mouvement. Incessant. Le vent, dans une sorte de jubilation enfantine, se fait ascendant et descendant, planant et mordant, tantôt effleurant tendrement les frondaisons offertes à sa caresse, ou tantôt s’engouffrant avec un impétueux allant dans les nuées de feuilles qui s’effarouchent de son passage téméraire. Lyrique, dramatique ou épique, son visage ne cesse de changer, non sans une pointe d’humour dans son regard d’ailleurs.

Il nous faut encore rendre hommage à la guitare de Mike Oldfield, qui dans sa science de l’overdub fait une fois de plus des miracles. On la trouvera paisible, contenue dans son écrin acoustique, ou démultipliée à l’infini, saturée et tournoyante quand il s’agit de tisser une trame atmosphérique, comme dans l’ouverture de la deuxième partie, ou bien encore incisive et électrisante quand il s’agit de mener la mélodie vers de glorieuses cimes, comme pour le final de cette seconde partie encore (avant la coda qui est un peu part). Vraiment réjouissant.
Il nous faudra noter enfin que le second mouvement se termine sur la chanson On Horseback, premier essai de Mike Oldfield du genre, qui conclue l’album sur une note sereine et positive.
En conclusion, Ommadawn n’est pas réservé aux farouches hippies qui dorment à la belle étoile, les cheveux couronnés de fleurs, et qui mangent de gentils petits lapins après les avoir dépecés avec un silex et les avoir fait griller sur une broche en bois véritable. Car, même si il se révèle hélas un peu court (36 minutes), il saura enchanter les oreilles de tous horizons qui n’attendent qu’un sortilège de notes pour enfin s’évader.

L’astre du jour pose un regard solaire sur la vaste étendue sylvestre, étendant sa flamboyante bénédiction à tout le séjour terrestre. Les arbres frissonnent d’aise et de contentement. Quelque part, les embruns jetés par la mer toute proche se perdent dans les tapis de buissons. En cette heure heureuse, l’horizon n’a plus de limite. Le vent souffle. Le flux.

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   (3 chroniques)



- Mike Oldfield (guitares & autres)
- Don Blakeson (trompette)
- Herbie (cornemuse)
- Pierre Moerlen (tympani)
- William Murray (percussion)
- Terry Oldfield (panpipes)
- Leslie Penning (recorders)
- David Strange (violoncelle)
- Julian Bahula (percussions africaines)
- Ernest Mothle (percussions africaines)
- Lucky Ranku (percussions africaines)
- Eddie Tatane (percussions africaines)
- Sally Oldfield (chant)
- Bridget St. Johns (chant)
- Clodagh Simonds (chant)
- The Penrhos Kids (chant)
- The Hereford City Band (chant)
- Paddy Moloney (cornemuse)


1. Part One
2. Part Two



             



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