Recherche avancée       Liste groupes



      
NEW-AGE/ELECTRO  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Trust No One, Blackmore's Night, Bernard Benoit
- Membre : Gtr, Hiromi, 801
 

 Site Officiel (2120)
 Tubular.net (2132)

Mike OLDFIELD - The Millennium Bell (1999)
Par MR. AMEFORGEE le 30 Octobre 2007          Consultée 6027 fois

The Millennium Bell est le second album de Mike Oldfield à paraître en 1999. Le but affiché étant de marquer le coup, car c’est la fin du millénaire et tout, la Station Mir doit s’abattre sur Paris et Elvis Presley reformer Led Zeppelin avec Freddie Mercury et Mozart. Un an en avance, mais passons sur ce détail futile. Contrairement à ce que voudraient nous faire croire la pochette et le titre, le disque n’a rien à voir avec le plus célèbre opus de l’artiste : c’est juste un effet marketing pour les truffes.
Comme nous l’avons déjà évoqué dans la chronique de Guitars, l’album est basé sur un « concept » : il s’agit ici de résumer deux mille ans d’histoire à travers… trois quart d’heure de musique, soit onze titres. Sachant que le morceau final est un long medley techno des précédents, on peut dire que le défi n’est pas minime.

Et on s’en doute, le résultat n’est pas franchement à la hauteur... Déjà niveau contenu, ça manque un brin d’épaisseur. Entre les évocations bien pensantes : tout le monde est beau et gentil grâce au christianisme, l’esclavagisme c’est pas bien, la Seconde Guerre Mondiale c’est beurk… et les portraits anecdotiques : Venise c’est beau, le romantisme, c’est trop beau (comment ça on se répète ?), Al Capone était très méchant… Il ne vaut mieux pas chercher un message à longue portée.
Mais peu importe : comme dirait Lafayette afin d’épater la galerie, la musique avant tout. La base est toujours new age, mais modulée suivant le propos des titres. Beaucoup d’échos atmosphériques, des chœurs par-ci, de fragiles voix féminines par-là, un peu de piano lyrique et une guitare rêveuse ailleurs, ou encore quelques parties orchestrales à l’occasion : le rendu est un poil grandiloquent, un poil facile, mais peut parvenir à séduire parfois : on mettra en exergue, en guise d’exemples symptomatiques, comme les deux extrémités du genre, « Santa Maria », qui réfère à Christophe Colomb, sous forme de clin d’œil au célèbre thème de Vangelis (« Conquest of Paradise »), et « Liberation » à l’ambiance veloutée comme du Enya. L’auditeur amateur du Oldfield fin de siècle, s’il existe, ne sera de fait pas déboussolé.
Cela dit, chaque morceau est singularisé par différents effets, différents arrangements, comme pour marquer l’hétérogénéité des époques évoquées (même si l’on n’est pas à un anachronisme prêt, bien sûr) : un zeste de gospel sur « Sunlight Shining Through Cloud », une section de cordes baroques (mais répétitives) qui croise un beat techno sur « the Doge’s Palace » (hum…), un coup d’orchestre symphonique, dans une veine pastorale comme on en trouve au 19eme siècle, sur « Lake Constance », ou encore le mélange électro-rock de Mastermind, avec son jeu de samples et ses guitares « à la James Bond ». Cette recherche apporte une certaine « originalité » bienvenue à une musique qui paraîtrait par ailleurs fort convenue.
On pourra suspecter le morceau titre, sous ses habits techno-trance, d’être une honteuse tentative de remplissage, mais l’attaque cinglante à la guitare qu’il comporte, au moment du final, d’une violence rare pour du Oldfield, mérite, malgré tout, d’être soulignée et nous fait relativiser (relativement) son inutilité.

La mixture ainsi obtenue est parfois goûteuse (trop rarement), parfois infecte de mièvrerie. Si l’idée initiale était propice à de passionnants développements, elle ne se trouve ici que médiocrement exploitée. La production n’est pas non plus de la partie : le son édulcoré, qui manque de profondeur, se révèle assez dommageable lors des interventions de choeurs. Cela dit, Oldfield a déjà fait pire, et parvient à susciter ici, quand même, de temps en temps, un plaisir sans prétention. Il faut juste écouter The Millennium Bell comme on pourrait lire une bande dessinée, chamarrée, multicolore, gentille ; rien à voir avec les vertus et les ivresses qu’on éprouverait à la lecture d’une ample fresque historique. En cette fin de millénaire, Oldfield est productif, mais promeut davantage le côté ludique de la musique que le côté artistique. Il faudra s’en contenter.

A lire aussi en NEW-AGE/AMBIENT :


CELTIC VOICES
Women Of Song (1995)
Compilation exemplaire de chant celtique féminin




Steve ROACH
Streams And Currents (2002)
De l'ambient de haute voltige


Marquez et partagez





 
   MR. AMEFORGEE

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



Non disponible


1. Peace On Earth
2. Pacha Mama
3. Santa Maria
4. Sunlight Shining Through Cloud
5. The Doge's Palace
6. Lake Constance
7. Mastermind
8. Broad Sunlit Uplands
9. Liberation
10. Amber Light
11. The Millennium Bell



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod