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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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Mike OLDFIELD - Platinum (1979)
Par MR. AMEFORGEE le 11 Novembre 2005          Consultée 12147 fois

Platinum marque la première vraie rupture dans l’oeuvre de Mike Oldfield : finis les longs mouvements instrumentaux, situés en marge de la mode de l’époque. Et si l’on retrouve encore des plages instrumentales, dont un long titre ici (le morceau d’ouverture éponyme, quoique découpé en quatre parties distinctes), la volonté de se montrer plus accessible, avec des sonorités plus modernes et pop, se fait fortement ressentir pour la première fois (la pression de la maison de disque n’y étant pas étrangère, d’ailleurs). J’en veux pour preuve la présence d’une batterie, qui replace Oldfield dans le champ balisé du rock (à peu près progressif), et l’usage assez appuyé de synthétiseurs, qui l’ancrent avec plus de certitude dans cette période datée de fin des seventies. Sans parler de l’apparition de chansons.

Le morceau « Platinum », et la première sous-partie « Airborn » donne donc d’emblée le ton, à coup de synthés répétitifs qui évoquent une danse exotique, sur lesquels viennent se greffer une basse et les caractéristiques circonvolutions de la guitare. La seconde sous-partie, intitulée elle-aussi « Platinum », s’inscrit dans la continuité, un riff de guitare assez accrocheur, soutenu par une rythmique appuyée, mais décidément trop répétitif, avec un développement assez linéaire qui survient tardivement, à coup de choeurs, pendant que la boucle mélodique monte dans les aiguës. La troisième sous-partie constitue un break avec les précédentes, et intitulée avec perspicacité « Charleston », reprend les caractéristiques de cette danse, sonorités de cuivres à l’appui, même si la rythmique nous offre un beat plutôt disco. Avant que l’on enchaîne avec le final, « North Star/Platinum Finale », qui reprend une mélodie de Philip Glass. Malheureusement, malgré des choeurs qui essaient d’apporter un peu de solennité pour légitimer le statut de conclusion de cette quatrième partie, celle-ci demeure assez insipide. Le morceau « Platinum » dans son ensemble donc, se révèle plutôt sympa, mais est nettement plus anecdotique que les longs mouvements auxquels nous avait habitués Oldfield.

« Woodhenge » ensuite, est un morceau d’ambiance, et donne peut-être une idée de ce qu’aurait pu être ce disque si il avait été dans la continuité des albums précédents : atmosphère énigmatique et champêtre, avec la présence d’un marimba qui imite le frémissement des arbres. Plutôt intéressant, contrastant avec le reste de l’album, mais franchement trop court.
Suit la chanson « Into Wonderland », ballade assez mielleuse, chantée par Wendy Roberts, et qui reprend les sonorités artificielles entendues sur « Platinum » : il faudra plusieurs albums pour que Mike Oldfield parvienne à écrire de bonnes chansons... A noter que sur toutes les pochettes, le morceau est indiqué sous le titre de « Sally ». « Sally » est en fait le morceau qui se trouvait initialement sur les premiers pressages du disque, mais qui a été rapidement échangé par cet « Into Wonderland ». Le titre est cependant resté, sans doute pour donner aux chroniqueurs quelque chose d’intéressant à écrire sur ce disque...
Ensuite, « Punkadiddle », qui apparaît peut-être comme le titre le plus agréable, car accrocheur et sympathique, se veut une parodie de morceau punk par l’adjonction d’éléments de gigue irlandaise, dont une flûte qui sert de guide pour la mélodie. Celle-ci se pose sur une rythmique sèche qui rappelle très très fortement celle du tube des Knack, « My Sharona » (paru quelques mois plus tôt). Pour un auditeur de notre époque, le côté parodique est cependant assez atténué, dans la mesure où le mélange des genres, et plus précisément punk et folk, a été ensuite réellement opéré dans les années 80 (cf. les Pogues). Mais il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un titre intéressant.
Enfin, « I Got Rythm » est une reprise de la chanson de Gershwin. Toujours interprétée par Wendy Roberts (on notera au passage l’intérêt qu’a déjà Oldfield pour les voix diaphanes), elle possède presque la même valeur de remplissage que « Into Wonderland ». Gentil, mais sans plus.

Le problème de Platinum réside dans le fait que les arrangements modernes confèrent une impression de superficialité assez désagréable à l’ensemble. Mike Oldfield nous avait habitué à un tressage harmonique complexe dans l’édification de ses morceaux, ici l’exigence est nettement moindre et le plaisir qu’en tire l’auditeur s’en ressent. Certes, les sonorités sonnent de manière plutôt originale pour du Oldfield et témoignent de son goût pour l’expérimentation, mais ici le résultat n’est pas à la hauteur.
Platinum est donc un album décevant, certes un peu plaisant, mais franchement pas majeur, qui ouvre la seconde ère artistique du musicien.

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- Mike Oldfield (guitares, claviers, etc.)
- Pierre Moerlen (percussions, vibraphone)
- Morris Pert (percussions)
- Alan Schwartzberg (percussions)
- Francisco Centeno (basse)
- Hansford Rowe (basse)
- Niel Jason (basse)
- Sally Cooper (cloches tubulaires)
- Demelza (congas)
- Peter Lemer (claviers)
- Nico Ramsden (claviers)
- Wendy Roberts (chant)


1. Platinum Part I: Airborn
2. Platinum Part Ii: Platinum
3. Platinum Part Iii: Charleston
4. Platinum Part Iv: North Star/platinum Finale
5. Woodhenge
6. Into Wonderland
7. Punkadiddle
8. I Got Rhythm



             



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